SCENE XXV
ATHANASE, JENNY, MIRANCOCRT, VA- LENTINE, ÀLBEBT, ÉMILE.
Émile, voyantentrer Athanate couvert de tueur et de poussière.
Monsieur Athanase Giraumont l ATHANASE.
1 Je n’ai pas pu l’atteindre, et.. .
, athanase et MIRANCOCRT teregardent et t'écrient < ensemble.
; Grand Dieu ! c’est lui !
ATHANASE, courant à Mirancourt, les bras ouverts. Le voilà, mon beau-père l ' * ' ’
mirancourt, le repoussant et te retirant. * # Jamais ! c’est mon homme à la trente-deuxième ! J’aimerais mieux que ma fille ne se mariât de sa vie. ( Valentine le regarde d’un air suppliant. A Albert.) Monsieur, elle est à vous... Mais que d’événeraens dans une matinée ! c’est prodigieux! j’en al un éblouissement. Qui est-ce qui a fait cette macédoine-là?
JENNY
Allons, on demande l’auteur, montre-toi!
Émile, t'avançant et se plaçant entre Mirancourt et /‘ôlentiite.
C’en moi, monsieur.
MIBANCOLâT.
Vous?
ALBERT
Mon ami.
athanase, avec indignation.
à!on collaborateur !
MIRANCOURT.
Ah çà, monsieur n’est donc pas maître d’hâlelf ALBERT, riant.
Monsieur fait des vaudevilles -
ÉMILE
| Et je viens d’en terminer un, dans lequel chacun de vous a fait sa part et joué son rôle.
ATHANASE
J’en suis, j’ai assez couru pour cela.
I MIRANCOURT.
C’est inimaginable ! Vous vous amusiez là à composer un vaudeville... et je suis un des personnages...?
; émilb.
i Remarquable, monsieur!
MIRANCOURT.
| Ainsi vous êtes arrivé au dénouement, et il ne I vous manque plus rien?
ATHANASE
{ Que le vaudeville final I
C’est juste, nous allons le faire ; chacun son cou j plet... Voyons: Air... de la Fimilte de l'Apothicaire le refrain ?...
ATHANASE
Ote-toi d ’ ta que j’ m'y mette.
ÉMILE
Bien! Allons, ma femme, commence.
i J EN NV.
Comment, tu veux?. .
ÉMILE
N’es-tu pas de la pièce?... et puis, le premier | couplet n’a pas besoin d’être fort
JENNY
j Je vais essayer.
Elle chante,
J , A li fleur succède le fruit,
, Au printemps l'été, qui le chasse;
•; Dans ce monde, hélas! tout finit.
Tout s'oublie et tout se remplace.
! Grands, petits, gens d'états divers.
Beauté, talent, courbes la tête !
La loi, qui régit l'univers.
C'est : Ote-toi d’ là que j’ my mette
| Pas mal, pu mal... erst suffisant! A toi, Albert.
AUERT
I élections et changement,
! Cabinets de courte duree,
I Chaque crise, pour bien d«J gens,
MAGASIN THEATRAL
fi«t une nouvelle eu rit.
Fi donc d’nn repos éternel I Au mouvement qu'on te *oumett* t LVtat constitutionnel.
Cent : Ote-toi A' U que j' m'y mette.
inu.
Hum! hum ! couplet politique!... la censure ne le laissera pas passer... Enfin, nous verrons... à mol.
▲Tl ah am, raillant.
Oh! le fort! écoutons!
im île.
Sur 1a rivière et sur la mer J* aime que la vapeur m'entraîne ;
J'aime encor le chemin de fer.
Lorsque, sans malheur, il me mène. ‘
Mais bientôt, pompt comme l'éclair,
Dana un ballon, moi, le m’apprête A dire au citoyens de l'air t Otes-voua de là que j m'y mette.
ATBANA8S.
Gentil, gentil!... Brazier en faisait de meilleurs... Oh! je tiens le mien! couplet de grâce... j anacréon tique...
Hier, j'offris à ma Chloris
Bouquet de fleurs fraîches écloses ; ,
A son corset elle l’a mis..'.
Son teint brave l’éclat des roses.
Je dis, le voyant enlace Au rubans de sa collerette :
Heureux bouquet! trop bien place.
Ote 'toi de 11 quej' m'y mette.
Akilb.
Monsieur Athanase, monsieur Athanase, c’est j un peu gaillard ! Maintenant, lecoupletau publie... j par une dame. C’est d’un bon effet.
Il prend Valrntine par ta main. *
mira 5 cour t, r arrêtant.
Kh bien! et moi donc !
imu.
Comment, monsieur Mirancourt, vous voulue chanter votre couplet?
■ULAHCODUT.
Certainement! et m’y votd.. c’est un couplet
de circonsUnce.
Il chante. |
La canne...
ÉM IL*, l’interrompant.
La canne l vous allez parler de l'épouae du ennard?
MIBAKCOU1T.
Eh ! non ; c’est de la canne à encre qu'il git...ne m’ Interrompez pas.
Il chante.
La canne, qui jadis n'avait Point de rivale pour le lucre,
A la cousine du navet
Disait : Va donc ta faire sacre t
A son tour dans mon sucrier.
Chaque malin j’eutends la botte Rave, à feu la canne, crier t Ote-toi de là quej’ m’y mette...
J'entends Is bett'-rave crier :
Ote-toi de lè que j’ m’y mette.