SCÈNE III
LÉONARD, LÉOPOLD, BRIOLET, /9or-
tant une valise.
LÉOPOLD, à Briolet. Posez cela ici, et sortez!., [Briolet pose la valise et sort. A Léonard.) Où est-elle? où est-elle?
LÉONARD. D'abord embrassez-moi, mon cher ami.
LÉOPOLD. Ah! vous nous avez rendu la vie en nous écrivant, en nons indiquant le lieu de sa retraite.
LÉONARD. Je n'avais garde d'y manquer!., si tôt arrivé ici; crac, j'ai appelé au secours.
LÉOPOLD. Mais Cécile?.. Cécile?..
LÉONARD. Elle est dans sa chambre.
LÉOPOLD. Ah ! je cours. . .
LÉONARD. Elle est enfermée.
LÉOPOLD. Mon cher monsieur Léonard, je vous en supplie, avertissez-la, dites-lui que je suis ici.
LÉONARD. Parbleu, elle le sait aussi bien que moi.
LÉOPOLD. Dites-lui que je n'ai qu'un espoir, que je ne forme qu'un vœu... celui de la voir.
LÉONARD. Il parait qu'elle s'en est douté ; car elle est partie sitôt qu'elle vous a entendu.
LÉOPOLD. Il faut poirtant que je lui parle! elle ne peut me refuser!.. Ah, monsieur, je l'ai bien achetée cette faveur que je sollicite.
LÉONARD. Oui, oui, mon pauvre garçon ; vous n'êtes pas trop exigeant pour un mari!., c'est une justice à vous rendre.
LÉOPOLD. Vous Qc $av«z pas, vous oa
saurez jamais tout ce que j'ai souffert, tout ce que je souffre encore.
LÉONARD. iMais si fait, si fait ; je me le Ogure parfaitement!
LÉOPOLD Sans cesse poursuivi des pensées les plus affreuses, courant partout comme un insensé, la demandant à tout le monde, épiant sur les visages même les plus indifférens cette horrible répon>e que je croyais toujours entendre retentir à mon oreille : Cécile est morte! . morte .. Et quand votre lettre arriva, quand il fallut l'ouvrir devant cette pauvre mère qui a tout appris maintenant... ah, je ne sais pas comment mon cœur ne s'est pas brisé!
LÉONARD, s^essuyatit les yeux. Mais ce n'est pas moi qu'il faut attendrir!., si vous lui contiez un peu tout ça à elle?
LÉOPOLD. Et comment, puisqu'elle nie fuit?
LÉONARD. Attendez : je vais essayer, moi!.. \Il va contre la porte de droite.) (.décile, ma petite Cécile!., c'est Léopold, ton mari, qui demande que tu l'écoutés.