‹ Un père prodigue...: Comédie (en prose)Chapitre 22 sur 112 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ALBERÏINE.

Le vicomte me connaît depuis six mois; c'est la seule différence qui existe entre vous deux.

LE COMTE

Votre parole ?

ALDERTINE.

Ma parole...

LE COMTE

Restez, alors!

ALUERTINE.

Non, j'ai toutes sortes de raisons pour m'en aller...

LE COMTE

Où vous attend?

ALBEUTINE.

Peut-être; et puis, que dirait madame de Genson, par exemple, si elle me savait ici !

LE COMTE

Madame de Genson...

Ou madame de Villerveux, ou madame de Norbois; car, si je n'ai pas l'honneur de vous connaître, je connais beaucoup de vos amis, et vos amis sont indiscrets. Vous n'aimez que les femmes du monde, et, jusqu'à présent, vous n'avez jamais voulu mettre le pied sur notre territoire. Je ne veux pas me reprocher de vous avoir fait passer la frontière, surtout à votre âge.

LE COMTE

a A votre âge » est méchant.

ALBERTINE

Vous le voyez, je ne saurais «causer dix minutes avec vous sans dire une sottise.

LE COMTE, lui prenant la main.

Quand vous reverra-t-on ?

ALBERTINE

Quand vous voudrez, 26, rue de la Paix, de une heure à deux; c'est l'heure où je reçois mes meilleurs amis.

LE COMTE

Et votre meilleur ami ?

ALBERTINE

Celui-là choisit son heure.

LE COMTE

Savez- vous que vous avez de Tesprit!

Chez nous, il faut bien tenir un peu de tout; il y a tant de concurrence !

LE COMTE

Ne dites pas de ces choses-là; les vilaines paroles vont mal aux jolies bouches.

ALBERTINE

Comme vous êtes sentimental !

LE COMTE

C'est de mon âge...

ALBERTINE

Vous direz au vicomte que je le remercie bien du déjeu-

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