‹ Un père prodigue...: Comédie (en prose)Chapitre 33 sur 112 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE COMTE

Tu sais quelque chose?

ANDRÉ

Quelle chose?

LE COMTE

On te l'a dit.

ANDRÉ

On ne m'a rien dit.

LE COMTE

Ta parole?

ANDRÉ

Ma parole!

Toi seul as eu cette idée de mariage ?

ANDRÉ

Moi seul.

LE COMTE

Niez donc la sympathie !

ANDRÉ

Qu'y a-t-il encore ?

LE COMTE

Il y a... (prenant son fils dans ses bras.) Tieus, embrasse-moi !

ANDRÉ

Mais tu acceptes ?

LE COMTE

Si j'accepte !... Ma chose sérieuse que je voulais te dire... ma chose sérieuse...

Eh bien?

52 UN PftRF PRODIGUE.

LE COMTE

C est justement ça. Le mariage! c'est mon idée fixe.

ANDRÉ

Depuis quand?

LE COMTE

Depuis un mois.

Ce n'est pas vieux. Pourquoi ne m'en parlais-tu pas ?

LE COMTE

Je craignais de te contrarier en te donnant une nouvelle famille !

ANfRÉ.

Je ne compte plus, moi, je ne suis plus ton fils ; je suis ton père !

LE COMTE

Mais tu es le roi des pères! Allons, partons!

ANDRÉ

Où allons-nous?

LE COMTE

Voir la jeune Iil!e !

ANDRÉ

Quelle jeune fille?

LE COMTE

Celle que je veux épouser.

ANDRÉ

Un instant, il ne s'agit pas d'une jeune fille I

LE COMTE

De qui s'agit-il donc ?

Il s'agit d'une femme veuve, posée...

LE COMTE

Madame Godefrov i...

ANDRÉ

Madame Godefroy !

LE COMTE

Une bourgeoise !

ANDRÉ

Une honnête femme.

LE COMTE

Quarante- deux ans !

ANDRÉ

Soixante mille livres de rente.

LE COMTE

Qui va au marché elle-même !

ANDRÉ

On n'en dîne que mieux.

LE COMTE

Épou-e-la!

ANDRÉ

Mais, moi.,.

Donne mille francs et mets-moi à Sainte-Périne, c'est bien plus simple! Madame Godefroy ! Mais je deviendrais fou ! Tu l'as vue dernièrement?

ANDRÉ

Ce matin.

LE COMTE

Elle m'a demandé en mariage ?

ANDRÉ

Presque.

LE COMTE

C'est une bonne femme !

ANDRÉ

Eh bien !... Je t'assure...

LE COMTE

Mais elle est ennuyeuse comme la pluie ; tu as voulu plaisanter, c'est très drôle ! Maintenant, viens voir Fautre, Vingt ans, pas t^^s grande et blonde! Tu m*as toujours dit que tu aimais les blondes ; ainsi, tu n'as rien à objecter.

ANDRÉ

n ne s'agit pas de moi !

LE COMTE

Mais si, car je veux que ma femme te plaise.

Et cette jeune fille, c'est ?

LE COMTE

Devine !

ANDRÉ

Comment veux-tu ?

LE COMTE

Hélène de Brigiiac !

Page 1