ACTE CINQUIÈME
LE COMTE
Voici une lettre pour vous.
ANDRÉ
Une lettre!
De madame de Prailles. Un de ses amis a fait exprès le voyage de Tours à Paris pour apporter cette lettre. Il croit qu'elle est pour moi ; mais il faut absolument lui donner une réponse dans une heure.
ANDRÉ
Vous auriez pu lire cette lettre, juger vous-même.
LE COMTE
Et ne pas vous déranger! c'est juste... Je n'y ai pas pensé.
ANDRÉ
Je ne voulaii pas dire!...
LE COMTE
Lisez!... je suis un peu pressé.
ANDRÉ, parcourant la lettre.
Madame de Prailles veut quitter son mari, avec qui elle ne saurait plus vivre, dit-elle. Elle s'installerait à Paris, où elle espère me voir de temps en temps.
LE COMTE
C'est bien ; voilà tout ce que je voulais savoir. Vous aviez raison; il faut décidément mettre un terme à cette correspondance et ne plus entendre parler de cette femme. Ça sera peut-être un peu difficile, cependant je m'en charge.
ANDRÉ
Je vous remercie d'être venu à Fontainebleau exprès pour cela.
LE COMTE, tirant un paqaet de billelB de banqat de «a poche.
Maintenant, prenez ceci.
ANDRÉ
Qu'est-ce que c'est?
LE COMTE, tirant uq collier.
Prenez encore.
ANDRÉ
Un collier !
LE COMTE
Un collier! Voilà tout. Il ne me reste plus rien.
ANDRÉ
M'expliquerez- vous ?...
LE COMTE
Tout ceci est à vous. J'ai fait une lettre de changie de quarante mille francs, payable l'année prochaine. Or, comme je n'ai plus rien et qu'il vous faudra payer cette lettre de change, je vous rends ce qui m'en reste pour vous y aider.
ANDRÉ
C'est me punir cruellement de ce que j'ai dit.
LE COMTE
Ce n'est pas mon intention.
ANDRÉ
Mais ce collier avait une autre destination*