SCÈNE XI
GAT1NAIS , GAUDIBAND. •
GATINAIS
A nous deux maintenant... je n’ai pas besoin de te dire que tu peux compter sur moi, comme témoin.
OA UUI B AND.
Toi?... Je te remercie... c’est que...
GATIN AIS.
Quoi ?
GAUDIBAND.
Je ne sais comment te dire ta ? J’ai peur que tu ne sois pas assez... ferme... que tu manques d’énergie...
GATINAIS
Moi !
GAUDIBAND.
Tu sais... un papa... marié...
On voit bien que tu ne me connais pas; j’ai essuyé d’autres tempêtes. Tel que tu me vois, il y a une page de ma vie... une page énorme!
GAUDIBAND.
Quelle page?
GATINAIS
Gaudiband, l’homme qui est devant toi a tenu tête aux orages populaires et a su braver les clameurs d’une populace en délire. -
GAUDIBAND.
Toi?... quand ça?
G ATINA I S
Tu me connais... je n’ai pas d’opinion... je suis pour le bonheur de la France!... Néanmoins, je fréquentais à cette époque les réunions populaires... On a beau dire... ça instruit toujours... Un soir, je me trouvais à Belleville, chez le père Tampon, qui louait sa salle de danse au club des
* Gatinais, Gaudibaud.
UN PIIÎD DANS LF, CRIMK
Alouettes toutes rôties. Tout à coup, l’orateur qui ôtai i à la tribune propose carrément de supprimer le numéraire. Alors, je me penche vers mon voisin, et je lui dis... malicieusement, mais sans méchanceté : Voilà un particulier qui me semble brouillé avec l’hôtel de la Monnaie!... Aussitôt un grognement formidable sort des entrailles de la terre... vingt mille bras se lèvent, m’èmpoignent, me poussent, me bousculent... J’allais être écharpé, lorsque le père Tampon me fait disparaître par une petite porte et me cache dans son four pendant vingt-quatre heures! Vingt-quatre heures dans un four... Voilà ce que j’ai fait.
GAUDIBAND.
Saprelotte !
GATINAIS
Voilà ce que j’ai fait, Gaudiband ! Et maintenant, douteras-tu encore de mon énergie ?
GAUDIBAND.
Non ! oh ! non ! et je te prio de me faire l’honneur d’étre mon témoin.
GATINAIS
J’accepte.
GAUDIBAND.
Va trouver le sieur Blancafort, et pas do concessions... inacceptables.
GATINAIS
Sois tranquille.
GAUDIBAND. .
Ah!... tâche d’obtenir le pistolet...
GATINAIS
Pourquoi ?
L’armurier d’Antony en a une paire qui rate toujours.
GATIN,yS.
Très-bien... c’est dans l’intérél des deux parties... A bientôt! et du calme! du moral! {Il sort par le fond '.
UN PF KD DANS LE CRIME