‹ Un service d'ami vaudeville en un acteChapitre 11 sur 32 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M“* ULAVEAU.

Savcz-vons, M. Molard, que noua vous voyons bien rarement... ce n’est pas bien de négliger ainsi vos amis !

moi. < ni>.

Ab ! Madame , que de bonté !..

M** BLAVEAU.

Mon mari vous porte une amitié si vive, que je voudrais vous voir plus souvent avec lui.

MOLARD, dont l'embarras augmente.

Madame... certainement... autrefois... mais aujourd'hui... et puis... voyez-vous... car enfin... (A part.) Allons... je m’embrouille, je barbotte... je ne sais plus ce que je dis...

M** BI.AVF.AV, i part.

Qu’a-t-i! donc? (nam.) K te usez ma franchise, mais je vous trouve , en ce moment , l'air contraint.. embarrassé...

MOLARD

Ma foi , Madame , mon air n’est nullement trompeur... (A dcml-voltt.) Car je ne sais comment m'y prendre pour vous confier certain secret.. (A part.) Qu'est-ce que je risque ?

M** RLAVEAU.

Un secret?

MOLAnD, tragiquement et toujours à demi-voix.

Oui... un secret qui me pèse, et dont je ne puis contenir plus long temps l'explosion...

M“* blaveau, gâtaient

Ah! mon Dieu, M. Molard, tomme vous me dites cela... parlez... je vous écoute...

(Elle s'assied.)

blaveav, paraissant a la porte du cabinet, et bas

a Molard.

Va donc... mais va donc...

molard, a part.

Allons... bon , voilà le diable de mari qui est aux aguets, à présent... impossible de dire la vérité...

M*' ULAVEAU.

Eh bien! Monsieur, ce grand secret?

MOLAnD, A part.

Puisqu'il le veut absolument,

BLAVEAU, bas i Molard.

Ferme et de la verve... surtout...

molard, avec explosion.

Madame... cela va vous paraître bizarre...

hétérogène... fantasque... ça l’est... oui... ça l'est... j'en conviens , mais la chose est réelle... Depuis trois mois environ, je ne mange plus... je ne bois plus... les meilleurs atimens me semblent fades et sans goût... ma dent paresseuse les repousse avec dédain... bref... je me dessèche... voilà le mot... fatigué de cet état de choses, j’ai interrogé mon cœur, et il m'a répondu : une femme... que dis-je? une femme ! un ange existe... tn l’aimes, Polyrarpe, tu l’adores... tu l'idolâtres... et cette femme... cet ange, objet de ton idolâtrie... c’est...

M“* BLAVEAU, l'interrompant.

C'est ma nièce qui attend à Meluu votre nomination de commissaire-priseur.

MOLARD

Votre nièce ? non , Madame, ob! non... la femme qui me consume... la fcntuic qui dérange

ma constitution... c’est vous... c’est vous... cette passion est plus forte que ma volonté... elle me subjugue, me tyrannise, m'entraîne au-delà de tonte espère tic liornes, et me rendra le pins malheur eux des hommes, si vous n'avez pitié de mon martyre !..

BLAVEAU , A lui-même.

Pa mal... pas mal... mais pas assez de chaleur!

M-' BLAVEAU.

Eh quoi ! Monsieur, c’est vous qui osez me tenir un pareil langage...

MOLARD

Ce langage m’étonne autant que vous... mais une force irrésistible me pousse... oui, oui, je vous aime... je dois vous le dire... je le dois! C’est vrai!., (a part.) Je lui parais sans doute fort bétc! quand on fait l'amour de force... (Haut.) Charmante Amélie , un mot... un seul mot de pitié...

M" BLAVEAU, riant

Ah! ah! ah! ah!

Vous me méprisez!., ah! ne m'accablez pas...

M“* BLAVEAU, regarde Molard froidement et rit encore plus fort

Ah! ah! ah! non. Monsieur, je ne vous méprise pas, vous me faites rire, voilà tout... ah f ah !

MOLAnD.

Ce sourire, Madame, earhe-t-il un rayon d’espérance?.. (Tombant a ses genoux.) Répondez... répondez... (Godivet paraît au fond.)

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