‹ Un secret de familleChapitre 2 sur 33 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

lÉOPOLD, CÉCILE.

CÉCILE. Comment, monsieur; vous êtes en retord : Vous !

LÉOPOLD, s' avançant. Ah, pardon, ma chère Cécile!., je craignais de rencontrer quelqu'un près de vous.

CÉCILE. Voilà une belle raison!...

Ainsi, dans quelques instans, quand il faudra jurer devant témoins que vous m'aimez, que vous n'aimerez jamais que moi , vous n'oserez donc pas ?

LÉOPOLD. Ah! j'attends ce moment avec une vive impatience ; et je donnerais tout au monde... (// l'attire doucement vers lui en lui prenant la main et disant) : Cécile! Puis il s'arrête et tourne les yeux vers la dhambre à droite comme craignant d'être surpris.

CÉCILE, qui a tendu la joue, croyant qu'il voulait l'embrasser. Eh bien!.. Dépêchezvous donc!..

LÉOPQLD , lui donnant un baiser sur la joue. Ah!..

CÉCILE. Et il se fait prier encore !

- LÉOPOLD. Pour être heureux , n'est-ce pas?

CÉCILE. Vous le serez donc avec moi ?

LÉOPOLD. Ne vous ai-je pas dit que je vous aime?

CÉCILE. Képétez-le encore! ça ne peut pas nuire.

LÉOPOLD. Ah, mille fois!..

Il s'arrête et tourne encore la tète vers la chambre de droite.

CÉCILE. Eh bien, c'est déjà fini?

r Air: à l'âge heureux de quatorze ans. ; j^ Sur vos lèvres se peut-il bien

Que déjà la parole expire ?

OUiiIÎTri ï*rôts à serrer un doux lien ,

N'avons-nous qu'un mot à nous dire ?

Finit-on sitôt son discours.

Quand si gentiment on débute ?..

Çongez-y , je veux un toujours Qui dure plus d'une minute !

Oui , monsieur , je veux , etc.

Pourquoi donc tournez-vous toujours les yeux du côté de la chambre de ma mère?

LÉOPOLD, avec embarras. Ah!., c'est qu'il ,me tarde que la cérémonie soit terminée!., que vous soyez à moi... irrévocablement à moi!.. Croyez-le bien, Cécile!., c'est mon espoir, c'est mon vœu le plus cher, et tout ce qui en recule l'accomplissement, ne fût-ce que d'une seconde, me met au supplice!... Je pense que c'est tti&ihteh&nt thadljliiië iJ^ JLuc^ sfcule gu'on

attend... et si mea yeux cessent quelquefois de se reposer sur votre aimable visage, c'est encore une manière de vous prouver mon amour.

CÉCILE. A la bonne heure ! Tout ce que vous venez de dire est très bien ; et tant que vous parlerez ainsi... Oh! continuez, et je resterai là immobile, devant vous, une journée entière, pourvu que j'entende toujours le son de votre voix, et ces douces paroles qui me font tant de bien !

LÉOPOLD. Pour cela , il faut que nous soyons unis.

CÉCILE. C'est juste.

LÉOPOLD. Suis-je justifié à vos yeux?

CÉCILE. C'est moi que je trouve coupable à présent. (J Catherine qui entre par le fond.) Ma bonne, va donc presser ma mère!..

CATHERINE. J'y vais, mon enfant, j'y vais.

Elle va vers la chambre à droite. \^

CÉCILE. Nous ne nous marierons pas d'aujourd'hui !

Elle cause avec Léopold ; madame de Lucy paraît

sur le seuil de la porte , Catherine lui dit un mot

bas , puis sort par le fond. .^

Page 1