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de la densité de la vapeur du soufre: Nous avons dit alors que si on la regarde (la vapeur de soufre) comme formée par la condensation de trois équivalents de soufre en un seul, l’anomalie observée dans la densité de sa vapeur disparaît complètement.
Nous avons proposé, à la même époque, de considérer l’ozone comme un groupement triple analogue (000) (!) correspondant à la vapeur de soufre (SSS) et à (SOO) (®).
La même année nous avons étudié la question du polymérisme des corps hydrocarbonés tout en cherchant à expliquer l’allotropie des éléments par une polymérisation des corps simples avec changement dans les propriétés chimiques. Ces substances, * disions-nous,” que l’on considère comme élémentaires, peuvent subir un changement dans leurs équivalents ; elles subissent en même temps une modification dans leurs densités.
n En comparant le poids équivalent ordinaire d'une espèce quelconque avec sa densité, on obtient la notion du volume de l'atome et l'on peut dire, des espèces polymérisées dont l'augmentation de la densité est égale à celle de leur
(*) Clausiu: à exprimé la même idée en 1858 ; voir les Annales de Poggendorff, ‘ivraison d'avril, t. CITE, p. 644. W.S. () Voir plus loin, $ 56.
poids équivalent (de scrte que le volume atomique n’est pas altéré), que deux ou trois molécules se sont réunies pour en former une nouvelle. C'est ce qui se produit avec le soufre et aussi, comme nous l'avons démontré, avec les composés du mercure, du cuivre et du fer.
” Les soi-disant espèces élémentaires peuvent donc avoir des poids atomiques différents, en relation simple entre eux, et présenter des caractères très variés dans ces divers états. Quand nous disons que l’une de «es espèces est formée de deux ou de trois atomes d’une autre condensés en une seule espèce, nous nous servons d’expressions conventionnelles. Nous ne pouvons plus attribuer aux poids atomiques de nos éléments une valeur absolue, c’est-à-dire les regarder comme étant les poids des corps véritablement élémentaires. Il suit de là que l’un des caractères distinctifs des corps simples perd complètement sa valeur. » En développant ces idées, nous avons en même temps émis la pensée que le charbon de bois, le graphite et le diamant ne sont que » des inodifications polymères du carbone élémentaire ; » le premier est une “ espèce d’anhydride dérivé de la cellulose. » En outre, nous avons exprimé l'opinion que le phosphore rouge amorphe pouvait être également un
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corps polymérisé. La question pourrait être résolue, disions-nous, » en déterminant le poids spécifique du phosphore dans cet état. »
$ 6. En 1854, nous nous sommes occupé de nouveau des transformations chimiques. Relativement à la double décomposition,nous disions, en nous appuyant sur la formation d'anhydride arsénieux et d'acide chlorhydrique par l'action de l'eau sur le trichlorure d’arsenic : » cette décomposition de la solution de chlorure d’arsenic fournit un exemple de ce que l'on a souvent nommé l'affinité double élective (attractio electiva duplex}. On l'explique généralement en disant que l'attraction de l’arsenic pour l'oxygène et celle du chlore pour l'hydrogène disposent le chlorure et l’eau à se décomposer mutuellement. Mais ces corps élémentaires n’existent pas réellement dans la solution, bien qu’ils soient des résultats possibles de la décomposition; expliquer le phénomène de cette manière c’est donc l'attribuer aux affinités d'espèces dont l’existence n’est pas encore réalisée.
La double décomposition, disions-nous de plus, » comprend toujours une union de corps suivie d'une division ; mais on ne peut pas arréter, le plus souvent, l'acte après la première phase. Dans des conditions différentes de tem-
pérature et de pression, on peut observer le contraire de l’union qui était à prévoir. Le mercure et l'oxygène nous fournissent un exemple de ce cas : la combinaison Hg +0 = Hg O se produit à une température inférieure à celle qui provoque la décomposition Hg O = Hg + ©." Quand Ia division se fait de manière à ne pas reproduire les corps primitifs, mais à former des substances nouvelles, on a la double décomposition. C est seulement en la considérant comme une combinaison momentanée suivie d'une décomposition, que la double décomposition peut être comprise et qu'on la trouve conforme aux faits connus. Nous pouvons conclure des limites restreintes de température entre lesquelles se produit souvent un phénomène chimique, ainsi que de la facilité avec laquelle la lumière, la chaleur, le frottement et la pression déterminent la décomposition de substances telles que le chlorure d’azote, le nitrite d’ammonium, les oxydes du chlore et les fulminates des métaux, que beaucoup de corps jouissent, l'un pour l’autre, d'affinités susceptibles de se renverser à la suite d’un faible changement dans les conditions extérieures. On pourrait se rendre compte, de cette manière, de beaucoup de phénomènes de ce genre, encore obscurs aujourd’hui, qu'on a
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désignés comme résultant d'une action de présence ou catalytique (7).
$ 7. Ces idées ont été reproduites en 1861, de la manière suivante : » On peut embrasser toutes les transformations chimiques dans deux catégories : 1° une union (identification) et 2° une division (différenciation). Quand une substance unique devient le siège d’une transformation, on a affaire à une #étamorphose ; celle-ci peut être le résultat d'une condensation ou d’une dilatation (difiérenciation homogène). Dans la wétagenèse, au contraire, il y a union ou identification de deux corps différents suivie, dans beaucoup de cas, d’une différenciation hétérogène, donnant lieu à deux corps nouveaux; c'est là ce qu'on nomme la double décomposition. n
Les résultats de la métagenèse chimique ont donné naissance à la théorie des radicaux composés et à celle de la substitution par résidus ; hypothèses par lesquelles on a cherché à exprimer les relations qui subsistent entre les corps
“1 combinants et leurs dérivés.
L'histoire chimique des corps est l’histoire de ces transformations. Elle nous donne, en effet, leur généalogie et en nous servant de formules typiques pour figurer comment les corps dérivent les uns des autres, nous n’exprimons rien autre
chose que les procédés ordinaires de formation des substances que l’on a en vue (8). »
$ 8. Dans un autre article, sur la nature des actes chimiques, nous disions, en 1853 :
n Les espèces chimiquement définies sont homogènes; fofa in minimis existit natura. n “ La combinaison chimique ne résulte pas d’une juxtaposition de molécules, mais c'est une interpénétration de masses.n n L'union chimique est une interpénétration, comme le dit Kant, et non une juxtaposition comme l'admettent les atomistes. Quand des corps s'unissent, leurs masses, ainsi que leurs propriétés spécifiques se perdent dans celles de l'espèce nouvelle (4). (1855.) En 1855, nous avons ajouté, à propos de la définition de Kant, qu'elle est une conception mécanique et, pour cette raison, insuffisante pour donner une idée satisfaisante des faits. La définition de Hegel, ensuite de laquelle l’acte chimique serait une identification des choses différentes et une différentiation de ce qui est identique, est pourtant complète.
La combinaison chimique implique non seulement une identification des volumes des corps composants (interpénétration au point de vue mécanique) mais aussi une identification de leurs caractères spécifiques qui se perdent dans
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ceux de la substance nouvelle (7). En exposant autrement la même idée, en 1867, nous avons écrit, dans notre critique des vues émises par Macvicar et par Gaudin sur » l'architecture des molécules cristallines n que » la nature forme des espèces chimiques par l’interpénétration et par l'identification et non par la juxtaposition des éléments chimiques (10). »
$ 9. En revenant, en 1874, sur cette question, nous disions : » Les corps qui se combinent chimiquement finissent par occuper, en même temps, le même espace et l’on ne doit plus regarder l'impénétrabilité de la matière comme un fait. Les volumes des corps qui se combinent se confondent et toutes les propriétés physiques et physiologiques qui nous permettaient de définir les substances, disparaissent, la masse seule demeurant sans changement.
n Le diamant se dissout dans l'oxygène et les caractères du chlore et du sodium ne se retrouvent pas dans le sel marin. Dire que la combinaison chimique est, dans son essence, une identification, comme Hegel l'admet, nous paraît être la proposition la plus simple possible. Le type de l’acte chimique se trouve dans la dissolution ; celle-ci permet, par un changement des conditions physiques, de reproduire les espèces primitives dont elle dérive (17). ”
$ 10. On peut donc dire que les transformations chimiques consistent, pour nous servir de l'expression de M. Herbert Spencer, soit dans une condensation intrinsèque, sont dans une dilatation intrinsèque (*) ayant pour résultat la production d’espèces nouvelles qui seront, à leur tour, des espèces chimiques, c’est-à-dire de l'ordre minéral et non organique. » Toutes ces espèces peuvent être regardées comme formées d’un seul élément, ou matière primordiale, par voie chimique. »
u L'espèce chimique est quantitative dans son essence mais elle atteint l’individualité dans le cristal (10). » Les gaz, les liquides et les corps colloïdes ont une existence spécifique mais ne possèdent pas d’individualité ; la division mécanique ne les détruit pas.
n Les activités d’un cristal ne sont que dynamiques, et son individualité cristalline doit
(*) Le texte anglais porte: « Chemical change, then, may be defined as an integration or a disintegration.…. »
L'auteur propose, d’après le conseil d’un philologue de ses amis, l'expression condensation intrinsèque comme reproduisant le mieux, en français, le sens qu'il attache, en anglais, au mot integration
Une combinaison chimique, accompagnée d'une diminution de volume, serait une condensation intrinsèque, tandis que les diminutions de volume sans changement chimique produites par l'abaissement de la température, ou par la pression, seraient des condensations extrinsèques. W.S.
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être détruite avant que sa substance puisse devenir l’objet d'un acte chimique. Les plantes et les animaux, au contraire, ne manifestent pas seulement des activités dynamiques et chimiques, mais ils jouissent encore d'activités organogéniques ; on a désigné celles-ci sous le nom de phénomènes vitaux. »” Toutes ces activités sont nécessaires pour la conservation de l'organisme.
L'étude de ces activités vitales forme notre troisième partie de la physique; nous l'avons nommée nilleurs, /a biotique.
n La minéralogie est la science de la matière inorganique : elle fait l'étude de ces phénomènes chimiques et dynamiques.
n La biologie, qui est la science de la matière organique, s'occupe en outre de l'étude des propriétés biotiques. Les activités dynamiques et chimiques qui donnent naissance, dans le règne minéral, à l'individu cristallin, se trouvent alors en équilibre statique.
u L’individu organique, au contraire, est en mouvement: il conserve son équilibre par un échange perpétuel avec le monde extérieur. »
u La physiologie de la matière, considérée en elle-même, est d'ordre dynamique; celle de la nature minérale est à la fois chimique et dyna-
mique ; tandis que celle de la nature organique est en même temps dynamique, chimique et biotique (14) (!). »
$ 11. Si l'on admet ces définitions, on évitera l'erreur de la plupart des savants modernes dont la tendance est de confondre les activités dynamiques avec la chimie elle-mêm ette erreur leur fait perdre de vue la nature essentielle de l’acte chimique ; celui-ci, comme nous l'avons
(*) Le tableau suivant donne une vue d'ensemble de ces idées ; il est d’ailleurs extrait, avec quelques changements, de la Mineral Physiology and Physiography, p. 29.