SCÈNE
POTEU, EDGARD; habit noir, cravate blanche, une serviette d'avocat sous le bras.
edgard, vivement, venant du fond.
Bonjour, Poteu. Où est mon parrain?*
* Edgard, Poteu.
ITO PIF.D DANS LE jCRIME
PO T Eli.
Monsieur?... il trempe.
EDGABD.
J’apporte du nouveau. Tu ne sais pas ce qu’on vient de me remettre chez le concierge?
POTEU.
Non.
EDGARD
Un papier timbré. Un acte extra-judiciaire pour parrain.
POTEE.
Ah! je sais de qui... c’est du voisin, monsieur de Blancafort I
EDGARD
Ah ! il croit nous faire peur ; nous allons voir.
POTEU.
Qu’ est-ce qu’il nous veut encore, ce vieux noble?
EDGARD
Enfin ! voilà la guerre déclarée ; il va pleuvoir des sommations, des significations, des assignations...
POTEU.
Mais, pourquoi?
EDGARD
Mon ami, entre voisins, à la campagne, ça finit toujours par là. , '
POTEU.
Us étaient si amis autrefois! ils avaient fait ouvrir une porte de communication dans le mur qui sépare les deux jardins... les domestiques en profitaient...
EDGARD
Maintenant elle est murée.
POTEU.
Ils échangeaient des primeurs... des melons... et les domestiques en profitaient.
EDGARD
Maintenant ils échangent par-dessus le mur des trognons de choux et des assiettes cassées. Il parait qu’ils ont des griefs.
ON PIED DANS LE CRIME
POTEU.
Des bêtises! monsieur de Bluncafort se plaint du chat de monsieur Gaudiband, qui vagabonde la nuit et se livre à une musique surexcitante... 11 nous a priés de le tenir k l’attache.
EDGAR»
Aquoi parrain a répondu une lettre très-sèche... « Monsieur, commencez par museler vos pigeons, qui viennent s’ébattre dans mon potager et picorer mes petits pois......
POTEU.
Les Blancafortse plaignent encore des statues de monsieur.
EDGAR»
Ce sont des reproductions de l’antique.
POTEU.
Le jardin en est plein... madame de Blancafort dit que ça lui fait l’effet comme si qu’elle aurait sous ses fenêtres une école de natation.
EDGARD
Chacun cultive son jardin comme il l’entend ! 11 convient bien à monsieur de Blancafort de se plaindre, lui qui a un noisetier qui déborde sur le mur mitoyen d'une façon scandaleuse !
POTEU.
C’est le mot.
Nous lui dirons deux mots, k son noisetier...
POTEU.
Et k ses noisettes. (Il passe à gauche.)*