UN PROCUREUR GENERAL DE CLUNY I
étant occupé et obsédé de moines depuis le matin jusqu'au soir. Tout s'est passé tranquillement dans ce chapitre et a surpassé mes attentes. 11 n'y est arrivé qu'un événement qui ne me regarde nullement et qui ne concerne que les reformés qui se sont divisés entre eux. Je vais vous mettre au fait de l'atraire en deux mots.
J'ay déclaré au commencement du chapitre que je voulois bien me soumettre a un arrest du grand conseil ' fabriqué par M' de Vertamont contre lequel feu M' le Card'^ de Bouillon s'étoit pourveu, et qui fut la cause de sa sortie du Royaume. Cet arrest porte que les reformés feront leurs élections et statuts séparément et hors la présence de l'Abbé et des religieux non reformés de l'ordre. Je m'y suis soumis, et nous n'avons aucunement influé dans leurs élections et statuts. Mais il est arrivé que ces reformés n'ont pu s'accorder entre eux, ils ont destitué leur supérieur vicaire gênerai ' qui l'etoit depuis trois ans, et qui prétend le devoir être encore trois ans suivant leurs usages. A la lecture et publication du chapitre gênerai, ce religieux se voyant destitué me demanda permission en présence de tout l'Ordre de protester contre sa destitution, et d'en demander acte aux notaires qui sont toujours présents a la publication. Je le luy permis. Du temps de feu M"" le Gard'' pareille esclandre n'etoit jamais arrivée, il les prevenoit. L'on verra peut cstre dans la suite la nécessité qu'il y a que l'abbé préside à leurs élections. Ce qu'il y a de sur c'est que quand je n'y seray pas, je ne puis être garant de rien.
J'ay l'honneur de vous envoyer. Monsieur, un extrait du chapitre g**. C'est au sujet des prières (jue nous avons ordonné pour la paix de l'Eglise, et pour empêcher qu'aucun religieux ne s'eleve contre les décrets de l'Eglise Romaine receus*. Vous le trouverez je crois bien sage. Vous pouvez compter que j'auray grande attention a ne laisser faire aucune sottise dans l'Ordre, et que je scauray me servir de l'authorité légitime que j'ay receue de Dieu pour empêcher qu'il ne se passe rien que dans les règles.
J'ay bien des grâces a vous rendre de la bonté que vous avez eue de me prêter de vos meubles de Courmatin * ; j'aurois été bien