‹ Un pied dans le crime comédievaudeville en trois actes de Eugène Labiche et Adolphe CholerChapitre 36 sur 76 · LES MÊMES, GATINAIS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, GATINAIS

MARGUERITE

Ah ! voilà monsieur. (Elle sort par le fond.) gatinais paraît avec plusieurs livres sous le bras.

Bonjour, mes enfants. [Julie passe à droite.)

MADAME GATINAIS

Ah ça, d’où viens-tu?

GATINAIS

Du Palàis do Justice.

MADAME GATINAIS

Tu y vas donc tous les jours?

GATINAIS

Je n’y suis pas allé hier. Il est vrai que c’était dimanche... il était fermé.

MADAME GATINAIS

Quel plaisir trouves-tu...?

GATINAIS

J’aime ce monument... j’aime à me promener devant ce temple de Thémis, où l’on rend des arrêts... et non pas des services! J’aime à contempler cet escalier, ces portes béantes, qui ont l’air de me dire : « Entre, Gatinais, tues des noires... tu es ici chez toi ! » Alors, j’entre, j’écoute plaider, je regarde juger... je me fais la main.

JULIE

Papa, qu’est-ce que c’est que ces livres-là?

GATINAIS

Le Manuel du Parfait Juré!... les Causes célèbres, la Gazette des Tribunaux. Il faut que je me tienne au courant des arrêts ; la mode change.

MADAME G AT IN AI8

Et c’est à lire cela que tu perds ton temps?

GATINA1S.

Perdre mon temps I Tiens ! ça me fait sauter d’entendre . dire ça I Vraiment les femmes ne sont pas sérieuses... Comme l’a dit Beccaria, l’auteur du Traité des Peines et Délits... elles ont la grèce, mais il ne faut pas leur demander autre chose.

MADAME G ATI NA IS

Eh bien! il est poli, ton monsieur!

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