‹ Un Père prodigueChapitre 52 sur 113 · ANDRÉ, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

ANDRÉ, LA MARQUISE

LA MARQUISE, entrant, à André,

Eh bien?

ANDRÉ

Nous avons parlé de notre enfance.

LA MARQUISE

Et du comte?

ANDRÉ

Le passé nous a er^traînés loin de l'avenir, et puis, franchement, cette situation retournée m'embarrasse beaucoup plus que je ne l'aurais pensé, et je ne saurais comment m'y prendre pour demander à une jeune fille, avec qui j'ai sauté à la corde, si elle veut être ma belle-mère. Il n'y a que

ACTK DEUXIÈiME. 89

vous, madame, qui puissiez remplir cette mission. Beaucoup de ceux qui railleraient mon père valent moins que lui; mais, enfin, il touche h celte époque de la vie où la persistance des qualités propres à la jeunesse peut paraître un défaut, et môme un ridi<ule, à qui est véritablement jeune. Je vous prierai donc de présenter sa demande à mademoiselle Hélène, de telle façon que, si elle refuse, elle ne puisse du moins rire de celui qui l'aura faite. Il en souffrirait beaucoup, et toute illusion est respectable lorsqu'elle vient de notre cœur.

LA MARQUISE

C'est parler comme un bon fils.

ANDRÉ

Ce n'est pas tout; il reste la question matérielle. Mon père est complètement ruiné; il n'eu sait rien. Je lui ai caché ce désastre, qu'il n'eut peut-être pas supporté assez philosophiquement. Il me reste, à moi, quatre-vingt mille livres de rente. Je compte partager avec lui sans qu'il le sache.

LA MARQUISE

Vous êtes plein de cœur !

ANDRÉ

Non, madame, je fais pour mon père ce qu'il ferait pour moi, voilà tout.

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