Maudite soit la mort qui l\t mordu
Original from
UNIVERSITY OF CALIFORNIA
MORALITÉ DU l’.\VEUGLE ET DU BOITEUX
LE BOITEUX
Mon amy, tu pers bien tes dit/..
D'icy bouger je ne scauroye.
Que de Dieu soyent ceulx maulditz.
Par qui je suis en telle voye !
l’aveugle.
Sa toy aller droit je pouvoye.
Content seroye de te porter
(Au moins, se la puissance avoye),
Pour ung peu ton mai supporter ;
Et, toy, pour me réconforter.
Me conduvrove de lieux en lieux ?
De ce ne nous fault déporter :
Possible n’est de dire mieulx.
l’aveugle.
A toy droit m’en voys, se je peux, Yoys-je bon chemin ?
LE BOITEUX
Ouy, sans faille l’aveugle.
Pour ce que tomber je ne veulx,
A quatre piedz vault mieulx que j’aille.
Voys-je bien ?
LE BOITEUX
Droit comme une caille.
Tu seras tantost devers moy.
l’aveugle.
Quand seray près, la main me baille ?
LE BOITEUX
Aussi feray-je, par ma fov,
Tu ne vas pas bien, tourne-toy ?
i. San* faute.
Original from
IOO
UN KHETORIQ.UEUR
l’aveugle.
Par deçà ?
LE BOITEUX
Mais à la main destre.
l’aveugle.
Ainsi ?
LE BOITEUX
Ouv.
l’aveugle.
Je suis hors de moy.
Puisque je te tiens, mon beau maistre, Or ça, veuille-toy sur moy mectre :
Je croy que bien te portera)*.
LE BOITEUX
A cela me fault entrcmectre.
Puis après je te conduyray.
l’aveugle.
Es-tu bien ? *
Ouy, tout pour vray, Garde bien de me laisser choir ?
l’aveugle.
Quant en ce point je le feray,
Je pry Dieu qu’il me puist meschoir '.
Mais conduvs-mov bien ?
LE BOITEUX
Tout pour voir
A cela j’ay le serement ; ;
Tiens cecv : je feray debvoir
De te conduvre seurement.