V. Cousin
L'année suivante, il paraissait une édition luxueuse des œuvres de Louise Colet, sur laquelle nous allons donner quelques renseignements.
Mme Colet dan» une pièce de ver» (1) datée de février 1842 raconte ce qui lui arriva le premier jour de cette année :
Sur une élégante cassette Dont l'émail est incrusté d'or, Mon nom, nom ohscur de poète, A mon regard s'offrit d'abord .
J'entr'ouvris, rêveuse et touchée, Ce coffre qui charmait mes yeux...
Un livre, tout empreint d'un vif parfum d'essence,
Etait là, recouvert avec magniQcenoe
D'un brillant maroquin où se trouvaient encore
Mes chiffres enlacés avec des réseaux d'or ;
Ce livre, quoi estMp? Sur la première page
Toujours mon nom... Eh! quoi? Ce livre est mou ouvrage 1
(1) Un mystère du 1" j an ri or 1842. Recueil cité, p, 533.
D^UX PASSIONS d'iN PHILOSOPHE 43
Lorsque ma voix s'élève,
Qui m'écoute et me suit ainsi de rêve en rêve V
A mes œuvres un jour quelle prodigue main Elève un moment qu'on ne doit qu'au génie ?
Serait-ce quelque roi ?... J'en doute ;
Est-ce un rêveur dans l'opulence, Un financier intelligent, Qui prèle sa magnificence Aux vers du poète indigent ?
J'interroge ; mais ce mystère Pour moi ne s'est paséolairci ; Et dans ces vers je dis : Merci Au donateur qui veut se taire (1).
Cette rareté bibliographique mérite d'être décrite en détail, C'est un fort volume in-folio de 534 pages. Le faux-titre porte :