CHAPITRE VIII
Critique religieuse. — Observations sur le Génie du christianisme (1816). — Chateaubriand.
Les Observations critiques sur l'ouvrage intitulé Génie du christianisme, avec celte épigraphe tirée de YEcclésiaste : Mundum tradidit disputationi eorum, ont paru en 1816, chez Delaunay, l'un des principaux éditeurs des Galeries de Bois, au Palais-Royal. Cette réfutation d'un ouvrage publié en 1802, arrivant au grand jour quatorze ans après, pouvait sembler et sembla en effet quelque peu tardive. Elle était cependant, devons-nous croire, encore prématurée, puisque la censure n'en permit même pas l'annonce dans les journaux *, et que neuf ans après, en 1825, la réimpression en fut interdite. Ceci nous montre clairement que, malgré ses démêlés avec les grands de ce monde, malgré ses hauts et ses bas en politique, malgré ses tergiversations et ses impertinences qui, faisant grincer des dents à Louis XVIII, lui arrachaient ce mot brutal : « Chassezmoi cet homme, » Chateaubriand, par son Génie du christianisme, demeurait en France, sous la royauté restaurée, le représentant attitré de la religion offi-
1 Ouvrage non annoncé en général, est-il dit dans un rappel des productions de l'auteur, en tête de la première édition des Libres Méditations (1819).