L’ELECTION PARTIELLE DE KENT
Pendant ce temps-là, l’élection du comté de Kent battait son plein. Le candidat libéral, M. Bourgeois, de Bouctouche, était un homme d’affaires très considéré et respecté, mais qui n’avait jamais été mêlé à la politique active. Le candidat conservateur était M. A. J. Doucet, un fermier qui s’était présenté contre M. Léger, à l’élection de 1921, comme progressiste, et qui avait reçu l’appui des conservateurs.
Cette fois-ci il se présentait comme candidat conservateur et recevait l’appui formel du chef conservateur de la province, l’hon. M. Baxter.
J’étais inquiet. Certains libéraux du comté étaient très enthousiastes et certains du succès, tandis que d’autres n’étaient pas satisfaits du tout. Le 20 décembre au soir, nous apprenons l’élection du candidat conservateur, M. Doucet, par une majorité de 298 votes. Ce fut pour moi un coup de foudre.
Ce comté m’était devenu cher, à cause de mon contact quotidien, à bien dire, avec son digne et noble représentant, l’hon. M. Olivier LeBlanc, mon collègue à Ottawa pendant onze années. Son successeur, M. Léger, m’avait été aussi très dévoué depuis l’année
J’entrevoyais la difficulté de regagner ce comté à la prochaine élection générale.
En effet, ce M. Doucet fut réélu à l’élection de décembre 1925, et battu à l’élection du 14 septembre 1926, par M. Bourgeois, le même candidat qui avait été défait en 1923.
Les fêtes de Noël et du Jour de l’An arrivèrent, et avec elles les télégrammes et les bons souhaits de mes enfants et petits-enfants, que nous avions laissés trois mois auparavant, ravivant notre affection, mais en même temps aussi notre chagrin d’être séparés.
Ces jours de fêtes passèrent toutefois agréablement; nous étions entourés des nièces et des neveux de ma femme, qui la considèrent comme leur mère et qui sont comme les nôtres à la maison.
L’année 1924 ne fut pas remplie d’événements nombreux, ni aussi importants que l’année précédente, mais elle fut intéressante quand même.
Le mois de janvier fut consacré au service des soldats et de leurs familles qui s’adressaient à moi. Je les renvoyais autant que possible à mon successeur aux Communes, M. Robichaud, afin de lui attribuer le succès, mais il m’en arrivait quand même de tous les côtés et même des provinces de l’Ouest où beaucoup des nôtres sont allés s’établir.
La session fut une des plus tranquilles depuis plusieurs années aux Communes aussi bien qu’au Sénat.
La chose la plus intéressante fut le budget du Ministre intérimaire des Finances, l’hon. M. Robb, qui présenta à la Chambre, le budget le meilleur, le plus libéral, le plus conforme au programme du parti depuis le premier budget de l’hon. M. Fielding en 1897, au retour du parti au pouvoir.
M. Robb démontra d’abord les revenus de l’accise de 1922-1923,
puis les dépenses. . n
Les revenus consolidés pendant cette année étaient de $394,- 614 900, soit une augmentation de $12,662,513 sur 1 annee precedente.
D’autres recettes se chiffrant à $8,479,310 dont $8,199,333 reçus du gouvernement impérial pour couvrir le change de remboursement à Londres, au Canada, du mois de juillet 1920 au 2 août 1921, élevant
le revenu brut à $403,094,210. .
Le total des dépenses de l’année était de $350,608,546, laissant un excédent de $52,485,633. De ce moment, $77,862,348 avaient été transmis aux chemins de fer, et $5,979,856 à la marine marchande
canadienne, formant une augmentation de la dette publique de $31,641,067.
Il démontra que la dette publique nette, le 31 mars 1923, était de $2,453,776,868, approximativement les recettes de l’année courante, l’excédent de nos revenus diminuant de $30,409,109, le chiffre net de notre dette publique au 31 mars 1923.
M. Robb annonça qu’il allait réduire les impôts, mais qu’il espérait compenser cette perte de revenu en appliquant une plus stricte économie aux dépenses.
Il annonça ensuite les diverses réductions de la taxe de vente et de la taxe de droits de douane.
Ce sont ces réductions qui ont rendu ce budget si populaire. Les instruments de production étaient ceux qui recevaient les plus grandes réductions. Les faucheuses, les moissonneuses, lieuses, les herses et les batteuses recevaient toutes de grosses diminutions, de même les chariots pour la ferme, les engrais, etc., etc.
La taxe de vente fut supprimée sur tous ces articles, groupés sous le titre d’industrie agricole. Le budget accordait aussi aux fabricants de machines, l’entrée en franchise du fer en gueuse, du fer et de l’acier en barres quand ils servent à la fabrication des moissonneuses, faucheuses, ou lieuses, et cela au lieu du drawback de 99 pour cent, et enfin bien d’autres diminutions.
L’industrie de la pêche recevait aussi bien des avantages, de même que les instruments de mines.
Les progressistes furent certainement réjouis de ce budget, et ils avaient raison.
C était un budget bien à mon goût. Il contenait des mesures que j’avais suggérées depuis longtemps. J’écrivis immédiatement une lettre de félicitations à l’hon. M. Robb, qui connaissait bien mes vues sur cette question de tarif.
Pour ma part, en attendant ce budget, j’avais bien remarqué les divers problèmes mentionnés dans le discours du trône et surtout la partie qui annonçait une diminution d’impôts, telle qu’il serait possible de l’effectuer, devrait porter principalement sur la diminution du coût des instruments de production dans les industries qui s’appuient sur les ressources naturelles du Dominion.
Ce discours annonçait aussi que les taux de fret sur le grain dirigé vers les ports océaniques du Canada et de là à Liverpool serait aussi l’objet d’une minutieuse attention.
Je ne pouvais facilement laisser clore le débat sur l’adresse au Sénat sans exprimer mon contentement de voir ces promesses du gouvernement et mon espoir de les voir se réaliser.
L’adresse en réponse au discours du trône avait été proposée par l’hon. Sénateur F. F. Pardee, mon collègue aux Communes depuis 1905, un de nos meilleurs orateurs pendant toute cette période, et qui avait été whip en chef pendant plus de dix ans, jusqu’en 1917, alors qu’il était passé au gouvernement d'Union. Il était revenu au parti libéral aussitôt la guerre terminée.
L adresse fut secondée par l’hon. Sénateur Jean Léon Côté.
Comme je^ 1 ai déjà dit, le Sénateur Côté avait été nommé après a moit du Sénateur Forget, le seul Sénateur Canadien-français de la province de l’Alberta.
Il avait dû résigner son siège à la Législature d’Alberta, étant le seul candidat français qui avait été élu à l’élection de 1921.
Le 'discours de l’bon. M. Côté fut très instructif au point de vue des provinces de l’Ouest, et surtout de l’Alberta. M. Côté a été un des pionniers de 1 Ouest. Il s’est dévoué pendant trente ans aux intérêts de cette population, cherchant toujours le plus rapide développement des ressources de la région.
Je tiens à citer, à sa mémoire qui mérite d’être délicatement conservée, quelques phrases de son discours qui le feront connaître de tous ceux qui liront ces lignes. Mes fils dans l’Ouest ont été ses amis dévoués et ses admirateurs.
Après quelques mots d’introduction, il dit:
“Permettez-moi de vous dire d’abord que mes occupations antérieures jointes à une récente maladie ne m’ont pas préparé à l’éloquence parlementaire. Ayant quitté jeune encore la Province de Québec, berceau de ma famille, j ’ai été tour à tour arpenteur, pionnier, explorateur, suivi les montagnes ou les prairies, les traces des premiers découvreurs, apprenant chaque jour à mieux aimer mon pays; je suivais en cela l’exemple de huit générations d’ancêtres dont les sueurs ont arrosé le sol canadien, quand le sang même ne coulait pas pour sa défense, aux heures décisives de notre histoire.
“Je me suis enfin arrêté un jour dans mes courses pour fonder un foyer au coeur de l’Alberta, cette vaste province située au sommet de trois grands versants de l’Amérique du Nord, dont le sol est d’une fertilité incroyable, tandis que le sous-sol recèle des gisements considérables 'de charbon et autres minérais.
“Dans nos nombreuses rivières, alimentées par les neiges des montagnes Rocheuses, il existe des énergies illimitées, qui constitueront un système de transport naturel destiné à rendre un jour les plus grands services au point de vue d’une distribution économique de nos produits naturels tout en maintenant le sentiment d’unité nationale.”
Le Sénateur Côté exprima son regret de ce que les avis et les plans de Sir Sanford Fleming, au sujet de la voie transcontinentale du Pacifique-Canadien, n’aient pas été plus considérés, car Sir Sanford Fleming voulait faire passer la route par la passe de la Tête- Jaune (Yellow Head), et si cet itinéraire avait été suivi, la compagnie aurait épargné des millions et des millions, et les facilités de transport auraient été beaucoup plus avantageuses.
Sir James Lougheed, chef de l’Opposition au Sénat, qui prit la parole après le Sénateur Côté, et, qui était un autre pionnier de l’Alberta, doué de grands et réels talents, exprima de généreux sentiments à l’égard de son voisin dans cette province. Sir James se dit très heureux non seulement de lui adresser des félicitations, mais aussi de lui exprimer sa satisfaction de le voir au Sénat. “Depuis
plusieurs années, ajouta-t-il, il a pris une part active et importante au développement et au progrès de la province à laquelle nous appartenons tous deux, non seulement comme membre de l’Assemblée Législative, mais aussi comme Ministre, poste qu’il a occupé pendant plusieurs années. Je suis certain que M. le Sénateur Côté rendra encore de grands services dans cette Chambre.”
Dès les premières séances du Sénat, un comité spécial avait été nommé pour s’enquérir de l’efficacité du service civil, et la possibilité de réduire le nombre d’employés de manière a réaliser une économie sans compromettre l’efficacité du service.
Ce comité fut intitulé “Comité du service public”. Ce comité était composé comme suit : Les honorables messieurs Béique, Belcourt, Bennett, Black, Bradbury, Cal'der, Hardy, McCoig, Pardee, Robertson, Ross (Moosejaw), Ross (Middleton), Turgeon, Watson, White (Inkerman), et l’auteur de la motion, l’hon. M. Dandurand.
Ce comité avait une tâche ardue et importante. Ses sessions devaient être nombreuses et un grand nombre de témoins devaient être entendus.
L’année précédente il y avait eu un comité de ce genre nommé à la Chambre des Communes, mais on avait surtout cherché à amener une meilleure harmonie entre les membres de la Commission, d’un côté, et les sous-ministres et autres chefs 'de départements. Car il y avait des plaintes continuelles de la part de la députation et les chefs de l’administration rejetaient la faute sur la commission du service civil.
L’objet principal du Sénat était d’obtenir le meilleur service avec la plus grande économie possible en réduisant le nombre des employés plutôt qu’en réduisant les salaires, ce qui nuirait à l’efficacité du service.
Le débat sur l’adresse ne 'devait pas durer longtemps au Sénat, et il m’était difficile de ne pas donner mon approbation sur deux, au moins, des mesures énoncées dans le discours du trône. Celle projetant des réductions de tarif sur les instruments aratoires et autres instruments de production. L’autre, celle qui promettait que “de grands efforts seraient accomplis pour poursuivre la politique 'du commerce canadien par les ports canadiens.”
Les orateurs précédents avaient encore exalté la politique protectionniste, la politique de haut tarif. Encore une fois, je leur dis que je ne pouvais adopter ces principes. Pour le développement et le bonheur du pays, je ne pouvais approuver les mesures préconisées par certains représentants élevés dans un autre milieu que le mien et avec des idées qui différaientdesmiennes.
Je ne blâmais pas les protectionnistes sincères qui croyaient que seul un tarif élevé peut rendre le peuple canadien heureux et prospère. Mon expérience et mes convictions me font pencher pour le libre-échange toutes les fois qu’il est praticable. Au cours des quelques années dernières, il a été presque impossible d’imprimer un retour au libre-échange, mais l’heure est maintenant venue pour l’administration d’accomplir quelque chose dans ce sens. J’exprimai
mon admiration pour la sagesse du gouvernement qui a annoncé au pays, dans le discours du trône, son intention d’assurer une plus grande liberté de commerce et un plus grand développement de nos ressources naturelles, non pas par l’entière abolition du tarif, mais par la plus forte réduction possible des droits sur les instruments de production, que ces instruments servent au cultivateur, au pêcheur ou au mineur.
Aujourd’hui, les instruments nécessaires au mineur sont dispendieux, et les droits imposés sont presque prohibitifs. Ce régime encouragera les industries livrées à la production. Les cultivateurs qui ne se bornent pas aux productions de grains, et les autres cultivateurs des provinces des Prairies et nos producteurs de l’Est, tout autant que ceux de la Colombie-Britannique, ont besoin de tous les encouragements possibles pour rester sur le sol et y consacrer leurs fils et leurs filles. Plus nous augmenterons le nombre de nos producteurs, plus nous développerons les marchés au bénéfice des industries manufacturières et autres dans les villes. Les manufacturiers amélioreront leur situation, non pas en supputant leurs profits sur un faible rendement, mais en amplifiant leurs affaires au moyen de l’accroissement de la population rurale et par l’augmentation de la prospérité du cultivateur. Il vaut mieux pour le manufacturier de réaliser un profit de, disons $100 de moins sur un article, et d’augmenter son profit total par l’augmentation de son rendement et de son commerce.
J’étais certain qu’en attendant, cette déclaration de réduire le coût des instruments de production serait appréciée par tous les producteurs du pays.
Puis j ’abordai la question du commerce canadien par les ports canadiens.
On proposait aussi une mesure pour la construction d’embranchements de chemins de fer, qui avait été rejetée l’année précédente au Sénat. C’était avec regret que j’avais vu ce projet rejeté à la dernière session. Je ne voulais pas critiquer les motifs de ceux qui avaient voté contre cette mesure, mais je crois que dans l’intérêt général du pays et de nos chemins de fer nationaux, cette Chambre aurait dû suivre l’attitude prise à la Chambre des Communes. On se sert constamment de l’assertion que nous avons trop de voies ferrées dans notre pays. On affirme que nous avons trois lignes transcontinentales, qu’elles sont suffisantes, que nous ne devons pas en ajouter d’autres par mesure d’économie. Il faut se rappeler que nous avons, sous la gérance du directorat des lignes nationales, des lignes de l’Atlantique au Pacifique, et ces voies transcontinentales doivent être proprement alimentées, si nous voulons que le réseau prospère et qu’il suffise à ses dépenses. Ces lignes doivent attirer le commerce autant que possible et les sources nécessaires de l’accroissement de l’expansion commerciale de nos chemins de fer se trouvent dans les régions éloignées des lignes-mères. C’est pour rapprocher des principales lignes les produits de ces différentes régions éloignées que l’on se propose de construire les embranchements suggérés. Sans
ces produits, les lignes principales ne peuvent pas fonctionner avec profit, ni même sans perte.
Le Pacifique-Canadien avait aussi, à la dernière session, demandé au Parlement de lui accorder des chartes de trois ans pour lui permettre de construire des prolongements nécessaires au succès de ses affaires sur ces lignes, et plusieurs honorables messieurs qui avaient gratifié cette compagnie, que j’admire autant qu’eux, ont refusé d’accorder la même faveur au corps responsable de l’administration d’une ligne beaucoup plus étendue 'd’un océan à l’autre. Le même principe était applicable.
Les directeurs du chemin de fer Pacifique-Canadien méritent notre confiance et je considère que les administrateurs du réseau Canadien-National sont également dignes du respect et 'de la confiance publics. La réputation de Sir Henry Thornton, aux Etats-Unis et en Angleterre, comme président du réseau national, est de celle dont tout homme peut être fier et il inspire certainement l’admiration et la sympathie à tous les Canadiens. Par conséquent, nous aurions dû donner le même secours à ces deux corps dirigeants.
Je n’approuve pas, dis-je, ce que l’orateur qui m’a précédé, l’hon. M. Bennett, a dit sur cette question des embranchements, mais je suis avec lui d’esprit et de coeur sur une ligne qu’il a mentionnée. Je suis heureux de l’entendre exprimer l’espoir que le district de la Rivière de la Paix, au nord 'de l’Alberta et de la Colombie- Anglaise,, obtienne le prolongement de ligne qu’il demande pour permettre aux habitants de cette région de rejoindre le Transcontinental à Prince- Eupert, et d’atteindre les autres ports de la Colombie-Anglaise. La Rivière de la Paix est un des districts du Canada qui promet le plus pour l’avenir, non seulement à cause du blé qu’il produit, mais pour son rendement agricole et pour ses ressources forestières.”
J’exprimai quelques remarques sur le discours de l’hon. M. Bennett et j’attirai l’attention du Sénat et du gouvernement sur l’importance de cette demande.
Je parlai encore une fois de nos ports de mer canadiens, qui sont susceptibles de recevoir les marchandises de toutes les autres nations du Pacifique comme de l’Atlantique. La Providence les a répartis de façon à assurer le trafic du pays. Mais nous n’avons pas su jusqu’ici y faire converger notre commerce. Et, quand je parle de nos ports, je n’entends pas seulement le port de Saint-Jean ou celui de Halifax, mais de tous nos ports nationaux, et c’est un chagrin constant pour moi de voir chaque année soixante ou soixante-cinq pour cent 'de l’exportation de notre grain de l’Ouest prendre la route de Minneapolis ou de Chicago, ou celle Ûe Port- Arthur à Buffalo, et de là être dirigés vers New-York, Philadelphie et Boston. Si tout ce transport était canalisé en entier vers nos ports de l’Atlantique ou vers ceux de l’Ouest, quel énorme bénéfice en retirerait le pays. Si nous empêchions nos marchandises d’exportation d’être transportées par les voies ferrées américaines, tous les frais que le cultivateur de l’Ouest paie aujourd’hui pour le transport de ses produits aux ports américains seraient encaissés par nos compatriotes. Le travail
s’accentuerait non seulement à Saint-Jean et à Halifax, mais tout le long idu chemin de fer au Manitoba, dans le Nord de l’Ontario et dans la Province de Québec. Il ne s’agit pas d’un simple principe, mais d’une vertu patriotique qui devrait animer tous les Canadiens.
“Aucune nation, dis-je, n’a mieux servi ses propres intérêts que notre voisine du Sud, et je me borne à demander que nous l’imitions pour en faire bénéficier le Canada. La côte du Pacifique possède un très brillant avenir; j’admire sa population à cause de son activité et de son énergie qui lui ont permis d’orienter, en peu de temps, les produits de l’Alberta et des autres parties de l’Ouest vers ses ports, ouverts durant toute l’année. Je lui souhaite la prospérité comme je la souhaite aux autres provinces de l’Est. C’est l’esprit canadien qu’il faut implanter au pays. Le Canada est notre patrimoine commun. Je rappelai encore une fois les avantages du Transcontinental de Winnipeg à Halifax et Saint-Jean, sous tous les rapports.
Deux années se sont écoulées depuis que j ’ai prononcé ce discours. Les choses sont encore dans le même état. Toutefois, le temps approche où enfin, je crois, cette voie ferrée sera reconnue pour ses immenses avantages, et alors les Provinces Maritimes prospéreront et tout le Canada s’en ressentira.”
Une dizaine de jours après ce discours, je recevais des journaux de la Rivière de la Paix, dans lesquels on me félicitait et me remerciait de mes paroles en faveur de leur district.