SCÈNE XIV
BLAVEAÜ , MOLARD.
BLAVEAU.
Ah ! eh bien ! l'écrin ?
MOLARD
Le voici.
BLAVEAU.
Que je l’examine encore... C'est superbe!,, rien de plus riche, rien de plus gracieux que ce chiffre... Mais tu aurais dû envoyer cette parure avec le bouquet
MOLARD
Ah! ah! M"* Blaveau t'a dit.. J’ai cru bien Caire...
BLAVEAU.
Et tu as bieu fait; c’est un acheminement...
Cependant , tu n'es pas aussi fort que je l'aurais cru.
Comment , je ne suis pas fort?
BLAVEAU.
Non ; tu as perdu un temps précieux , tu flânes, tu flânes , comme si nous avions des siècles devant nous... Ce matin, tu as fait ta déclaration , mais je n’en suis guère pins avancé; car, enfin, on ne m’en a pas dit un mot de cette déclaration , à moi ! (D'un air triomphant.) à moi, Anténor Blaveau, partie intéressée !
MOLARD
Ce silence prouve, au contraire, le peu d’importance qu’elle attache à mon autour.
BLAVEAU.
Mon aiui, j’y vois plus clair que toi... et quand je dis que je ne suis guère plus avancé que ce matin, j’ai tort; car j'ai un commencement de preuve que sa fidélité n'est pas inébranlable.. * je veux en finir. Il faut que j'aille à la Bourse avant dîner; je prierai ma femme de te tenir compagnie ; mais je t’en supplie, sois passionné, ébouriffe tes cheveux , parle de poignard , de poison... c’est vieux, mais c’est devenu moderne et ça manque rarement son effet sur le système nerveux de ces dames. Je vais t'envoyer ma femme. (AppeianL) Godivet ! Godivet!.. (Godivet entre.) Prie, de ma part, Blaveau, de venir, en mon absence, tenir compagnie à mon ami Molard.
GODIVET.
J’y vais, patron, j’y vais, (a part.) Si je savais devenir un jour aussi... melon! tranchons le mot ! j’irais froidement me précipiter du haut de l'Obélisque , la tète la dernière. (il son.)
Au revoir. Polycarpe, au revoir! Tu as le
champ libre... fais pour le mieux, et surtout n’oublie pas l’écrin. (Il sort par le fond.)