MONSEIGNEUR ET ANCIEN AMI
n'ai point voulu raviver votre blessure, s la lecture des lettres dont je vous ai a, plus d’une fois, et bien cruellement ï, ravivé la mienne. Voilà pourquoi, dans mouvement d'indignation profonde que je
ne pouvais maîtriser, je vous ai écrit ce dont vous vous plaignez.
Mon indignation n’a point pour objet frère, qui fut l’un de mes meilleurs amis n'ai eu pour lui qu'affection, respect. et. pi Elle s'adresse au système dont vous êtes des chefs les plus éminents et dont il fut des victimes les plus lamentables, syslèt l'a tué après avoir imposé à son âme, des plus droites que j'ai connues, des qui n'étaient pas selon la droiture.
libilité Etre telle qu'il me l’a xp lui-mème, après l'avoir faite en recevant titre de chanoine honoraire d'Autun | pape est infaillible quand il parle ex cathedn mais nous manquons de criterium pour disc ner quand il parle de la sorte. » |
maladie, et ma femme, qui était son & reçu en mon absence la visite qu'il nous &
+ 0 peu de temps auparavant. Sans doute la.
aigue qu ‘il avait subie s'était calmée, mais PMP peer Fe l l'indique qu'il eût changé de manière
Dieu, — le vrai Dieu, non l’idole, — ne demande point, pour recevoir les âmes dans la plénitude de sa lumière et de son amour, les. étranges conditions que vous supposez et qui se résument dans l’abdication de la raison et - de la conscience aux pieds d'une fausse et ‘abusive autorité humaine,
2 Là, au contraire, est la grande erreur et le | é crime du Catholicisme romain, et c’est en les frappant de ce glaive à deux tranchants
Fa il tue les âmes, soit celles qu'il révolte ntre Dieu, soit celles qu'il asservit à
| l'homme.
Soyez bien certain, Monseigneur, que je n'ai pas , voulu vous faire souffrir. Je vous ai cru € apable d'entendre la Vérité, peut-être, un our, de lui obéir. En tout cas, j'ai pensé qu'il it de mon devoir de vous la dire.
Elle fut douloureuse. Mais son âme sans fiel conserva les espérances surnaturelles, et il l’a déclaré lui-même, en avouant ses décep-
tions terrestres dans des lignes (4) qui sem
blent résumer sa carrière de prédicateur :
Un jour, à l’entrée même de la jeunesse, sans hésitation, que dis-je ? avec le plus con fiant enthousiasme, on sacrifie tous les bon: heurs et toutes les espérances terrestres pour annoncer l'Evangile, pour convertir et pour sauver les âmes. Ce n'est pas sur sa vertu ni sur son éloquence personnelle que compte le nouvel et éloquent apôtre, mais sur je charme divin de la doctrine du Christ, sur l'attrait surnaturel de ses promesses, “sur l'éblouissante lumière de ses révélations:
L'Evangile ne renferme-t-il pas toute vérité; toute vertu, toute espérance, toute consola:
tion ? N’a-t-il pas le secret du progrès et dela prospérité terrestres, en même temps quül nous ouvre les perspectives du ciel et qu'il nous aide à monter vers Dieu ?
Aussi avec quel charmant mélange de hardiesse et de timidité, de gravité précoce eb de
(1) Méditations sur les sept paroles, Ve méditationsur la parole : j'ai soif, pages 147-149.