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POESIES DE M™^ LOUISE COLET

Avec cette épigraphe empruntée à Byr(»n : Chihd of the sun Soûl of fire. Au-dessous, un fleuron représentant une lyre au milieu de fleurs ; puis l'adresse : Paris, Typographie Lacrampe et Compagnie, Rue Damiette, 2, M DCG C X L II.

Après le titre, vient l'envoi suivant :

A Madame Louise Golet,

Je voudrais être un grand physicien et physicien philosophe, je vous adresserais des dialogues sur la lumière ou des lettres sur la physique, comme Algarotti et comme Ëuler en adressèrent ja4is à des princesses qui auraient envié vos couronnes. Si j'étais un littérateur célèbre, j'aurais l'honneur de vous féliciter comme Ta fait M. de Chateaubriand ; et si j'étais poète, je m'appliquerais à vous imiter. Puisque je ne suis, hélas ! qu'un stérile admirateur des œuvres du génie, souffrez. Madame, que je vous offre le livre d'un grand poète : c'est une édition comme celles que l'on faisait au Louvre pour les œuvres de Corneille et de Racine, et qui aura aussi peu d'exemplaires que vous-même comptez d'émulés en Europe. C'est un livre pour vous seule, pour la famille et pour quelques amis qui ne taisent leurs applaudissements en votre présence que pour se conformer à votre modestie. Il est encore quelques noms que Ton ne saurait oublier ; ce livre, vous l'offrirez aussi au Roi, à son Sis, à l'Académie française, et au Ministre éclairé qui a su la comprendre et se montrer digne d'elle : à MM. Chateaubriand, Lamartine, Villemain, à Lamennais et à Silvio Pellico, le poète qui a tant souffert ; enfin, si vous en avez un, à votre ennemi, Madame.

En vous dédiant ce volume, j'éprouve une joie bien grande : le ciel m'a noblement inspiré, et je l'en remercie : car ce livre, c'est le vôtre, c'est votre propre bien que vous avez disséminé ça et là, tout en l'oubliant peut-être, et que j'ai pris soin de réunir pour vous rappeler sans cesse les dons que le ciel vous a faits.

Jeuneet prodigue de pensées comme vous Têtes, cette œuvre, un jour, sera la moindre de vos richesses ; mais personne n'en perdra la mémoire, quelle que soit votre renommée, car cette lettre ellemême, serait immortelle, Madame, si elle suivait la destinée de vos écrits.

Il me reste à implorer de vous une fçrâce, mon pardon pour avoir

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osé un moment, et sans votre aveu, associer mon nom à une gloire si pure et si méritée.

Je suis avec un profond respect,

Madame, Votre très humble et très obéissant serviteur,

(Sans signature).

Cet envoi est suivi d'un fac-similé, de récriture de Mme Colet (1) et d'une préface datée de janvier 1836 : « J'aurais voulu qu*un nom illustre et protecteur consentît à s'unir au mien, sur le frontispice de ce volume : si je n'ai pu obtenir sa faveur, il doit m'ètre permis du moins de m'enorgueillir d'un suffrage tel que celui de notre plus grand écrivain ; a et elle remplace ce « nom illustre» par deux lettres de Chateaubriand, des 7 octobre et 13 novembre 1835.

Parmi les poésies publiées dans ce volume (2), je ne signalerai que celles qui méritent quelque attention par une particula-. rite intéressante.

La pièce La foi du cœur (3) a une épigraphe empruntée à Saint- Augustin, « Raisonnez ! moi j'admire ! Discutez! moi, je croirai ! Je vois la sublimité et ne pénètre pas la profondeur, » de même les Illusions : « Mon bonheur eût été d'être aimé aussi bien que d'aimer, car on veut trouver la vie dans ce qu'on aime. » (Saint-Augustin) ; l'épigraphe de la Mer est empruntée à Eugène Sue, celle des Cités à Edgar Quinet, du Néants à Lucrèce, desBluettes, à Montaigne.

Cette première partie, qui avait d'abord paru à part, forme 365 pages.

A la suite, une nouvelle série commence, par une lettre de l'éditeur à l'auteur :

Madame, En réimprimant, sans votre consentement, ces nouvelles Poésies, qui sont pour ainsi dire inédites, puisqu'elles n*ont été publiées par vous que dans des journaux, des revues ou des opuscules détachés,

(1) Fragment de Madame Roland, commençant par ccî^ vers : Mais ce n'est pas ici, dans cette salle même.

(2) ha, premiëre. Tourments du poète, ù. une âme en deuil, est datée d'août 1833.

(3; Op. cit, 26.

je dois vous demander grâce, et vous avouer avec une sorte de confusion que j'ai cherché à découvrir partout les traces de vos chants ; non seulement j'ai fouillé dans toutes les feuilles de Paris, mais encore dans celles de province ; j'ai fait plus, j'ai dérobé de vos vers aux portefeuilles et aux albums de vos amis ; et, sans votre autorisation, je les livre à la publicité ; mais non, ce n'est point au public que ce livre appartient ; ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire,[Madame, une première fois, en vous dédiant vos propres chants, ce livre est pour vous seule, pour la famille, pour vos amis, et pour quelques-uns de nos écrivains illustres. De ce nombre, et comme un de nos plus grands poètes, j'aurais dû ne pas oublier Déranger, que la France n'oubliera jamais. Offrez-lui ce volume, Madame ; il sera heureux d'y retrouver le chant que vous lui avez adressé.

Parmi ces Poésies nouvelles, il en est une que j'ai lue avec une satisfaction inexprimable ; c'est le chant qui a pour titre : Un Mystère du premier janvier mil-huit-oent-quarante-deux. Ce nom que vous cherchez, Madame, vous ne le saurez un jour que si vous le devinez vous-même. Je suis un vieillard étranger au monde, sans génie, sans grandeur, et doué seulement de la faculté d'admirer.

L'admiration me tient lieu de bonheur ; ce sentiment, vous me l'avez fait goûter, Madame, et c'est moi qui vous dois de la reconnais sance.

Je suis avec un profond respect, Madame, Votre très humble et très obéissant serviteur.

Février 1842.

Après cette épître, commencent (p. 369), par les Funérailles de Napoléon y les Poésies nouvelles et inédites^ où se trouvent la Jeunesse de Gcrthe, Silvio Pellico (469-72), à Déranger (481 -3)^ Maternité (484), Lamennais (488), A ma fille (511).

A la suite, la lettre suivante de Tauteur :

^1 M, Lacrampe,

Imprimeur.

Monsieur,

J'ai voulu exprimer ma reconnaissance à la personne inconnue qui a fait de mes poésies une si magnifique édition. Je vous adresse les vers que m'a dictés ce sentiment de gratitude ; veuillez bien les faire parvenir à leur destinataire.

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SI Ton juge convenable de reproduire ces vers à la fin du volume, je ne m'y oppose point.

Recevez, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée.

Louise CoLET.

Paris, ce 9 février 1842.

Puis, la poésie : Un Mystère du i^"" janvier 18i2; enfin, le quatrain et le post-scriptura suivants :

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