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CHAPITRE V

L'Amour (suite et fin).

Existe-t-il en réalité deux éléments dans l'amour? Le vieux parallélisme classique de la passion et du devoir contient-il des principes contradictoires, irréductibles, ou bien une conciliation est-elle possible? Le devoir peut-il s'accommoder avec la passion, et celle-ci peutelle se soumettre aux exigences, à la discipline du devoir? Quiconque a touché de près ou de loin à celte redoutable question de l'amour s'est heurté à celle difficulté. Stendhal seul, je crois, dans sa fatuité sensuelle, a passé à côté du problème sans le voir ou sans s'en inquiéler. Il ople résolument pour la passion, car après tout, le plaisir n'est qu'une forme de la passion.

Proudhon, qui avait la main lourde, a posé brutalement la question dans son célèbre dilemme « courtisane ou ménagère. » C'est trancher la question sans la traiter. Michelel, lui, est pour le devoir; il veut le mariage, le ménage, à condition d'y faire enlrer la passion. Mélange délical el dangereux.

Au fond nulle obligation d'aimer, aucune raison non plus. Le mot de la grisetle parisienne reste vrai: « L'amour ne se commande pas. » On aime parce qu'on aime, el on désaime par le même motif. Les philosophes auront beau monter sur leurs grands arguments,

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