‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 2 sur 78 · DÉTAILS SUR LA VIF. DAXDRF DF. LA VIGXE · texte numérisé non relu

DÉTAILS SUR LA VIF. DAXDRF DF. LA VIGXE

Grâce à de longues et minutieuses recherches, la vie d’André ou Andrieu de La Vigne commence à être un peu connue. C’est ainsi que certains auteurs avaient prétendu qu’il était de Savoie se basant sur ce que l’on trouve dans plusieurs de ses ouvrages des termes particuliers à cette province; mais, ce n’était pas là un argument très convaincant. Il n’est pas, en effet, nécessaire qu’on soit né dans un pays pour contracter l’usage de ses locutions, il suffit qu’on l’ait habité quelque temps. Or, on verra que de l a Vigne fut attaché comme secrétaire à la personne d’un duc de Savoie, et qu’en cette qualité, il fit un assez long séjour à Chambéry, où il composa plusieurs de ses œuvres.

André de La Vigne naquit en réalité à La Rochelle, vers 1457 ; c’est lui-même qui a soin de l’indiquer dans un curieux document que nous reproduisons plus loin; on n’en peut donc plus douter.

On ne possède aucun renseignement sur sa personne jusqu’en 1488. Au mois de juillet de cette année-là, nous le savons, la ville de Fougères, réputée comme l’une des plus fortes places de la Bretagne, fut assiégée par Louis de La Trémoille et ne tarda guère à capituler. Comme on la jugeait imprenable ou presque, on éprouva à la nouvelle de sa chute,

I. Par exemple, Griller, dans son Dictionnaire Je Savoie 9 où, d’ailleurs, il le prénomme Charles et Jules Philippe, dans Les Gloires Je la Savoie, p. 197. Paris, Clarev, éditeur, 1864.

Original from

UNIVERSITY OF CALIFORNIA

beaucoup de joie, et cette victoire inespérée des troupes royales fut chantée par un poète jusqu’alors inconnu : Maître André de La Vigne. Les vers qu’il rima, en cette circonstance, n’ont d’ailleurs aucune valeur, mais ils annoncent quelle devait être la suite de sa carrière, le but qu’il se proposait. Les plates injures qu’il prodigue, après leur désastre, aux Bretons, les « fièvres cartaines » qu’il leur souhaite, ses cris de « Vive le roy! » trahissent le dessein qu’il formait de s’introduire d la cour et de finir par gagner, à force de flatteries, une place et des subsides.

La Prinse de Foitgn'res en Bretaigue.

Deppuys le temps de Remus, Romulus • De Hanibal et aussi de Pompée ;

Du roi Priam, d’Hector, de Troïllus,

N’i eust si preux, fust de lance ou d’espée Qui sont Francovs qui ont teste coupée A maint Breton qui tenoient les frontières, Et oultre plus, ont toute décopée La muraille et de fait prins Fougières.

Tous les Bretons qui estoyent en la place Si ne craingnoyent le roy ne son effort ;

On a parlé à eulx près face à face,

Et a l’on veu qui estoit le plus fort.

Maint en y a qui ont esté à mort Livrez et prins ; par leur outrecuidance, Bretons ont eu bien petit reconfort Du duc François et de son aliance.

Désobéissance et leurs pensées fières Ont fait destruire et tout métré à néant, Prendre de fait et abbattre Fougières,

Des gens du roy sur tous autres puissant.

Dedans avoit maint vaillant combattant Qui ont esté trestous prinz et confuz ;

On aura brief trestous le demeurant ;

De vostre fait certes il n’est rien plus.

Page 1