‹ Un service d'ami vaudeville en un acteChapitre 13 sur 32 · CLAVEAU · texte numérisé non relu

CLAVEAU

Allons, allons, pas mal ! c'est déjà un petit commencement.

IIOLAHD.

Et qui n’aura pas de suite , je t’en réponds.

BLAVEAU.

Comment, qui n'aura pas de suite ?

HOLARD.

Non, morbleu ! mais rélléchis donc ! Si, par malheur, cette aventure était connue à Château- Cbinou, et surtout à Melun, où réside ma jolie future, un ne manquerait pas de me lancer mille et un quolibets sur ma défaite ; car, entre nous, je suis défait... Ta femme t’adore , et tu dois être bien rassuré.

BLAVEAU.

Voilà justement ce qui te trompe ; je ne le suis pas du tout.. Est-ce que, par hasard, tu t'imaginerais avoir joué la passion au naturel?

AtOLABD.

Mais il me semble.,.

BLAVEAU.

Erreur, mon ami, erreur complète : pas de conviction, d’entrainement; tu avais l’air contraint, embarrassé; des gestes gauches, un regard oblique... c’était un écolier réritaut sa leçon; parole d'honneur, tu faisais mal à voir.

AIOLARD.

Parbleu I j’aurais voulu que tu fusses à ma place.

BLAVEAU.

Je m'en serais autrement tiré ; au surplus, la faute n'en est pas à toi; nous nous y sommes mal pris. J’aurais dû t’infiltrer l’art de séduire, d’embraser les femmes; car, vois-tu.de belles paroles ne suffisent pas; il faut du positif.

Ai* : ContraUuM de Jacquaniia.

Toutes les belles Seront rebelles,

SI l’ou ne sait jeter adroitement Galanterie Belle et fleurie,

Tendres soupirs.

Doux souvenirs.

Dès le matin, une adroite marchande

Doit étaler modes, écrlns, bijoux;

De tous ces riens la femme est si friande.

Et s’en parer lui semble, bêlas 1 si doux.

Tendre chimère !

Plus de colère :

Salon, boudoir, tout s'ourre Sans retards.

In cachemire A tant d’empire,

Quand il est neuf... et qu’il porte six quarts.

Pour réussir, ce moyen est sublime;

C’est un mari qui te l’aura fourni.

En suivant bien cette douce maxime.

Tu deviendras un scélérat fini.

Toutes les belles, etc.

MOLARD

Tout ça est bel et bon ; mais ue compte plus sur moi pour te seconder dans tes extravagances. D'abord, je ne suis pas en fonds dans ce moment-ci... tu me prends à i'improviste, et tu me dis: Allons, va!., une déclaration... Tire-toi de là comme tu pourras... dis et fais des sottises, ça m'est égal... pourvu que tu fasses la cour à ma femme... Oh ! non ! je ne recommencerai pas.

nLAVEAU.

Ainsi, tu me refuses?

MOLARD

Positivement.

BLAVEAU.

Alors, tu renonces à la main de ma nièce?

MOLARD

Mais, pas du tout.

BLAVEAU.

Et tu veux que j’aille chercher le dandy en question... dandy, qui ne m'avertira pas du succès, s'il réussit.

MOLARD

Je veux te rendre à la raison.

BLAVEAU.

Et tu t’opposes à ce que je recouvre le repos ! Pol) carpe, uion cher Polycarpc, je t adresse une dernière prière : si tu nie pousses à la dernière extrémité, songe que je n'ai qu'une démarche à faire pour t’empécher d'avoir la place que tu sollicites.

Ata : Opendanl j« do ut. «ucor*. (rat

Allons, cède h ma prière,

Ou redoute mon courroux;

Et si ma nièce t’est chère...

molard.

Je veux être son époux!

Tu sais l’amour qui m’enflamme.

BLAYEAC.

Eh blcnl donc, voici ma loi...

Il faut séduire ma femme.

MOLARD

Soit : je séduirai la femme.

BLAVEAU.

j'aime mieux que ce soit toi.

MOLARD, à part

J’aime mieux que ce soit moi.

BLAVEAU , très content.

Oh! je t'avais méconuu... Pardon, mille fois pardon ! Pylade , viens dans les bras de ton Oreste.

(U serre Molard dans ses bras, Godlvet parait au fond et reste interdit.)

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