LA LOI DES VOLUMES
$ 40. » Les relations quantitatives des espèces minérales (chimiques) entre elles sont exprimées par leurs poids équivalents (10). » Au sujet de la relation du poids au volume, nous avons dit, en 1853: » les poids des volumes égaux de gaz et de vapeurs sont leurs poids équivalents: la science des équivalents chimiques est celle de l'équivalence des volumes. Conformément à l'hypothèse atomique, ces poids représentent les poids relatifs des atomes, et, comme des volumes égaux renferment le même nombre d’atomes, ceux-ci doivent avoir des volumes semblables, de sorte que l’on arrive, à la fin, à l’équivalence des volumes. » La condensation, qui accompagne le polymérisme, “ n’est évidemment pas une exception à la loi des volumes équivalents (4). »
Dalton, dans les remarquables études contenues dans sa théorie des proportions définies et multiples, » interprète ses découvertes au moyen de l'hypothèse de la constitution ato-
mique de la matière; celle-ci n’est cependa:it, en aucune façon, nécessaire à l'intelligence des grandes lois des combinaisons par poids et par nombre. Il était réservé à Gay-Lussac (!) de faire connaître une synthë. tout aussi belle en montrant qu'il existe également un rapport simple de volume dans les combinaisons des gaz ou des vapeurs et que toutes les transformations chimiques sont régies non moins par / volume que par le poids et les nombres. »
n Toutes choses, dit le livre de la Sagesse (*), ont été faites par mesure, par nombre et par poids (12). »“ Nous avions déjà écrit en 1853 :
“ Les rapports simples de volume que Gay- Lussac nous montre dans les transformations chimiques des gaz, se retrouvent dans tous les corps liquides ou solides; ils préparent la voie à une conception exacte des volumes équivalents de ces dernières espèces (5). ”
$ 41. Nous avons ainsi déclaré, dans l’exposé de notre philosophie chimique, que la théorie des équivalents chimiques est fondée sur l'équivalence des volumes et que la loi des volumes
(*) Dans sa théorie des volumes ; Mémoires d'Arcueil, 1809, t, 11, p. 207.
(*) C’est, en somme, une traduction libre du passage dont nous avons fait l'épigraphe de ce volume: « Omnia mensura, et numero, et pondere disposuisti. » Liber sapientiae, cap. XI.
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Gaytions
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est générale ; elle s'applique non seulement aux gaz mais encore aux liquides et aux solides qui sont des espèces à part et distinctes de leurs vapeurs.
Nous nous étions déjà demandé, en 1853," s'il n'existe pas un rapport simple et constant entre la densité de vapeur d’un corps et son poids spécifique à l’état solide » et de plus, » quel est l'équivalent qui correspond, dans un corps cristallisé quelconque, à un poids spécifique donné, ou bien, quelle est la grandeur de la condensation quand un gaz se transforme en une espèce solide ? » Nous avons ajouté: » si l’on connaissait ce rapport, ainsi que la grandeur de la condensation lors du passage d’un corps de l'état gazeux à l’état solide, on pourrait déterminer les poids équivalents des solides à l’aide de leurs poids spécifiques comme on le fait pour les corps gazeux (4). » Il nous reste à montrer pourquoi la solution de ce problème s’est fait attendre jusqu’en 1886, bien qu'elle paraisse comme une conséquence évidente des principes formulés depuis 1853.
$ 42. La raison du fait se trouve dans cette circonstance que, tout en proclamant l’universalité de la loi des volumes, nous croyions, conformément aux idées reçues sur les rapports de
volume des corps solides, que cette loi était subordonnée d’une manière quelconque à la forme cristalline. De cette façon, le volume des espèces solides ou liquides devrait être une grandeur variable au lieu d’avoir, comme pour les gaz et les vapeurs, une valeur constante. Gmelin énonce, dans son Æandbuch der Chemie, comme principe géncral découlant de l’étude des volumes des corps solides, que les corps isomorphesont des volumesatomiqueségaux (!).»
Otto (?) dit également, dans son savant mémoire sur ce sujet, que Dumas, dont les recherches ont été, avec celles de Leroyer, le point de départ de tous les travaux entrepris sur les relations entre les poids spécifiques et la composition chimique des corps solides, que l'égalité des volumes » dépend de la forme cristalline puisqu'elle n'existe que pour les espèces isomorphes. » Au sujet de la formule :