X, — DOUBLET A DOM DE PEINT
A Paris ce 28 novembre 1717.
Je ^ n'ay pas manqué mon révérend père de rendre a M^ le duc d'Orléans la letre que vous m'aviés adressé pour luy, je luy ay aussi fait lecture de celle que vous m'aviés escrite du 19 octobre dernier, la réponse que son Altesse Royalle vous fait vous marque assés la satisfaction qu'il auroit si par vostre moyen on pouvoit engager le cardinal dont vous luy parlés a finir l'affaire qui est entre la cour de Rome et une partie du clergé de France, vous ne devés nullement craindre de vous expliquer très amplement sur la manière en laquelle vous croies pouvoir y parvenir. S. A. R. écoutera vos propositions, et vous devés estre persuadé come elle vous le marque que vos services en cette occasion ne seront pas oubliés.
Je ne puis au surplus mon révérend père vous marquer assés combien j'ay esté sensible à la confiance que vous avés eu en moy, et a vostre atention a me faire des remerciments de ce qui s'est passé au sujet de M, l'abbé de S. Albin, et je dois vous dire que vous pouvés compter sur un secret inviolable de ma part, je ne parlerai de l'affaire en question qu'a S. A. R. seul, ce secret est dû a l'importance de l'affaire, et je le dois en particulier et a mon ministère, et a la confiance dont S. A. R. m'honore en cette occasion.
Je suis mon révérend père très parfaitement vostre très humble et
1res obéissant serviteur.
Doublet Le R. p. de Peint.