‹ Un Père prodigueChapitre 90 sur 113 · ACTE QUATIUÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATIUÈME

LE COMTE

Madame de la Borde m'a dit que vous accepteriez n'importe quelle place. J'ai pensé que, près d'un ami...

DE TOURNAS

Je vous remci'cie, cher comte ; seulement, je n'ai pas de chance : vous me nommez votre intendant juste au moment où je viens vous apprendre que vous n'en avez plus besoin.

LE COMTE

Parce que?

DE TOURNAS

Parce que vous n'avez plus rien!

LE COMTE

Plus rien ?

Vous avez donné autrefois des procurations à votre fils pour l'arrangement de vos affaires ; avez-vous lu ces procurations ?

LE COMTE

J'ai signé sans lire.

DE TOURNAS

Heu! heu!... Eh bien, par ces papiers, vous avez aliéné tout votre bien, et vous ne pouvez plus disposer de rien aujourd'hui !

LE COMTE

Qui vous a dit cela?

DE TOURNAS

Votre notaire, qui a reçu du vicomte non seulement l'ordre de ne vous faire aucune avance sur votre revenu de l'année prochaine, mais de ne pas vous le payer, ce revenu

n'étant, à ce qu'il paraît, qu'uae pension toute volontaire que vous faisait votre fils, et qu'il croit devoir supprimer,

LE COMTE

André a fait cela ?

DE TOURNAS

Il l'a fait.

Il en est incapable ; je réponds de lui comme de moimême.

DE TOURNAS

Allez voir votre notaire.

LE COMTE

C'est ce que je vais faire à l'instant.

DE TOURNAS, à la fenêtre.

Inutile que vous vous dérangiez : voici justement votre fiJs.

LE COMTE

Seul?

DE TOURNAS

Seul.

LE COMTE, arec émotion.

Est-ce qu'il va chez lui ?

DE TOURNAS

Non; il regarde de ce côté, et il gravit le perron quatre à quatre.

LE COMTE

11 vient ici, alors ?

Page 1