ACTE PREMIER
RASQUINOIS.
Bonjour, Veauvardin !
PONTBICHOT, àpart.
Veauvardin?... Je respire!...
RASQUINOIS.
Pour lors... Je voudrions voir votre ami, M. Pontbichot.
PONTBICHOT, à part.
Aurait-il des soupçons?... (Haut.) Vous voulez voir Pontbichot ?... Impossible ! Il est malade ! Il est très malade, Pontbicliot !...
RASQUINOIS.
Lui, malade I...
PONTBICHOT.
Oui, ça lui a pris tout à coup en donnant une leçon.
RASQUINOIS.
A vous ?...
Justement !
PONTBICHOT.
RASQUINOIS.
Tiens, vous prenez des leçons de morale maintenant ? Eh bien, là, vrai, c'est un peu tard. Puisqu'il n'y a pas moyen die voir, je vais au Palais rapport à votre affaire.
PONTBICHOT.
Ah ! vous pensez encore à cette petite anecdote ?
RASQUINOIS.
C'est des affaires qui ne s'oublient jamais 1
PONTBICHOT.
On vous attend au Palais, dites-vous?
RASQUINOrs.
Oui, l'autre jour, j'ai déposé mon procès-verbal, et maintenant, j'y vas pour donner des renseignements par rapport à la p'tite dame et pour me confronter avec vous s'il prenait la fantaisie de nier I...
PONTBICHOT, à part.
Voilà ce qu'il faut éviter à tout prix!... Si on le met en présence de Veauvardin, il ne le reconnaît pas, on me cherche... (Haut.) Ecoutez-moi!...
RASQUIXOIS.
Quoi que vous voulez?...
PONTBICHOT.
Voulez-vous que nous nous expliquions, comme ^n s'explique entre honnêtes gens ?
RASQUINOIS.
Allez !
Qu'est-ce que vous gagnez comme garde champêtre ?
RASQUINOIS.
Huit cents francs !
POXTBTCHOT.
Si on vous offrait une place de quinze cents francs par an pour ne rien faire?
RASQUINOIS.
J'accepterais tout de suite.
PONTBICHOT.
Eh bien ! je vous l'offre.
RASQUINOIS.
Eh bien ! on peut dire que vous n'avez pas de rancune 1...