‹ Un Procureur général de Cluny, agent secret à Rome de Philippe d'Orleans, 1717-1718Chapitre 8 sur 57 · AU. étr., Corr, Rome, t. 570, fol. 28C · texte numérisé non relu

AU. étr., Corr, Rome, t. 570, fol. 28C

l6 UN PROGUKEUIl GÉNÉRAL DE CLUNY

Ce Religieux dit qu'il n'etoit chargé que de solliciter le rétablissement des Reformez de Cluni dans la maison de S' Martial d'Avignon, et de les justifier auprès de Sa S^é des mauvaises impressions que certains Religieux refractaires avoient données contre eux.

M. le Gard' de la ïremoille lui dit qu'il pouvoit travailler à ces deux affaires ; mais qu'il faloit se tenir dans les bornes qui lui avoient été prescrites par ses supérieurs et ne pas les passer.

Au mépris d'un ordre si précis du ministre, ce Religieux peu de jours après, on dit mesme le lendemain, forma publiquement oposition à ce que le pape accorda à M, l'Abé d'Auvergne la dispense de conserver avec l'abaye de Cluni les prieurez en dépendants. C'est être gratuitement méchant. La Reforme de Cluni n'avoit aucun Intérêt à empescher cette dispense.

Il semble qu'il seroit du bon ordre de rapeller de Rome un homme d'un caractère aussi entreprenant, qui excède les pouvoirs qu'il a reçu de ses supérieurs, qui abuse de la protection de Monseigneur le Régent, qui n'observe pas la condition de communiquer au Ministre les affaires qu'il traiteroit, sous laquelle cette protection avoit été acordée, et qui méprise les ordres précis qu'il a reçu du ministre de son souverain de ne travailler qu'aux deux affaires, dont il lui a dit être uniquement chargé par ses supérieurs.

Les ' Religieux Reformez de Cluni ont envoyé un député à Rome, où ils ne sont point en usage d'en avoir. Ce qu'on a pu découvrir de leur dessein en l'envoyant, c'est qu'ils veuUent solliciter a cette Cour des Bulles telles qpie les ont les Religieux de la Congrégation de S* Maur pour devenir possesseurs de tous les Bénéfices de leur Ordre en donnant de fortes pensions pour se les faire resigner, et en ôtant à leurs Religieux qui en seront pourvus la liberté de s'en défaire. On en a eu avis de Rome par plusieurs personnes, et même le Procureur gênerai de S* Maur la mandé a ses supérieurs.

Il semble qu'il seroit de l'intérêt de l'Etat de ne pas tolérer que des Ordres Religieux, qui ne sont point en possession d'avoir des agens a Rome, y en envoyent, qu'ils n'ayent auparavant rendu compte au conseil des affaires étrangères des choses qu'ils vont y traitter, si elles intéressent en quelque chose la Police de l'Etat, et qu'ils n'ayent obtenu la permission de les aller traiter.

Si l'on vouloit établir cet usage, on ne pourroit prendre une conjoncture plus favorable que celle de rapeller Dom Joseph de Pin, qui est le Religieux envoyé par les Reformez de Cluny, soit parce que les Religieux Reformez de Cluni ne sont pas fort agréables à Sa Sainteté,

a. AfT. étr., Corr, Rome, t. 676, fol. 89.

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