‹ Un secret de familleChapitre 25 sur 33 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CÉCILE, LÉONARD, entrant par la porte de gauche.

LÉONARD. Cécile!., ma petite Cécile.

CÉCILE. Ah! pardon, mon oncle, je ne vous voyais pas.

LÉONARD. Toujours dans tes rêveries !..

lu ne fais donc pas attention à mon dévouement?.. Quand , il y a cinq jours, je t'ai vue sortir de l'hôtel de ta mère, ai-je hésité une seule minute? J'ai eu toutes les peines du monde à te retrouver; mais dès que j'eus appris que tu avais été louer une voiture de poste, que tu étais partie, je t'ai suivie à la piste, je ne t'ai rattrapée qu'au bout de quinze lieues; nous voilà maintenant dans ta terre de liellevuc, je viens te prodiguer mes soins et mes consolations, et c'est à peine si tu m'adresses une parole ?

CÉCILE. C'est vrai, mon oncle; mais vous m'excusez.

LÉONARD. Certainement, je t'excuse!., mais qu'est-ce que nous allons faire ici?

CÉCILE. J'y vais retrouver les occupations de ma jeunesse.

LÉONARD. Diable ! tu comptes dOnC t'ctablir pour long-temps dans cette campa-' gnc?

CÉCILE. Oui, mononele.

l■l^ tE MAGASIN

LÉONARD. Alîîah!.. et ceux que nous avons laissés là-bas, n'y penses-tu point ?

CÉCILE. Oh ! sans cesse.

LÉONARD. Et cela ne te donne pas enrie de les revoir?

CÉCILE. Je ne le pourrais pas.

LÉONARD. Comme ils doivent souffrir!

CÉCILE. Pas plus que moi.

LÉOXARD. Et tu ne veux pas leur donner signe de vie ?

CÉCILE. Je viens d'écrire.

LÉONARD. Ah! tu as écrit... [A part.) Et moi aussi, grâce à Dieu!... il y a quatre jours.

CÉCILE. Ils comprendront le motif de ma conduite.

LÉONARD. Oui!.. Eh bien, ils seront plus heureiix que moi; mais écoute : tu annonces l'intention de l'installer ici à poste fixe , et tu ne réfléchis pas qu'il y a un obstacle.

CÉCILE. Lequel?

LÉONARD. Oh, mon Dieu! peu de chose., le code-Napoléon.

CÉCILE. Gomment?

LÉONARD. Tu n'as jamais lu le code-Napoléon?... Il y a pourtant certains articles que le maire de ton arrondissement a dû te communiquer.

CÉCILE. Comment?., on oserait me forcer... Mais savez-YOus que cela serait affreux ?

LÉONARD. Non !,. je ne sais pas. . puisque tu ne m'as rien dit... Si tu voulais m'instruire...

CÉCILE. Mon oncle, je vous CD supplie...

LÉONARD. Allons, allons, calme-toi!..

(// lui prend la main.) Tu as encore de la fièvre.

CÉCILE, retirant vivement sa main. Moi ! Vous vous trompez...

LÉONARD. Ils sont incroyables ! Depuis un mois je n'entends que cela : Vous vous trompez. Non, de par tous les diables, je ne me trompe pas !.. mais je te soignerai, je te rétablirai... car si je ne peux guérir ton esprit, je dois au moins répondre de ta santé. {On entend un bruit de voiture.) Qu'est-ce que c'est que ça ? (// va à la fenêtre.) Une chaise de poste.

CÉCILE. O ciel!..

LÉONARD , avec un étonnement simulé.

Une visite qui nous arrive... quel bonheur!.. Eh mais c'est Léopold.

CÉCILE , arec un mouvement de Joie inoo- Untaire. Léopold!..

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