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Un scandale français [microforme]

L’r'faire extraordinaire dont on trouvera dans les pages qui suivent un iKcit fidèle et simple est encorc plus ou moins présente à la mémoire des lecteurs français. Les romaciers de nos jours ont souvent décrit le danger auquel le médecin est exposé à être impliqué dans des affaires criminelles, ainsi que l'élément surprenant d’aventure qui peut à tout moment tro: ler le calme de sa vie professionnelle. Cependant il est permis de douter <i le romancier a jamais conçu une situation plus romantique que celle dans ruelle l’auteur de ce récit fut placé il y a quelques années. Aïitir. par des escrocs experts et artistiques, dans une entreprise qui présentait tous les aspects d’une affaire honnête, il se trouva soudain en butte aux coups de r:volver d'un assassin, mais tout grave que fut cette épreuve, ce ne fut cependant que le commencement d’une série d'aventures non moins intéressantes au lecteur que pénibles à la victime.

L'administration de la justice en France est notoirement défectueuse, mais, considérant que la fameuse affaire Dreyfus fut essen-

* tiellement un cas de justice militaire, on peut douter qu’elle ait jamais « été exposée si déplorablement que dans ce bref récit de l’expérience À persornelle que j'en ai eue.

F Quoique € ejà plusieurs années se soient écoulées depuis que je fus victime de ceite lâche tentative de meurtre, à Bois-ie-Roi, en France, et aussi des conséquences étranges qui en résultèrent, : : n’ai encore. jusqu'ici, fait auoun récit des faits, qui ont été dénaturés par tant de « versions différentes de cette affaire, Pertes dans la presse. Le long litige dans lequel j'ai été engagé, depuis, ea Angleterre, au sujet de cette affaire, m’a empêché de le faire plus tôt, ayant eu à considérer la nécessité de m’adresser à plusieurs fonctionnaires de la Cour et d’ailleurs en France, pour obtenir les documents nécessaires et autres preuves concernant cette affaire, qui m’étaient indi spensables pour le succès de ce litige, et que je ne pouvais espérer ottenir sans le bon vouloir de la plupart de ces fonctionnaires. On vourrait abjecter

vi PREFACE

que l'affaire que je me propose de raconter à maintenant perdu son intérêt pour le public, à cause du temps qui s'est écoulé depuis que ces évènements ont eu lieu, et le trop grand nombre de récits qui en ont déjà été faits au public dans la presse; mais je me propose de raconter des faits d’une importance incontestable, inédits, et que les fonctionnaires administratifs engagés dans la conduite de cette affaire ont tout intérêt à laisser dans l'oubli, Ce qui a paru dans la presse sous l'égide de ces fonctionnaires est une version combinée de façon à cacher scrupuleusement les erreurs et irrégularités de l’administration, et de les attribuer à n’importe qui au dehors, et, autant que possible, à la victime de ces erreurs et de ces irrégularités. Ce que je me propose de faire dans les chapitres qui suivent est d'exposer les procédés intérieurs de l'administration ; de divulguer les vérités qu'on s'efforce de tenir eecrètes; de mettre sous les yeux du publie les bévus de certains fonctionnaires et d'indiquer la méthode qu'ils ont adoptée pour celer leur incompétence: et j'entreprends cette tâche avec la profonde conviction que le sujet offre plus d'intérêt et d'importance au public dans ses parties inédites que dans tout ce que la presse a déjà publié,

Plusieurs des affirmations que je devrai faire dans cet exposé paraîtront, sans doute, aussi invraisemblables que le parurent, à une certaine époque, mes dénégations, au sujet des publications diffamatoires qui parurent dans la presse contre moi, et mes plainte: concernant les erreurs du Crédit Lyonnais ; mais j'espère pouvoir montrer en temps opportun l'exactitude et la véracité de ce que j'affirmerai dans cet essai, d’une manière aussi claire, aussi convaincante que le font les nombreuses victoires légales par moi remportées, qui démontrent, maintenant, combien j'avais raison dans mes dénégations et mes plaintes, au sujet de ces diffamations et de ces erreurs.

De même que le Crédit Lyonnais — dans les poursuites que j'ai intentées à Londres contre lui devant la Cour du Bane du Roi qui le condamna le 10 novembre 1909, à me payer 5,000 francs de dommages intérêts et tous les frais — me combattit point par point, désavouant en premier lieu toute erreur ou toute responsabilité de sa part, puis déposant plus tard 50 ‘ivres sterling au tribunal comme compensation, toujours eu refusant dans ga défense, d'admettre sa responsabilité; ensuite admettant son erreur, mais non sa responsabilité, et se réclamant des lois françaises; plus tard encore, à l’audience, alléguant que la cause était simplement une question d’estimation de dommages, espérant toujours que ceux-ci n’excèderaient pas la somme de 50 livres déposée au tribunal; de mêm , je crois que les autorités françaises intéressées que j'attaque ici, me combattront point par point

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PREFACE vii

par des moyens justes ou injustes, se elles y seront forcées par l'opinion publique, pour s'établir sur un autre terrain qu'elles défendront encore nvec la même opiniâtreté et la même énergie, Mais, maintenant, j'ai gagné le Jroit de me faire entendre, droit qui, jusqu'ici m'a été dér Je leur ferai face, or tous les points qu'elles Pourront avancer; je combattrai tous les biais auxquels elles auront recours; je dévoilerai toutes les emploieront. J'espère que mes lecteurs à ront avec attention et esprit de justice les faits que j'ai à leur soumettre, Je ne demande qu'une chose; qu'on m'enter | et je promets satisfaction,

Cependant, il existe, j'en suis convaincu, malgré tout ce que j'aurai à dire dans ce récit contre juelques français en particu, ?r où contre certaines institutions ou coutumes françaises, il existe en France un grand nombre de personnes qui me comprendront et qui pourront apprécier la correction et l'équité de mon attitude dar cette affaire.

Du reste, je ne duis rien à ‘Personne que la érité; je ne demanderai à personne que la vérité. J'apprécie la sympathie de tout je monde, mais je n'ai besoin de la pitié de personne,

Mon devoir est de présenter les faits au lecteur du mérite de ma cause et tout ce que me soit rendue,

contentant de se retirer quand

rues qu'elles nglais et françai examine-

, qui sera le juge je demande cet que justice

Les photographies de Cesbron et de Pesnel sur la couverture de

ce livre ont été reproduites avec la permission des propriétaires du “Daily Mirror.”

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