‹ Un problème d'économie socialeChapitre 2 sur 2 · LA MOISSON · texte numérisé non relu

LA MOISSON

Il ne me reste plus qu’à ajouter les quelques lignes suivantes, en terminant cette étude: Le commerce et l’industrie, depuis quelque temps, souffrent beaucoup des grèves qui éclatent à tous moments, fc est-on jamais dit que la plupart de ces grévistes qui crient

que les gages qu’ils gagnent ne suffisent plus à rencontrer la cherté de la vie, sont des fils de cultivateurs qui ont déserté le foyer rural? Leur affluence à la ville a rompu l’équilibre, de là ces misères de toutes sortes engendrées par la guerre entre le capital et le travail. Attachons-nous à démontrer qu’il y a, à la campagne, un immense atelier, celui du Bon Dieu, où jamais l’on ne chôme, où l’on est toujours payé en proportion de son travail et où le salaire rencontre toujours tous les besoins, parce que c’est l’atelier lui-même qui fournit amplement les nécessités de la vie à celui qui y travaille. Là, il y a deux équipes, celle du jour qui se compose des ouvriers du Maître, celle de la nuit qui ne se compose que du Maître lui-même qui travaille pendant qu’il permet à ses ouvriers de se reposer. Cette merveilleuse association du capital divin avec le travail humain est la seule qui puisse rétablir l’équilibre rompu des forces de notre société moderne. C’est donc faire l’œuvre de Dieu que de travailler au maintien de cette association. Celui qui fait ce travail mérite aussi de la patrie autant que le soldat qui la défend au prix de son sang. Je trouve cette idée bien noblement exprimée par une de nos gloires littéraires qui vient d’être couronnée par l’Académie française et qui, à la page 168 de son dernier roman, “ L’Oublié ” qui lui a valu cette couronne, écrit ceci : “ Défricher, labourer, semer, c’est la noblesse de la main de l’homme ; c’est presque aussi beau que de porter le drapeau.”

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