‹ Un secretChapitre 33 sur 59 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

LOUSTAL, DARBERT*.

LOUSTAL, étant son chapeau.

Je suis fâché de vous déranger.

DARBERT, liti faisant signe de parler bas. Vous ici, chez moi!... vous savez pourtant que >ous ne devez pas vous y présenter!

LOUSTAL.

Vous ne venez plus me voir, il faut bien que je vienne chez vous.

DARBERT.

Que me voulez-vous?

LOUSTAL.

Les affaires vont mal, le commerce do bijoux est mort... j'ai absolument besoin de deux mille francs.

' Toute cette scène doit cire dite à demi-voix.

DARBERT.

Encore î je n'ai cependaul pas l'intention de me laisser ainsi rançonner à perpétuité... transigeons une fois pour toutes, puisque vous me tenez en quelque sorte à votre discrétion, vous qui n'avez rien à risquer, ni réputation ni fortune... Dix mille francs comptant vous conviennent-ils i*

LOUSTAL.

Non.

DARBERT.

Quinze mille?

LOUSTAL.

Je ne saurais pas les garder, je les mangerais comme les autres.

DARBERT.

Il faut pourtant que tout soit Uni entre nous ! aujourd'hui, plus que jamais, je voudwis que toute trace de cette affaire fût anéantie. . . £h bien?

LOUSTAL.

J'aime mieux vous demander de l'argent à mesure qu'il m'en faut.

DARBERT.

Et moi, je suis las d'acheter un silence qui ne se croit jamais payé... après tout, je ne suis pas coupable... je refuse.

LOUSTAL.

Comme vous voudrez ; je ne demandais pas l'aumône... (Déployant le paquet qu'il a entre les mains.) Votre femme est jeune, elle aime la toilette, et je venais vous proposer une parure. (Lui présentant une parure de diatnans.) Vous ne vous seriez pas ruiné pour ra'acheter celle-ci.

DARBERT, après avoir regardé les diamans.

Où l'avez-vouseue ?

LOUSTAL.

Il y a un mois que je l'ai achetée à un confrère qui la tenait d'une dame ; je croyais pouvoir m'en défaire.

DARBERT, à part.

Les diamans de Fanny 1... elle les a vendus...

LOUSTAL.

Et aujourd'hui il faut la payer.

DARBERT, à part.

Vendus secrètement pour cacher les désordres de son amant peut-être... Ah! c'est infâme.

LOUSTAL.

La gardez-vous î

DARBERT.

Oui, faites un reçu. ( Loustal s'assied dcvatl une table. Darbert regardant les diamans.) La preuve que je désirais, la voilà! déjà!.. . Ah! Fanny, Fanny! (// tombe mir un fauteuil et y reste quelque temps; se relevant.) Allons, soyons calme, et que rien ne me trahisse jusqu'au moment où je pourrai les confondre tous deux... ce soir, oui, ce soir même, peut-être...

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