‹ Un tailleur pour dames, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 2 sur 19 · G UN TAILLEUR POUR DAMES · texte numérisé non relu

G UN TAILLEUR POUR DAMES

où je vais!... Parbleu!... je n’en sais rien moi-môme! heureusement que la clef était sur la porte.

FRANÇOISE, suivant Hector.

Mossieu7...

HECTOR, se promenant.

Mais je ne me trompe pas... ces meubles... je les reconnais; cette chaise que j’ai brisée d’un coup de pied, ce tableau que j’ai crevé dhin coup de canne... Cette fois, je la tiens!...

FRANÇOISE

Dites donc... hé! vous!...

HECTOR, sans l’entendre.

Elle a voulu m’échapper, elle a changé de logement.

Mossieu !...

HECTOR

O Mathilde ! idole de mon.... Non , ce n’est pas le moment de chanter. Veuve ingrate, je t'offre ma main et le beau nom d’Hector, professeur d’équitation... tu ne dis pas non... et lotit d’un coup... ô bizarrerie de la nature humaine!... lu me flauqucs à la porte, sous prétexte que je suis un peu jaloux et violent, (il frappe du pied.) Est-ce ma faute, si je t’aime, moi?...

FRANÇOISE

Mais, mossieu!...

HECTOR, même jeu.

Il paraît que son premier mari, lui aussi, était un Othello dans ce qu’il y a de plus foncé... qui lui en a fait voir de grises... et qu’elle a bien juré que jamais, au grand jamais...

(Hector s’arrête *.)

FRANÇOISE, s’arrêtant, le tirant par la basque.

Finalement, quoiqu’ vous voulez?

HECTOR

Tiens! celle grosse fille... elle est drôle... Tu es drôle, entends-tu, boulotte!...

FRANÇOISE

J’ m’appelle pas boulotte...

* Hector, Françoise.

HECTOR, à lui-même.

Encore une bizarrerie de la nature humaine!... Je suis fou, archi-fou de Mathilde, et je ne puis m’empêcher de remarquer que cette oie grasse...

FRANÇOISE

Cette oie?... moi?

HECTOR

Oui, toi!... Cette oie, c'est loi!

FRANÇOISE

Il m’ tutèye !...

HECTOR

Oui, je te tutèye... comme tu dis... et je t’embrasse... vlan!... (Il l’cmbrasso.)

FRANÇOISE

Ah! mais... partez... ou j’ tape. Ous qu’est mon balai?...

HECTOR

Je ne partirai pas avant d’avoir vu ta charmante maîtresse.

FRANÇOISE

Ma maltresse!... (Apart.) Plus souvent .. Un tapageur comme ça... (Haut.) Ma maîtresse est à Charenton !...

HECTOR

Folle!... O mon- Dieu I

Non!... Je veux dire qu’elle est allée se promener à Charenton.

HECTOR, frappant du pied.

Sortie!... Voilà bien ma chance!

FRANÇOISE

Par ainsi... filez, S’il VOUS plail. (Elle lui montre la porte.) HECTOR.

Oui... mais je reviendrai... Dis-lui... Non... ne lui dis rien! Cependant je veux qu’elle sache... Non, c’est inutile.

FRANÇOISE

Qui qui faudra dire qu’est venu ?

HECTOR

Qui qui faudra dire?... rienl... Il vaut mieux qu’elle ignore...

FRANÇOISE

Comment qu’ vous vous appelez?

HECTOR

Hein ?

FRANÇOISE

Vos nom et pronoms... quoi?

HECTOR

Mes noms?

Air : J’en guette un petit de mon âge.

Demande-les au lion en colère Quand dans sa tanière il rugit ; Demande-les au tigre, à la panthère.

Dont un chasseur enlève le petit ; Demande-les à l’aigle... Je m’abuse En lui faisant cette comparaison. ..

Il faut n’avoir plus sa raison Pour parler d’aigle à celle buse.

Doit-on parler d’aigle à la buse?...

FRANÇOISE

Buse à présent \

HECTOR

Oui, buse... mais gentille, fraîche, potelée... appétissante... Tiens... (Il l'embrasse.)

FRANÇOISE

Ah! c’est trop!... (Elle court prendre un balai.)

HECTOR

O bizarrerie de la nature humaine!... (il sort par le -fond. Françoise court après lui et donne un co.up de balai dans le vide.) FRANÇOISE, seule.

Il a bien fait de s’ensauver... Cheux nous, quand on- voulait m’embrasser, je donnais toujours du balai.

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