PROLOGUE
“Je t'en prie, cesse tes conseils Qui me passent Par l'oreille sans profit, Comme l'eau dans un panier: 1e me donne pas de conseils. Ne permets non plus à aucun triste consolateur De charmer mes oreilles, s'il n'a point de torts Qui soient égaux aux miens, PaE .
Et que celui-là me parle de patience, Vois si ses torts scnt aussi graves que les miens t, s'il répond de point en point, Tel pour tel, douleur pour douleur, Dans chaque détail, ramitications et forme ; Si tu vois cet homme sourire, caresser sa barbe, Convertir son chagrin en plaisanterie, Etre insouciant, quand il devrait gémir, Rapiécer sa tristesse avec des proverbes, Oublier son malheur en lisant des maximes, Amène-le-moi ici, Pour m'enseigner la patience. Mais pareil homme n'existe point.
Car, mon frère, l'homme ne peut ni conseiller, ni consoler D'un chagrin qu'il ue ressent pas lui-même,
Non, non; c'est l'affaire de chacun de conseiller la patience
poids du chagrin, Mais non de l'accepter lorsqu'il l'endure lui-même, Ainsi,
Ma douleur parle plus haut que tes conseils,
En ce cas, les hommes ne diïèrent en rien des enfants.
Tais-toi. Je serai chair et os
Jamais philosophe n'exista,
Capable d'endurer le ms' de dents avec patience, Quoi qu'il ait pu écrire sur : vertu des dieux,
Et éprouver lui-m me de raalheur et de souffrance.
SHAKESPEARE, “Beaucoup de bruit Pour rien", v. I.
Le crapaud sous la herse Sait bien exactement
Où les pointes le percent, Le papillon joyeux
Prêche le contentement A ce crapaud piteux.
, €t l'agonie avec des paroles.
UN SCANDALE F RANÇAIS