‹ Un père prodigue...: Comédie (en prose)Chapitre 95 sur 112 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

DE PRAILLES.

Madame de Prailles, car il est inutile de faire entre nous mystère de son nom, m'a prié de lui rapporter la réponse, et, comme il me faut repartir le plus tôt possible, je vous serai reconnaissant de la donner tout de suite. Veuillez donc lire cette lettre, monsieur; j'attendrai.

LE COMTE

Vous êtes sur, monsieur, que cette lettre est importante?

DE PRAILLES.

J'en suis sûr.

LE COMTE

Madame de Prailles courrait-elle un danger?

DE PRAILLES.

Peut-être!..

Le cooite sonne, Joseph parait.

LE COMTE

M. le vicomte est-il déjà parti?

JOSEPH

Il descend l'escalier.

LE COMTE

Remettez-lui cette lettre et dites-lui que s'il croit devoir

faire une réponse, il la fasse, (db PralUes reprend la lettre dans la main du comte et se dirige vers la porte. — Le comte, se plaçant devant la porte, à Joseph.) Sortez, Joseph I (joseph sort. — A de Prailles.) OÙ allOZ- VOUS?

DE PRAILLES.

Je vais remettre moi-même cette lettre à l'homme à qui elle est écrite, et que je veux connaître I

LE COMTE

Parce que?

DE P RAILLES, ne se conlenant plus.

Parce que cet homme est l'amant de ma femme, monsieur !

LE COMTE

Alors, vous êtes monsieur de Prailles ?

DE PRAILLES.

Oui, monsieur.

LE COMTE

Pardon, monsieur, pardon ! mais je ne crois pas que vous soyez monsieur de Prailles.

DE PRAILLES.

Qui vous en fait douter, monsieur?

LE COMTE

M. de Prailles ne se serait pas donné la peine d'apporter cette lettre cachetée, il l'aurait lue.

DE PRAILLES.

Non, monsieur ; je l'ai trouvée par hasard dans les papiers de madame de Prailles, qui était absente pour plusieurs jours; elle était cachetée. A mon avis, un homme d'honneur ne décachette pas une lettre adressée à une autre personne que lui, cette lettre fût-elle écrite par sa femme ; mais il a le droit de la porter à son adresse, surtout quand l'adresse I orte un nom qui lui est inconnu et que ce nom est un nom d'homme.

LE COMTE

Vous êies bien monsieur de Prailles, vous êtes bien le gentilhomme dont on m'avait parlé ; maintenant, voulez-

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