APPENDICES
1802-1803. 2e édition, fausse.
1804. Oberman. l"^ édition. 2 vol. in-8o, 1804.
1805. De V Amour, in-8o. Vers la fin de 1805. Valotnbré, 1807.
1808. De iWmouv. 2e édition, 1808. La Tynna. Capelle et Renaud.
1809. Rêveries. 2e édition v)Yiie avec des modifications. 1811. Fragment sur Y Amitié [Mercure de France).
1814. .Tuin et juillet.
— 14 juillet.
Simples observations par un habitant des Vosges (1814). Seconde et dernière lettre d'un habitant des Vosges (1814).
1815. De Napoléon (pendant les Cent-jours).
1816. Observations sur le Génie dic christianisme (1816). 1819. Libres Méditations (note sur le divorce).
1821. Article sur Napoléon.
1823. Almanach des Dames [Petit voyage roinantique, déjà publié dans VAbeille). Le livre des femmes, rédigé par M™" Dufrénoy et A. Pattu, contenant un morceau tiré en grande partie du manuscrit de VAmoicr (3e édition eu préparation).
1824. La Chine, Ir^ édition.
1825. — 2e édition.
1825. Traditio7is morales, l^^ édition.
1827. — 2e édition.
1827. République romaine.
1828. Empire romain.
1828-1829. De V Amour, 3" édition, fin de 1828 ou 1829 (note augmentée sur le divorce).
1830. Libres Méditations, 2* édition.
1833. 25 mai. Oberman, 2e édition avec des additions, 2 vol.
1833. Vocabulaire de simple vérité. Réimprimé en 1834.
1834. Libres Méditations, 1833 ou 1834, 3e édition, 3 vol. 1834. De V Amour, 4e édition, 24 et 27 février. 2 vol. (note
sur le divorce).
1834. De l'athéisme imputé à Voltaire. [France littéraire, juin )
1840. Oberman, 3e édition (Charpentier), février 1840.
204 SENANCOIR
Ce n'est pas uniquement le Petit Carême. Divers sermons s'y trouvent joints. L'édition est de 1745, rue Saint-Jacques, chez la veuve Estienne et fils : A la vertu, et chez Jean Hérissant, A Saint-Paul et à Saint-Hilaire. Le titre porte : Sermons de M. Massillon, évêque de Clermont, ci-devant prêtre de l'Oratoire, et l'un des quarante de l'Académie française. Sur la garde du livre, Ferdinand Denis a écrit :
« Ce livre, annoté de la main de Senancour, m'a été donné par M'ie de Senancour, le 26 mai 1852. »
Ces annotations sont très curieuses à un double point de vue. D'abord, tous les manques de dialectique de Massillon y sont relevés avec une précision rigoureuse. Les fameuses divisions et subdivisions, dont on a tant loué l'orateur chrétien, sont examinées de près; l'emphase en est percée à jour et dégonflée. Ce sont surtout les citations bibliques et les allusions quelque peu courtisanesques, que le commentateur passe au crible. Les autres observations roulent sur la langue. Elles sont de cette extrême justesse grammaticale qui touche de près au pointillé. On voit très bien l'A quel puriste soigneux était Senancour, et l'on s'explique combien il devait lui être difficile de s'accoutumer à ses amis romantiques et à leurs audaces de langage. Avouons-le, quand on a lu ce commentaire si serré, on est contraint d'en rabattre beaucoup de l'admiration consacrée pour le stj'le irréprochable de Massillon. La forme est harmonieuse, mais molle et semée d'incorrections. Le vide se fait trop sentir, et ces métaphores qui sonnent le creux soutiennent mal une pensée indécise.
Il n'y a pas à revenir sur M. Jay pour en faire l'objet <l'une digression. C'était sans doute un homme estimable et bon, puisque Senancour l'honora d'une amitié constante. UErmite de la Chaussée d'Anlin, en collaboration avec Jouy, lui avait attiré, sous la Restauration, quelques désa-
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gréments, et, par contre, lui avait valu une assez vive popularité. Son Histoire de Richelieu, bien oubliée aujourd'hui, et bien dépassée, le fit entrer à l'Académie française. On cite volontiers, comme un des meilleurs morceaux sortis de sa plume, YEssai sur V éloquence politique , placé en tète du tome II des Discours du général Foy (chez Moutardier, 1826). Je viens de lire cet Essai avec le très réel désir d'y découvrir quelque chose de satisfaisant, mais, malgré toute ma bonne volonté, je n'y ai rencontré qu'une phraséologie vague et des idées banales.
Il n'y a pas non plus grand bien à dire de la Conversion d'un romayitiqiie, manuscrit de Jacques Delorme, publié par M. A. Jaj' (Paris, 1830). Cette longue plaisanterie de 431 pages in-octavo, sur lesquelles .319 sont consacrées expressément à la conversion, nous paraît aujourd'hui singulièremant faible et fade. Ce qui nous y pourrait intéresser, c'est de constater que, dès 18-30, Sainte-Beuve, quoique fortement contesté, était déjà une puissance, très recherché par ses amis et assez redouté de ses adversaires. Reconnaissons, d'ailleurs, qu'il n'était pas d'humeur très commode. A propos de je ne sais quelle élection ajournée à l'Académie française, sans doute par la résistance des membres du parti classique, Sainte-Beuve écrivait :
« Une poignée d'hommes médiocres et usés, libéraux, a ce qu'on dit, mais obéissant à un triste esprit de rancune littéraire ou philosophique, seraient à la veille de laisser encore une fois le génie sur le seuil, pour s'attacher à je ne sais quel candidat bénin et banal qui fait ses visites depuis quinze ans. » Voici de quelle manière reprend M. Jay : a M. Sainte-Beuve parle des membres de l'Académie qui laissent son génie au seuil. Il faut espérer qu'un tel genre de critique aura peu d'imitateurs. »
Plus loin, M. Jay, poussant sa pointe et devenant agressif à son tour, esquisse une caricature du jeune polémiste.
«.... M. Jean Sainte-Barbe, le plus redoutable des critiques : lorsqu'il mord, il emporte la pièce. C'est lui, principalement, qui s'est chargé d'anéantir la littérature classique; il l'a déjà tuée trois ou quatre fois. Il a prouvé, plus clair que le jour, que Boileau et J.-B. Rousseau n'entendirent rien à l'art des vers; que Racine avait quelque talent, mais point de génie. Nous le regardons comme un foudre de
guerre. Son admiration pour Ronsard est égale à son antipathie pour Boileau. »
Toutes ces irritations et ces disputes ne nous touchent plus guère cju'à titre de documents. Le charmant livre de Sainte-Beuve sur la Poésie française au XV/e siècle a résisté et résiste encore parfaitement aux railleries de M. Jay. Quant à Racine et à Boileau, si ses premiers jugements ont été un peu excessifs, personne n'en a parlé plus dignement dans Port-Royal, et dans les Causeries du lundi. C'est ce que me faisait observer mon ami Jules Troubat, auquel j'ai dû pour cette note de précieuses indications.
Il ne faudrait pas que la sévérité trop grande de Vinet envers Senancour nous rendît à notre tour injuste à son égard. Il était impossible, étant donnés les sentiments religieux du professeur de Lausanne, que celui-ci pût éprouver autre chose que de l'antipathie pour Oberman et son auteur. Ce qui est regrettable et ce que je m'explique difficilement, c'est que Vinet, si consciencieux, si curieux aussi et tellement désireux d'être bien informé, ne se soit pas procuré les Libres Méditations ou les Troisièmes Rêveries. .Je ne prétends pas que son christianisme austère, timoré, toujours inquiet, en éveil et en défiance, eût été pleinement satisfait. Plus d'une restriction l'aurait choqué, plus d'une pensée consolante, espérante, l'aurait reconcilié avec le philosophe. Il s'est trop cantonné dans la lecture et dans l'appréciation d'Obennan. Bien cju'il ignorât très probablement les Observations sur Chateaubriand et les Premières Rêveries, son instinct de théologien et de piétiste lui en faisait subodorer quelques vénéneuses senteurs dans Oberman.
Avait-il lu le livre dès 1833 ou 1834, lorsque paraissaient dans le Semeur les curieuses Lettres d'un égotiste, où l'ouvrage de Senancour et aussi le volume sur VA7nour, récemment réimprimé, donnaient lieu à des remarques très pénétrantes, aussi impartiales que possible, presque bienveillantes, mais où cependant, de temps à autre, le rigo-
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risme dogmatique se faisait jour et reprenait sa part? Il y aurait là un intéressant problème à éclaircir. Dans tous les cas, je n'y saurais trop insister, le tort de l'Égotiste, comme celui de Yinet, consiste surtout (et combien d'autres ont suivi leurs traces!) à n'avoir voulu et su juger Senancour que par Oberman. C'est pour combattre et redresser cette erreur qu'en grande partie le présent livre a été écrit.
Et je ne quitterai pas Yinet sans proclamer hautement que les Éludes, sur le XIX^ siècle sont l'une de ses meilleures productions et l'œuvre d'une critique durable. .Je ne crains pas de l'avouer, ce Cours de 1844 sur Chateaubriand et Mme cle Staël me paraît supérieur à Chateaubriand et son groupe de Sainte-Beuve. Il y a moins d'anecdotes, moins de brillant et pas de malice; mais les jugements sont hauts, les analyses sympathiques, les appréciations équitables : c'est de la grande et belle critique.
L'histoire de ce manuscrit est bien singulière. Communication en fut donnée par Senancour à un jeune Allemand qui paraissait très enthousiaste et très dévoué. Ce jeune homme lui offrit, puisque les libraires de Paris se faisaient tirer l'oreille, de trouver un éditeur à Berlin. Il partit emportant le manuscrit et, depuis, on n'eut jamais de ses nouvelles. C'était un deuil à faire, et ni Senancour ni les siens n'en prirent aisément leur parti.
Il y a quelques années, M. de Lovenjoul, ce très curieux chercheur et collectionneur, auquel nous devons tant de renseignements bibliographiques sur Balzac , Théophile Gautier, George Sand, Alfred de Musset, a\dsa M. Alvar Torniidd, érudit finlandais, qui s'occupe avec une pieuse passion de recherches sur Senancour, qu'un manuscrit inédit des Libres Méditations était annoncé et proposé comme mis en vente dans un catalogue du libraire Etienne Charavay. Je ne sais au juste quel prix demanda le libraire, mais il était assez élevé. M Alvar Torniidd n'hésita pas. Il écrivit d'Helsingfors à M. Charavay de lui garder le manuscrit, dont il se rendait acquéreur. Quelque temps après, il vint à
208 SEXANCOUR.
Paris et en commença le dépouillement, qui est fort laborieux, à cause de la mauvaise écriture de Senancour, de plus en plus fine et embrouillée à mesure qu'il avançait en âge. Ce sont, à chaque instant, des intercalations, des surcharges, des transpositions. Avant d'utiliser le manuscrit, M. Tornûdd sera certainement contraint de le faire transcrire en entier. Avec lui, j'ai essayé d'en collationner et d'en déchiffrer quelques pages. De ce premier examen, quoique rapide et superficiel, nous avons pu conclure que cette nouvelle édition des Libres Medilalions inclinait encore davantage vers une sorte de douce et ferme exaltation religieuse. Cela rend d'autant plus regrettable la perte de la Religion éternelle. Mais qui sait si quelque jour on ne la retrouvera pas aussi ?