SCÈNE PREMIÈRE
ALBERTINE, DE NATOiN, JOSEPH.
ALBERTINE, à Josei)h qui enlre. Elle écrit à une table.
Il n'y a pas là tous les comptes du mois.
Je vais les apporter.
ALBERTINE, à d * Nalon, sans se rolourntr.
A quoi devons-nous votre aimable visite, mon cher Naton?
DE NATON.
Vous m'avez écrit que vous ne pouviez plus me recevoir; je désire donc avoir une explication avec vous.
ALBERTINE
Pourquoi? Lorsqu'une femme écrit à un homme qu'elle ne peut plus le recevoir, elle n'a plus rien à lui expliquer
DE NATON.
Cela dépend des droits que cet homme avait dans la maison.
JOSEPH, rentrant.
Voici le reste des comptes.
ALBERTINE
Maintenant, demandez le menu au cuisinier, (joseph son. A de Naton.) « Dcs droits que cet homme avait dans la maison... » Je ne saisis pas bien le sens de la phrase.
DE NATON.
J'ai payé hier cinquante mille francs de lettres de change que j'ai souscrites pour vous!
ALBERTINE
Du moment que vous les aviez souscrites, il fallait bien les payer.
DE NATON.
Mais quand on fait cinquante mille francs de lettres de change pour une femme, il me semble qu'on a au moins le droit d'être reçu par elle.
ALBERTINE
Mon Dieu, que vous êtes ennuyeux avec vos cinquante mille francs! Vous en parlez toujours... Auriez-vous le fol espoir que je vous les rende? Du reste, je vous reçois, puisque vous êtes là.
DE NATON.
Je ne suis pas chez vous, je suis chez le comte.
ALBERTINE
Je n'en ai que plus de mérite à vous recevoir.
DE NATON.
On m'avait bien prévenu de ce qui m'arrive aujourd'hui.