‹ Un prix montyon; comédie en trois actesChapitre 38 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BALANDARD

Bonjour, mon cher mûtre!... M. Garpiquet, votre oncle, n'est pas encore arrivé.

LUCIEN

Je le sais. Il m'a chargé de vous avertir qu'il no viendrait pas avant quatre heures.

BALANDARD

Serait-il malade, par bonheur? (Se reprenant.) Par bonheur pour les accusés, bien entendu.

LUCIRN.

Il a eu une indigestion, comme toujours.

BALANDARD

Il mange trop! Ça lui jouera un mauvais tour !... Mais vous ne pouvez pas lui recommander la sobriété, vous, vous êtes son héritier.

LUCIEN

Monsieur Balandard, j'aime mon oncle.

BALANDARD

Je connais l'humanité, maître Carpiquet, et elle n'est pas belle !

LUCIEN

Elle est comme Dieu l'a faite, monsieur Balandard.

BALANDARD

Il s'est trop pressé, son œuvre sent l'improvisation. Personnellement j'aurais eu à créer le monde, que voici comment je m'y serais pris.

LUCIEN, l'interrompant.

Je suis obligé de vous laisser.

BALANDARD

Je vous enverrai ma brochure : « Ce que serait le monde si Balandard l'avait créé. »

LUCIEN

Camusot n'est pas là ?

BALANDARD

Vous avez à lui parler ? Je vais vous l'envoyer.

LUCIEN

Merci bien.

BA L ANDARD, de la porte avant de sortir, à part.

D'abord, si j'avais fait le monde, il n'y aurait pas d'avocats ! et les greffiers seuls auraient jugé !

LUCIEN, seul.

Il faut que je plaide dans une demi-heure et la baronne doit venir dans trois quarts d'heure, et le président n'a pas voulu remettre l'affaire !...

Page 1