‹ Un tour dans les prairies à l'ouest des États-Unis [microforme]Chapitre 2 sur 44 · LE ‘ " \} Q · texte numérisé non relu

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et même sans langage ; car il parle un jargon mêlé d’osage , d’anglaiset de français. Avec cela t’était un rodomont et un menteur de première force. Souvent nous l’écoutions avec plaisir vanter ses terribles exploits, et raconter les affreux dangers auxquels il avait échappé. Au milieu de son discours il éprouvait parfois une telle contraction dans les mâchoires, qu’on eût dit qu’elles sortaient de leurs jointures. Quant à moi, je suis porté à croire que cet accident était causé par quelque fausseté qui avait peine à passer par son gosier; car je remarquai généralement qu’aussitôt après il nous lâchait un gros mensonge.

Nous avions fait jusque-là un voyage éxtrèmement agréable. Nous nous arrêtions, selon que l’ocrasion s'en présentait, dans les établissements des missionnaires, si éloignés les uns des autres: maïs en général nous pastinus la nuit sous des tentes, et à l'abri des bosquets qui bordent les ruisseaux. Sur la fin de notre voyage nous avions pressé le pas, dans l’espoir d'arriver à Fort-Gibson, pour accompagner les chasseurs osages dans leur visite d'automne aux prairies des buffles. L’imagination du jeune comte s'était surtout enflammée à ce sujet. Ce que le petit Tony lui racontait des habitudes sauvages des prairies l'avait rendu avide de goûter à son tour de cette vie sauvage. Rien n’était plus amusant que de le voir jouir d'avance des plaisirs qui l’atténdaient au milieu des Indiens, lorsqu’il partagerait leurs aventures ; mais il n’était pas moins curieux d'entendre les

gasconnades de Tony, qui s’engageait à lui servir d’écuyer dans toutes ses entreprises, et qui devait lui apprendre à jeter le lacet au cheval sauvage et à abattre le buffle.

« Et si nous pouvions seulement voir une prairie en feu ! disait le jeune comte.

— J'y mettrai le feu moi-rmème, » répondait le petit créole.

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