‹ Un pied dans le crime comédievaudeville en trois actes de Eugène Labiche et Adolphe CholerChapitre 62 sur 76 · dgard · texte numérisé non relu

dgard

On dirait que ça ne vous fait pas plaisir?

GATINAIS

Moi, au contraire ! ( A part.) Ile cette façon, s’il ne s’échappe pas... je le ferai acquittor^^^s’il s’échappe... je le ferai encore acquitter... par cohtnHS® !.. ( Montrant Edgard.) Il a eu une excellente idée, le petit. (Haut.) Vous déjeunez avec moi ?

Volontiers... Et ces dames?

GATINAIS

Elles doivent venir me prendre ici... pour que je les fasse placer.

LUCETTE , entrant par la porte du fond et s'adressant

au Garçon.

Dites donc, jeune homme, voulez-vous me montrer mon avocat ? *

LE GARÇON

Comment s’appelle-t-il ?

llcette, tirant un papier de sa poche.

Attendez!... (Lisant.) Maître Bavay...

LE GARÇON

Il a déjeuné ici... mais il est parti... vous le trouverez dans la salle des Pas perdus... (Il sort à droite .)

gatinais, la reconnaissant.

Mais je ne me trompe pas... c’est la petite Lucette. ** lucette, redescendant la scène.

Ah ! je vous reconnais... c’est à vous que j’ai donné des œufs...

gatinais.

Chut ! ne parlez pas de ça ! (Haut.) Vous venez pour l’affaire Budor, qui doit se juger aujourd’hui ?

' Gaiinais, Lucette, le Garçon, Edgard.

** Gatinais, Lucette, Edgard.

LUCETTE

Non, c’est arrangé... papa a retiré sa plainte... g a tin aïs, contrarié.

Comment! nous n’aurons pas l'affaire Budor? Ah! c’est désagréable... je complais m’en régaler...

edgaud, sc levant.

On est d’une indulgence...

LUCETTE

Si personne ne se plaint... si tout le monde est content...

GATIXAIS.

Et votre père quj^ait si furieux...

Il s’est calmé tout d’un coup.. . Par exemple, je ne sais pas pourquoi... c’est un jour que ma sœur a été malade... g a tin ai s, étonné.

Tiens !

LUCETTE

Alors, maman a embrassé ma sœur ; papa a embrassé Budor... il a consenti au mariage... et Budor vient tous les soirs à la maison...

GATIXAIS.

C’est étonnant 1

EDGARD

C’est honteux !

LUCETTE

Et depuis ce jour-là, tous les soirs, maman fait des petit* bonnets.

GATIXAIS.

Ah! j’y suis!

LUCETTE

Et ma sœur ne fait plus rien... Quand elle met seujemcn un pied devant l’autre, maman lui dit : Prends garde... Savez-vous pourquoi?

GATIXAIS.

Parbleu !... c’est parce que... ça ne vous regarde pas !

LUCETTE

Et moi, je trime toute la journée à porter du lait, à puiser de l’eau, à casser du bois, et on ne me dit jamais : Prends garde!... Savez-vous pourquoi? .

GATINAIS

Parbleu!... parce que... voulez-vous me laisser tranquille? LUCETTE.

Ne vous fâchez pas... je vas payer not’ avocat... maman m’a recommandé do bien le marchander... je vas lui offrir des œufs frais ! ( Elle sort par le fond à droite.)

Page 1