Le Théâtre François oto’i! la Renjiss-jnçe, p. 1 j
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UNIVERSITY OF CALIFORNIA
t'N* RHÉTORIQUEUR
J’eusse trop mieulx et sans nul reprise Mis en avant de Naples l’entreprise.
Que vous présente en vers, couplets et ligne,
Votre très humble Orateur.
De La Vigne.
Le mot « Orateur » avait d’ailleurs à cette époque, une signification un peu spéciale et qu’il a perdue depuis. Il désignait, en effet, l’acteur qui, à la fin d’une représentation théâtrale, s’avançait sur le bord de la scène, devant la rampe, et, après les trois saluts d’usage, annonçait le spectacle du lendemain. « Son rôle, suivant Chappuzeau, est double. Il doit, non seulement faire la harangue, mais composer l’affiche et comme il y a beaucoup de rapport de l’une à l’autre, il suit presque la même règle pour toutes les deux. Le discours qu’il vient de faire â l’issue de la comédie a pour but de captiver la bienveillance de l’assemblée. Il lui rend grâce de son attention favorable, il lui annonce la pièce qui doit suivre celle qu’on vient de représenter et l’invite à la venir voir par quelques éloges qu’il lui donne. Ht ce sont là les trois parties sur lesquelles roule son compliment. Dans l’annonce ordinaire, l’orateur promet aussi de loin des pièces nouvelles de divers auteurs, pour tenir le monde en haleine et faire valoir le mérite de la troupe pour laquelle on s’empresse de travailler »
Ce titre d’« Orateur » a, comme on le voit, une signification toute spéciale et complètement étrangère à l’éloquence de la tribune ou de la chaire. — Il est naturel qu’André de La Vigne, homme de théâtre, s’en soit paré.
Son emploi de Secrétaire auprès de la reine Anne s’explique moins facilement, si on se souvient des singulières aménités qu’il prodigua aux Bretons, lors de la prise de Fougères; la bonne duchesse pratiquait probablement le pardon des injures.
I. Chappuzeau, Histoire du Théâtre Français. EJit. Monval, Paris, Bonnas>ic$, 1876, p. 139.
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