‹ Un Poete InconnuChapitre 10 sur 20 · Les desloyaux ont la saison · texte numérisé non relu

Les desloyaux ont la saison

Et des bons nulluy n*en tient compte.

Rondeau zt* siècle.

Mais à très tout considérer Povres housseurs ont assez peine.

Jardin de Plaisance.

LE GRAIST GARDE DERRIÈRE

Glose, -r- Ce n'est pas la jalousie qui me fait dire ceci, croyez-le bien; ce n'est qu'une supposition de ma pai;t.

Mais ce soupçon est horrible.voyez-vous!

Je lui souhaite la malemort à ce goujat qui s'est glissé entre mes amours et moi.

Voilà mon cœur soulagé — sur le papier. Je n'y vois pas plus clair à présent, et je reste confondu, livré aux regards du monde. Ceci ressemble à une olia podrida, où il y, a de tout, félicité, désesuoir, honte, fierté, lumière, ténèbres.

31 . On pourroit dire que j'en seroye jaloux, Non suis vraiment, mais j*y ai souspeçon Et le souhaite devant deux ou trois loups Fort affamés pour en veoir la façon, Voire ou qu'il feust devenu limaçon Entre les mains de quelque vigneron,

Le mieux buvant qui soit cy environ.

32. Et par mon ame, quant j'ay partout pensé Et que j'ay dit, escrit et fatrouillé

Ce qui en est, au moins ce que j'en scay, Il n'est pas aise qui se tient embrouillé ; J'ay tout mon fait couvert d'un sac mouillé, De relevée de brebis, doux et aigre, Puis blanc, puis no ir; puis du gras, puis du maigre.

Ms. 89. 5. fait, conjecture pour sac^ que le ms. doune.

Notes. 31. Car de vray tous bons tastevins Qui tant frians sont de bons vins, Pions, gourmands, que scay-je moy, Un tas d'ivrognes comme toy Leur en doivent scavoir mau gré.

Damerval.

32. Ceux qui veulent narrer ce compte, Si se oeuvrent d'un sac mouillé.

Songe de la Pucelle.

m POÈTE iNCONr<u

33. Quant est de moy, j'en dis ce que je veux, Vous en croirez ce que voudrez aussi,

S'il n'est ainsi, si volis cheent les cheveux. Je ne m'en donne guères autre soucy ; Une autre fois si revendra par cy, Qu'on en dira peut estre plus avant :

■■ Matières sourdent, ce dit on, en bavant.

34. Prenez en gré, qui lisez en ce livre, En excusant quelque pou ma folie ; Quant je le feis, par ma foy, j'estoye ivre, J'avoye au moins la teste un peu jolie.

Et d'autre part fol est qui ne folie, Pour moy le feis, ce sachent toute gent.

Car qui soit vray, je n'ai dame n'argent.

Glose. — Mais, en vérité et tout bien considéré , je n*y vois pas de si grand mal, à cette confusion ; chacun pourra y prendre ce qui lui agrée ; et peut-être, si on y a pris plaisir, que je continuerai mon petit poème.

Au fait, retrouveraije rétat d'esprit qui me Ta inspiré 1 Car j'étais un peu fou lorsque je le faisais et je ne Tai fait que pour mon propre plaisir, lecteur bienveillant.

Ms. 33. 5. ce. ^ 33. 7. se.

Notes. 33. Pensez vous point que j 'ay la langue adextre Pour vostre bruit et renommé decroislre?

Si ay pardieu et scay lire et escrire De vostre fait qui est aise a paroistre.

Rondeau xy* siôcle.

34. Bonnes gens, j'ay perdu ma dame, Qui la trouvera, sur mon ame, Combien qu'elle soit belle et bonne, De très bon ceur je la luy donne.

Vaillant.

LE GRÂNT GARDE DERfilÊRE

Glose. — Mon nom? — VoBS êtes bien curieux, vous l'apprendrez lorsqui! sera illustre.

Que les fats, les railleurs ridicules de la société donnent un titre à mon poème, qui n'est pas si mal fait après tout, ie me résigne à cela.

En attendant, que dites-vous de celui que j*ai trouvé moimême?

35. De me nommer qui Tay fait ? nenni non; Espoir sera cy après veu ailleurs, Bien peut estre qu'il ara quelque nom.

Or le nommez, bahouars et railleurs, — Supposé ores qu'il en soit de meilleurs, Communément bien lève sa matière.

On le baptise : le Grant garde derrière.

Et ho.

Notes. 34, 35.

Je Pierre Ghastellain me nomme

Prens en gré, Michault Taillevenl.

Le contre passetemps P. Ghastellain

Mais de son nom est force qu'il se taise.

Rondeau xv* siècle.

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