‹ Un sanctuaire canadienChapitre 17 sur 29 · CAPES SE · texte numérisé non relu

CAPES SE

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ilest de bien beaux jours dans la vie! S'il en st de tristes, de lugubres, d'orageux.… il en est aussi de Joyeux, de lumineux, de sereins que Île ciel nous accorde quelquefois, soit pour nous arler à oublier où à passer avec courage Îles premiers, soit pour nous donner un avant-ooût de la félicité du jour éternel.

Il vient de m'être donné de jouir d’une de ces

journées que lon dirait empruntées aux heures

bénies de là-haut,

\yant fait la rencontre, ces Jours derniers, d'un venérable ami partant pour Saint-Hyacinthe dans le but d'assister à une fête de famille qui avait

u à la communauté du Précieux-Sang (c'était

vingt-cinquième anniversaire de profession de

supérieure), je m'offris de l'accompagner ;

heureux de voyager avec lui et d'avoir en même temps une bonne ocensian de payer une dette de reconnaissance et cis les sœurs de la com munauté contemplative, Le voyage jusqu'à Saint-Hyacinthe s'est effectué dans les conditions

les plus heureuses. Il y avait pres de vingt an:

que je n'avais pas revu cette jolie ville. Elle m'a

paru presque toute refaite à neuf. Ses nouvelles maisons, quoique variées de forme, ont toutes un petit air œnéricain, et tranchent joliment avec les anciennes résidences situées sur les bords de la rivière Yamaska, lesquelles ont un air de manoir seigneurial. On dit que bien des familles de Saint-Hyacinthe se font remarquer par leurs manières simples mais nobles, polies, aristocratiques. Je le crois sans peine, s'il est vrai que nos œuvres en général ressemblent à notre aractère et à notre tournure de corps et d'esprit.

Descendus à l'évêché, nous avons passé une aoréable et intéressante soirée en compagnie de Sa Grandeur Mor Moreau, de M. le grand vicaire Gravel et de plusieurs autres prêtres.

Le lendemain matin, nous avions le rare bonheur de dire la sainte messe dans la splendide chapelle

du Précieux-Sang. Comme je lai dit plus haut

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cutait fête ce jour-là au monastère. Le sanctuaire, Si brillant par lui-même, était orné de fleurs et de quelques tentures. Un beau soleil d'automne l'uisait ressortir ces décorations ainsi que les nombreuses et belles peintures à fresque qui ornent ce temple. Durant les trois messes qui se disaient ensemble, les religieuses, dans leur chœur cloitré, priaient ou faisaient entendre de suaves et harmonieux cantiques. Il fait bon offrir l'auguste Victime en pareille circonstance et en pareil sanctuaire !

Après la messe, il nous fut donné, grâce aux attentions délicates de M. le grand vicaire Gravel, de pénétrer dans le cloître béni et de causer quelques instants avec les révérendes sœurs.

Mon vénérable ami, ayant été prié sur-le-champ d'adresser un mot d'édification à la pieuse communauté, se rendit coupable d’une très heureuse huprovisation.

Après déjeuner, dans le cours de lavant-midi, nous voulûmes nous donner la satisfaction de revoir à loisir la chapelle du movastère, dont la renommée s'étend au loin. Il faut l'avouer, cette renommée n’a pas été volée : il y a peu de temples au

pays qui puissent entrer en comparaison avec cette

magnifique chapelle, soit pour le genre d'archi

tecture, soit pour la décoration variée qui lanim Il est de style roman et formé de trois voûtes, don

une grande au milieu et deux petites de chaqu

g côté, La vue d'ensemble frappe tout d'abord défi cieusement le premier regard qu'on y Jette, et rap pelle au souvenir certaines églises d'Italie.

C'est comme un immense tableau dont chaque peinture et chaque sculpture constituent les traits divers. Il n'est pas jusqu'aux sièges et aux prie. Dieu, ainsi qu'à la fournaise, qui ne concourent à la beauté de ce tableau. Les prie-Dieu sont d'élégants petits meubles, couverts d’un velours rouge qui, de concert avec le tapis du chœur et là bordure festonnée des balustres, symbolise le précieux Sang. La fournaise, qui longe les deux côtés de la chapelle, est revêtue d'un gracien: grillage doré.

Mais l'objet le plus intéressant, le plus brillant de ce riche sanctuaire, consiste dans les peinture: à fresque qui décorent les voûtes et les murs latéraux. Ces peintures, dit-on, sont dues à deu pinceaux différents. En effet, il ne faut pas une considération bien longue pour constater la chose

Le coloris n'est pas le même partout, ni là

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conception des sujets. On remarque une touche particulièrement ascétique dans les figures qui sont peintes sur les murs de la nef. Plusieurs de ces compositions ont une couleur céleste et rappellent certaines Vierges de Raphaël, surtout dans les groupes des sept Vierges sages allant au-devant de l'époux avec leurs lampes allumées. Sainte Catherine de Sienne, sainte Agnès, sainte Cécile et sainte Rose de Lima m'ont paru, entre autres, des tableaux bien réussis. L'on voit aussi dans labside et dans les voûtes de belles et vracieuses peintures qui font songer aux fresques si distinguées de Notre-Dame de Lourdes de Montréal. La composition des prophètes (c'est du moins ce que Jai cru comprendre), qui lisent et coufrontent leurs visions touchant le Messie qui vient de naître, est une heureuse idée bien rendue par le peintre. Les petits tableaux du calice ou du ciboire débordarnt de sang divin, du jardin leriné de Salomon, de la délivrance de Joseph en Eyvpte et de plusieurs autres dont les noms et les sujets im'échappent dans le moment, sont d'un dessin élégant et d’un coloris délicat. En sonne, tout ce travail artistique a du mérite et

ut honneur aux deux peintres qui l'ont exécuté.

On voit que l'intelligence et le goût ont présidé

au choix et à la distribution de toutes ces scènc:

bibliques, qui démontrent si sensiblement l'action

du Saint-Esprit où la divinité du Christ, Ver de Dieu.

J'oubliais de dire que le maître-autel est tout à fait remarquable par sa matière d'un beau marbre blanc, et par sa forme à tours crénelées. Le fon de l’abside étant un peu sombre, la blancheur de cet autel n’en ressort que davantage. De chaque côté du tabernacle brillaient ce jour-là deux cœur: oracieusement formés par des lampions aux couleurs variées, dont l’un devait représenter le Cœrr sacré de Jésus, et l’autre le Cœur inmacule de Marie. De chaque côté aussi de l'autel, vis-à-vis des colonnes, étaient figurées par un même jeu (le lampions deux croix délicatement dessinées ct faisant le plus charmant effet,

Je le répète, cette chapelle du Précieux-Sung de Saint-Hyacinthe offre un intérêt rare an visiteur qui l’examine, Les nombreux bienfa teurs qui ont contribué à sa fondation et à son établissement se sentiront heureux et bin récompensés de leur générosité en la contemplant

de leurs veux.

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Je compléterai peut-être l'intérêt de cette description en ajoutant que la communauté du Précieux-Sang compte maintenant près de trente ans d'existence, Elle est prospère et florissante. ayant déjà détaché de son tronc plusieurs branches pour les transporter à Montréal et à Ottawa. Il parait qu'elle à le don d'attirer sous son toit les Les

muses, qui d'ordinaire £e complaisent dans le

intelligences d'élite et les cœurs élevés, silence et la solitude, semblent aussi avoir de la prédilection pour cet asile de la prière et de la contemplation. La poésie et la peinture y luttent ensemble actuellement avec un succès qu'envierait plus d'un discipie d’Apollon ans le monde.

Mais, ce qui est encore plus digne d'attention, la Grâce e6 la Piété en ont fait surtout leur séjour favori Elles répandent à flots les lumières et les cousolations divines sur les âmes privilégiées qui lhabitent, tout en les faisant passer par Île creuset

de l'épreave et par la voie royale de la croix.

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[l'est un usage traditionnel chez le Canadienl'rançais : c’est, lorsqu'il lui est donné d'aller à Montréal, par affaire où par promenade, de ne pas quier là ville sans faire une visite à quelques-uns des nombreux sanctuaires qui la distinguent.

Le jeune homme comme Ja jeune fille, le bour- “vois comme le cultivateur, l’homme de l'âge mûr comme le vieillard, chacun tient à se procurer le bonheur d'aller faire une petite prière au moins ans quelques-uns de ces temples. Les plus fréuentés, à raison de leur position, sont Notre-Dame ‘le Bonsecours, Notre-Dame de Pitié, et la grande église paroissiale, Il fait si bon prier dans ces églises, surtout dans Notre-Dame de Bonsecours ctdans Notre-Dame de Pitié. Il semble qu'on y

cut mieux la présence de Notre-Seigneur.…. que

la sainte Vicroe nous est plus visible, et qu'elle répond, pour ainsi dire, à notre privre.

Si le voyageur a quelque loisir, il se donne à satisfaction de faire une course dans la grande et belle ville, et de visiter ses nombreuses ct intéressantes évlises, Il faut le reconnaitre à notre vloire nationale, c’est avec raison que Fon a, sous le rapport reliuieux, qualitié Montréal de “ Rome

de l'Amérique” Elle à son parfum comme à

Ville Eternelle, et ses temples sont beaux et en

grand nombre, Notre-Dame, le (Giésu, Saint-Pierre, Bonsecours, l'Hôtel-Dieu, Saint-Joseph, Saint- Patrice, la Providence, Lourdes, le Sacré-Cœur, Nazareth, et quelques autres qui m'échappent offrent au visiteur un intérêt très considérable. Lourdes est peut-être le bijou de tous ces sanctuaires, e& l’on pourrait la Lbaptiser la Sointe- Chapelle de Montréal. Ses peintures à fresque, dues au pinceau exercé de M. Bourassa, peuvent entrer en comparaison avec celles du même genre des églises d'Europe. On y remarque une statue de la Vierge qui fait songer à Bernadette en extase devant l'Immaculée Conception de Lourdes.

Le voyageur étant de retour au foyer, le membres de la fannille 11e manquent pas de lin

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— Comment a été le voyage !/ - Bien.

- Toujours beaucoup d'affaires à Montréal ?

- Beaucoup; c'est prodigieux.

As-tu visité quelques églises ?

— Ju le penses bien : j'aurais senti la pointe du remords Si javais quitté la ville sans entrer à bonsecours.

Refrain habituel de tous à chaque voyage.

\Mais je m'aperçois que le récit S'avance, et je n'ai pas encore abordé le suiet de cet article.

Jai done fait comme les autres, moi aussi.

Etant allé à Montréal, l'autre jour, je suis entré dans Notre-Dame de Pitié pour y réciter suelques dre en lhonneur de l4 Mère désolée. À ma douce surprise, J'aperçus en entrant le saint Sacrement exposé sur l'antel. Ce dernier resplendissait de lunieres, l'odeur de lencens remplissait le temple et un grand nombre de personnes priaient dans unc attitude recueillie et respectueuse. Cette vue comme d'ordinaire m'hmpressionna doucement, et Je tâchui de faire de mon mieux comme Îles autres en adorant et priant Notre-Seioneur, J’aimais à le contempler sur l'autel, assis comme sur un trône,

se complaisant à nous regarder et à bénir Îles

âmes qui se trouvaient en sa présence. [line paraissait véritablement chez lui, le Seigneur de la terre et du ciel, le Roi de l'univers,

Tout à coup il me vint à l'esprit un souvenir qui fit un contraste frappant avec le spectacle que je voyais. La scène de l’£Æece Hoïo se pré. senta à mon imagination. Je vis Notre-Seioneu couvert d'un manteau écarlate, une couronne d'épines sur la tête et un roseau dans la main, Je vis ce que raconte l'Évangile: le Sauveur subissant les avanies et les humiliations les plus révoltantes.

Encore tout meurtri, tout sanglant du supplice de la Hagellation, il est outragé de toutes manières, On se prosterne devant lui avec dérision, on se moque, on se joue de lui ; on le frappe sur la tête, et on enfonce de piquantes épines dans ce chel divin, qui n'avait pourtant formé que des projets d'amcur pour l'homme...

Lisons le texte même de l'Évangile atin d'étre plus dans la réalité :

‘En même temps les soldats du gouverneur, ayant amené Jésus dans le prétoire, rassemblerent autour de Jui la cohorte entière.

Et après lui avoir ôté ses habits, ils vrirent d'un manteau écarlate.

SE ALU lacees, dans la lui, 1ls disant :

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+ Puis ayant fait une couronne d’épine: entrelicces, 1ls Ia Jui mirent sur la tête avec un roseau dans la main droite ; et fléchissant le genou devant lui, ils se moquuaient de lui et de sa royauté, en disant: Je vous salue, roi des Juifs.

“{t lui crachant au visage, ils prenaient le roseau qu'ils lui avaient mis dans la main en forme de sceptre, et 1ls lui en frappaient la tête, et v enfonçaient les épines dont ils Pavaient cou-

ronneé, “Après s'être ainsi joués de lui, ils lui ôtèrent le manteau écarlate dont ils l'avaient revêtu, lui

remirent ses habits, et l’emmenèrent pour le crucifier.”?

N'est-ce pas, c'est quelque chose de hideux..

d'effroyable ? L'homme n’est qu’un ver de terre,

et encore un ver coupable. Notre-Seisneur est

l'innocence même, la sainteté même, le Souverain

de l'homme, son Créateur, son Rédempteur.… et

l'homme ose se jouer de lui !

(Quel mystère ! auel abime !

Et, ne l’oublions pas, le chrétien, comme le

Jul, renouvelle cette scène affreuse chaque fois |

quil pèche mortellement. C’est saint Paul qu;

revele cette vérité: crucifigentes rursum ; cru-

cifiant de nouveau le Seigneur.

Ah!

comme cela inontre bien la déchéance de

TRE RIRE à

l'homme, Comme il faut que l'homme soit bris

pour se tromper à ce point! Aussi la chute de

l’homme et la rédemption sont deux mystères qui s'expliquent mutuellement, pour ainsi dire, qui s'illuminent l'un l’autre.

Si les Juifs qui ont fait souffrir Notre-Seignen revenaient sur la terre, et le revoyaiïent entouré d’'hommages dans toutes les églises du monde, i! seraient frappés du contraste.

La parole prophétique de leur ancêtre, le roi David, se montrerait lumineuse à leur souvenir De torrente in via bibet ; proptereu exaltabi eaput ; il boira dans le chemin de l’eau du torrent de sa passion, et c'est par là qu'il élèver: sa tête, qu'il sera exalté.

Oui, Notre-Seigneur est aujourd'hui glorieux non seulement au ciel où il règne et régnera éternellement à côté de son Père, mais encore sur la terre.

Il trône sur nos autels, Il trône surtout dan: les ecœurs. Les peuples en foule le prient c

l’'adorent,.

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ATEN AUUOUTUOUUOUCUUN

Avec les longues soirées de l'automne et de l'hiver reviennent les lectures plus fréquentes et les études plus suivies, du moins pour un certain nombre de personnes.

C'est bien en effet la meilleure maniere de passer

e temps, et heureux ceux qui ont l'avantage de C’est alors

que l’on bénit la Providence de nous avoir gratitié

se donner cette douce satisfaction.

du bienfait de savoir lire! Quelle utilité l’on en retire pour soi et pour les autres.

Fantôt c'est une étude sur un sujet d'agriculture, de politique, d’astronomk, c'est une aventure ou la description d’une fête ; tantôt c'est l'histoire si intéressante de l'Église portant chez les peuples le flambeau de l'Évangile, disséminant

partout ses institutions bienfaisantes, ou luttant

vaillamment contre toutes les puissances du mal tantôt c'est l'histoire de son pays natal, toujours si pleine d'intérêt, où sont relatés les hauts et glorieux faits des ancêtres.

Heureusement ici, dans notre pays, grâce à nos nombreuses écoles élémentaires et à nos bibliothèques paroissiales, un grand nombre de personnes peuvent aujourdhui se procurer le plaisir des lectures.

(a été une heureuse idée de feu M. le grani vicaire Miailloux, lapôtre de la Tempérance, de créer les bibliôthéques en même temps que la société de la Croix. Moyennant trois où quatre

centins par année, un membre de cette société à

droit de s'abonner à la bibliothèque en question

où 3} trouve une quantité d'excellents ouvrages moraux et religieux.

Rien d'agréable et d’instructif comme ces lectures au foyer domestique, de voyages, d’anec dotes, de vies de saints et de héros, où sont don nées les plus belles leçons de courage, de morale et de piété.

Mais le livre sur lequel je me propose d'attirer l'attention du lecteur et que je désire mettre en

lumière dans le inmoment, ne figure point d'or

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dinaire dans les bibliothèques de paroisse. IT est d'an sujet et d'un style trop relevés pour les lecteurs d'une instruction simplement élémentaire,

[l convient plutôt à la Jeunesse de nos collèves classiques. Il convient encore et surtout aux étudiants des professions libérales. Il convient mème à la classe nombreuse aujourd'hui de tous les hommes instruits qui ont fait plus ou moins de chemin dans la vie, et dont l'instruction religieuse n'est pas malheureusement au niveau de la science professionnelle,

Ce livre, que je me permets de signaler avec un certain éclat, et dont le titre, je l'espère, ne trompera pas l'attente du lecteur qui le connait déjà, est l'ouvrage d’Auguste Nicolas, intitulé : ‘Etudes philosophiques sur le Christianisme Cet ouvrage, réellement remarquable, est d’un orand mérite sous le rapport de la forme et du fond. L'auteur, encore jeune membre du barreau de Bordeaux, s’est révélé par ce travail comme philosophe et apolouiste relisieux de premier ordre, et est digne de figurer à côté des Frayssinous, des de Maistre, des Ravionan, des Félix,

des Lacordiure et des M:nsabré. Voyez, entre

autres témoignages, au commencement du premie: volume, les appréciations élogieuses qu'en font | Père Lacordaire et Mgr Donnet, archevêque «dl: Bordeaux.

Lu pensée de l'écrivain, souvent haute et pro l'onde, est toujours limpide ; et son styie, tantoi shnple, tantôt fiscuré, tantôt sublime, est toujour clair, élécant, nerveux et rapide,

Il aborde avec aisance et souplesse les sujet: les plus élevés de la métaphysique et de là psychologie. Les chapitres sur l'existence de Dieu sur l'existence et l’immortalité de l'âme, sur les

miracles et les prophéties, sur le péché originel, su

la divinité de l'Evangile et de Jésus-Christ, sont

de véritables démonstrations, et après les avoir parcourus, on est tenté de s'appliquer les paroles de Pauline dans Polyeucte : Je vois, je crois, je sers Je me rappelle toujours avec plaisir l'impression vive et profonde que me fit cet ouvrage lorsque jen pris connaissance pour la première fois J'étais alors au collège, en philosophie, et il y à bien de cela plus de trente 2ns. Comme celui « la plupart des élèves, mon bagage de connaissanc: religieuses était fort léger, et j'étais loin de pouvoir

me rendre compte comme il faut de l'économie «l

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religion, Bien des ombres alors s'étendaient

r mon intelligence, bien des secrets et des nystères régnalent au fond de mon âme, qui,

puis, se sont écluircis et dissipés. Comme le problème de l'accord de la raison et de la foi m'a paru bien résolu !

De plus, outre les qualités littéraires et scientilues qui distinguent à un haut degré le livre d’Aususte Nicolas, et apportent à l'esprit de si vives lumières, 1} y règne un charme spirituel qui touche et captive le cœur. On sent que le philosophe, avant d'écrire ses lumineuses conceptions, s’agenouillait devant l’Auteur de tout don, le priant d'imprégner de sa grâce le fruit de sa pensée. [savait que Dieu donne su grace aux humbles, et que le cœur humble, l'intelligence humble trouve misax les chemins du cœur que la sagesse l'umaine,

De là encore une fois Le charme spirituel des Lludes philosophiques sur le Christiunisme.

Cet ouvrawe à fait aujourd'hui ses preuves, [vient d'être réimprimé pour la vingt-sixième lois, C'est réellement remarquable pour une wavre aussi philosophique. Il à été traduit dans

plusieurs langues étrangères, et les écrivains et les

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orateurs le citent à l'envi. Évidemment, il à sa place dans la liste des meilleures production: littéraires de ce siècle.

Un conseil en finissant, Que les élèves de collève en hautes classes, et que les étudiants des profes sions libérales, me permettent de leur suggérer la lecture attentive du livre dont je viens de faire l'éloge. Ils se convaineront par eux-mêmes, Je l'espère, de son mérite. Ils sont encore à l'entrée de la vie sociaie, et bientôt ils auront à lutter contre les tentations qui assiègent souvent le cœur et quelquefois aussi l'intelligence au point de vue de la foi. Plusieurs, peut-être, obligés de prendre le chemin de l'étranger, entreront dans une atmosphère religieuse malsaine, où leur foi se trouvera plus d'une fois mise à l'épreuve.

La connaissance des ‘“ Etudes philosophiques ” leur fournira plus d'un argument en faveur de la bonne doctrine, et contribuera en une large mesure

à rendre leur foi plus vive et plus active.

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Je viens soumettre à la classe des lecteurs qui

sont encore Jeunes, quelques avis sur le choix des

livres à lire ou à étudier.

Les lectures en général doivent être regardées

comme une occupation plus ou moins importante

quil ne faut pas se permettre sans discernement,

l'en est d'elles comme des aliments corporels que

lon prend pour entretenir la vie naturelle en

nous: pour se donner une santé robuste, il faut

nécessairement voir à la qualité et à la quantité

des aliments dont on fait usage. Nous le savons,

telle nourriture qui convient à un estomac ne

convient pas à un autre: telle quantité qui est

suflisante pour une personne faible, ne l'est pas

pour une autre qui est valide,

Mas c'est un principe général, qu'il faut tou-

jours rechercher une alimentation saine, soit en substances fortes, soit même en substances légères, Et il est sage à une personne qui jouit d’une constitution vigoureuse de se nourrir habituel lement des aliments les plus substantiels, atin d'entretenir et d'augmenter ses forces.

Eh bien ! pourquoi ne pas raisonner de la éme manière par rapport à notre intelligence, à notre cœur ? Eux aussi, vivant d’une vie spéciale, ont une nourriture à prendre ; et cette nourriture doit être variée. Or, l'un des aliments de l'intelligence et du cœur est la lecture ou l'étude. Le Livre par excellence à proclamé cette vérité en une formule trop frappante pour ne pas la consigner ici, L'homme, dit Notre-Seigneur lui-même, ne ri pus seulement de pain, mais aussi de toute pro qui sort de la bouche de Dieu.

Sans doute la première des paroles à lire ou à écouter est celle qui provient immédiatement de

Dieu et de son interprète infaillible, la sainte

Eglise. Aussi bienheureux sont ceux qui peuvent

se procurer l'avantage de lire la sainte Ecriture dans le texte canonique ou dans les traductions légitimes ! [ls trouvent là la véritable li

qui éclaire tout homme venant en ce mont

écritui SAD'ES relo10 instrud écrits renter qui ill COUT, metllet procha l'ordre humat toutes n'est q contre (ue

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nte Écriture

traductions ble lumi

Ce Hot

ils trouvent là l'aliment divin qui nourrit et vivifie les cœurs.

i, Écriture sainte est un immense jardin émaillé de fleurs les plus gracieuses et planté d'arbres aux Fruits les plus savoureux et les plus fortifiants.

\is il est une autre parole, il est une autre écriture que des hommes de génie, des hommes sages et vertueux, s'inspirant aux sources de la religion et de la morale, ont produite pour notre wstruction et pour notre agrément, Ces livres, écrits souvent d’une manière très intéressante, renferment une doctrine véritablement céleste qui illumine et fortifie l'intelligence comme le cœur. On sent, en les lisant, que l'on devient meilleur, qu'on aime mieux le bon Dieu et le prochain ; on voit que la vertu n'est au fond que l'ordre observé, ordre reconnu par toute raison humaine et qui fait la beauté et l'harmonie de toutes choses ; on reconnaît que le vice à son tour nest que la violation de cet ordre et un attentat contre notre repos et notre bonheur.

(Quel intérêt, par exemple, à lire les contemplations de Fénelon sur les merveilles de l'univers,

où les Ælévalions et les Oraisons de Bossuet !

Quel intérêt à lire les Pensées de Pascal, les Con-

férences de Frayssinous, de Félix, de Lacordaire, de Monsabré! Quel intérêt à lire le Génie du

Christianisne de Chateaubriand, les Sotrées de

de Maistre, les Æistoires de Eglise de Darras et

de Rohrbacher, les ouvrages de Louis Veuillot en œénéral ! Quel intérêt à lire et à relire ces chefs. d'œuvre de poésie nommés £sther, Athalie ! Et que d’autres ouvrages immortels, tant anciens que modernes, ne pourrais-]Je pas signaler ici ? Mais, me dira peut être certain lecteur, vous nous citez là des œuvres inaccessibles à Pintellivence du commun des mortels, et trop dispendieux pour les bourses ordimuires, C’est possible, Alors si votre instruction et vos moyens pécuniaires ne vous permettent point d'entrer dans les palais et dans les sanctuuires de la littérature, vous pouvez vous abonner aux bibliotheques paroissiales où, sour la modique somme de quelques centins, vons trouverez une quantité d'excellents livres historiques, moraux et religieux. Notre siècle à cela de glorieux, c'est qu’un bon nombre de ses écrivains des deux sexes consacrent leurs loisirs et leurs talents à composer des ouvrages littéraires à la portée de linstruction élémentaire, Les Devon,

les Lamothe, les Fleuriot, les Bourdon, les Craven

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les Craven

marchent sur Îles traces des prélats Gaume ét Sévur, qui ont ouvert le chemin.

Notre histoire nationale par Garneau, Ferland, Faullon, ete., devrait avoir naturellement sa place dans nos bibliothèques de paroisse. Celle de Garneau, surtout, étant plus complète, n'y saurait être absente. Cette histoire, véritable épopée qu'aucune invention épique ne surpasserait en intérêt doit être lue et étudiée au foyer domestique comme au collese et au couvent. Plus que toute autre, elle est animée d’un soufle patriotique et forme le sentiment nationul.

À propos de bibliothèques paroissiales, 11 ne serait peut-être pas Inutile ici de dire ur mot des romans malsains qui ont maintenant cours au pays. Chose déplorable, ces romans se olissent quelquefois dans la famille par le moyen de nos Journaux et de nos revues, Il n'y à pas bien longtemps encore, en ouvrant un journal canadien qui passe pour l’interprète des bonnes doctrines etqui de fait est un journal catholique, je remarque dans le feuilleton quelques mots qui me frappent... et je poursuis.. Je ne suis pas longtemps sans constater que Je suis au milieu du récit d’un bourbier moral où le cœur d'une jeune fille ou

d'un jeune homme ne pouvait que se souiller.

Eh bien! cest là, encore une fois, une autre chose déplorable. Les directeurs des journaux catholiques devraient, avant de publier un feuilleton, s'assurer de sa moralité.

Relativement aux romans en général, il es bien étonnant de voir tant de jeunes filles instruites, formées dans les couvents à la vie sérieuse, et aux belles vertus qui ornent leur sexe, se permettre si facilement la lecture de ces ouvrages de fiction. Que de temps elles perdent à Hire tant d'irtrieues et tant d'aventures imaci.

paires ! Encore si tout cela n'avait que le défaut d’être vain ! Mais malheureusement le poison est

plus où moins “épandu dans cette nourriture

intellectuelle, Par suite souvent le cœur perd

sa pureté, et l'intelligence quelquefois sa lumiere et sa foi.

Ah! soyons donc sages, ét gardons-nous bien de goûter aux fruits mortels. Approchons plutôt nos lèvres des aliments sains et substantiels qui, tout en développant notre esprit, fortifieront notre cœur et activeront notre volonté pour

le bien.

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Un Friduum à Samt-Grégoire de Nicolet

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Les paroissiens de Saint-Grévoire ont eu

le bonheur de voir sa réaliser pour eux ces beiles

paroles de Ta sainte Écriture. Grâce à l'avantage

quils ont de posséder au milieu d'eux une école des

Freres du bienheureux de la Salle, 118 ont joui

rare privilège du friduum célébré dans

toutes les contrées où sont établis ces vénérables

éducateurs de la jeunesse, à l’occasion de la béati-

fcation récente de leur illustre fondateur. ‘Tous

les exercices de ces jours de fête ont été suivis

avec un grand intérêt, Le temple, déjà si benu, si

imposant par lui-même, avait reçu une décoration

splendide, telle qu'il n'en avait pas encore vu

depuis son érection,

D'élégantes banderolles, de riches bannières et

de vracieuses oriflammes aux couleurs et aux

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