‹ Un spahiChapitre 3 sur 29 · PAUL, LE COMTE · texte numérisé non relu

PAUL, LE COMTE

PAUL. Ah! mon oncle!... moi qui comptais sur vous pour me défendre...

LE COMTE. Voyons, Paul, calme-toi, Nous ne sommes plus que nous deux, l'atfaire peut s'arranger.

PAUL. Mais il fallait parler devant ma tante... la faire revenir de sa décision.

LE COMTE. Si lu crois que c'est facile... avec l'orgueil et la ténacité de sa souche... C'est une Marcassat!..

PAUL. Eh! qu'importe?...

LE COMTE. Une Marcassat, songe donc!...

D'autant mieux qu'elle a raison... c'est pénible à dire, mais elle a raison.

PAUL. Vous l'approuvez!...

LE COMTE. Oui, je l'approuve... Eh! n'y a-t-il donc pas d'autres femmes que Henriette?... Courtise-les, mort-Dieu!... D'ailleurs, neveu d'un attaché d'ambassade, tu dois te lancer dans les divinités de l'Opéra... C'est l'usage, tu le sais bien.

PAUL. Non, mon oncle, je ne sais pas.

LE COMTE. Comme on élève la jeunesse aujourd'hui!...

▲ir : De sommeiller encor, ma chère.

C'est une époque de lumière, Et l'on prétend que, de nos jours, Tout grandit, progresse, s'éclaire!...

Oh! non, Messieurs, non, pas toujours... Sur un point da haute importance Lorsque je l'interroge ici.

Il est vraiment d'une ignorance Dont nous eussions jadis rougi !...

Bref, tu es jeune, aimable, joli cavalier, cela doit aller tout seul... Ah!... c'est-à-dire, as-tu de l'argent?

PAUL. De l'argent, pourquoi faire, mon oncle?

LE COMTE. Pourquoi faire?... il est délicieux!.. Tiens, voici quelques petits papiers qui ne nuiront pas à tes succès.

PAUL. Des billots de banque!...

LK COMTE, à part. Pourquoi faire?... Il est charmant!... (Tirant sa montre.) Neuf heures!... c'est le moment où je lis le Moniteur d'un bout à l'autre.

PAUL. Mais, mon oncle...

LE COMTE. Allons, au revoir, Paul ; et rappelle- 'oi ce que je l'ai dit, que diable!... Ah! si j'étais

à ta place... Sois à la hauteur des Rochebrune... sois scélérat!,..

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