LA FILLE DU STAROWER
— tt Votre Migesté me Ta ordonné. » — a C^est bien, a On voit les habitudes de Tantocrate jusqu'à l'heure suprême, la mort ne lui demandait pas son consentement pour le frapper.
Ensuite, pour faire ombre au panégyrique, n'oublions pas de dire que Tempereur Nicolas fit fustiger deux fois par jour des religieuses de Minsk, pour leur arracher une apostasie, les attachant au travail des nuiçons, pour fléchir leur constance; et qu'il persécuta le clergé catholique, au point de ne lui laisser que l'alternative de la destitution avec la misère et de l'exil ou de la honte du parjure avec des avantages temporels. Des prêtres par centaines et des évêques menacés ou séduits, passèrent au schisme avec des ouailles délaissées. Ces fidèles réduits à mourir sans sacrements et sans leurs pasteurs légitimes sont devenus la proie des popes. Si les monarques étaient de droit divin, est-ce ainsi qu'ils useraient de l'autorité? Oui, la société est d'institution divine, puisque l'homme est sociable par essence et y centuple sa force; mais les mauvais gouvernements en sont les plus dangereux ennemis, puisqu'ils provoquent par leurs abus les révolutions qui la bouleversent et souvent la détruisent pour des siècles.
Aussi le pape Grégoire XYI faisant allusion à ce premier martyre de la Pologne, dit-il au souverain du Nord, en le citant au tribunal de Dieu: a Nous sommes vieux tous les deux , bientôt nous rendrons compte de nos actions, v Nul regard d'homme ne pénètre dans les âmes, mais ces paroles ne pesèrent-elles jamais comme un remords sur la conscience de Nicolas? Et qu'est-ce que 4831 enface de 1863? Comme ces assassins qui volent le cadavre qu'ils viennent de faire, les sbires dépouillent cette nation en deuil après l'avoir égorgée.
. Voici le billet qu'écrivit à l'auteur le général Gortchakoff, à présent ministre d'État de la Russie et fort connu de la diplomatie européenne: «On s'arrache votre bro-
^88 OEUVRES DE M"« BAGRÊEFF-SPÉRANSRI.
chiire, Madame; j'en ai envoyé hier deux exemplaires à M"* la grande-duchesse Olga. La princesse de Schwarzenberg a tenu à garder le troisième. Je voudrais en envoyer un au maréchal prince de Windischgrsetz et ne pas en être privé moi-même.
Mais ne sachant pas si la brochure est en vente , je suis obligé de commettre l'indiscrétion de vous prier de m'en accorder encore quelques exemplaires ou de daigner m'indiquer le libraire où j'en trouverai.
Veuillez agréer mes hommages respectueux. 7 mai. Signé « Gortschakoff. »