SCÈNE VI. Il
CÉCILE
Qu’est-ce que c’est donc?
JÜLIETTB.
Rien... c’est Un rêve que j’ai fait...
CÉCILB.
Raconte-le-moi... je te l’expliquerai.
JULIETTE
J’ai rêvé... de ce berceau de Minerve, de celte surprise quo m’a faite mon mari ; et puis encore de...
CÉCILE, s'impatientant.
De?
JULIETTE, hésitant.
De Paul...
CÉCILE
Oh!... alors, je veux tout savoir, j’y ai droit d’abord...
JULIETTE
Non, non, je he veux pas.
CÉCILB.
Tu ne veux pas? Eh bien, puisque c’est comme ça, je dirai à tout le monde que tu étais... comme les perdrix qui ne sont pas rouges...
Eh bien, puisque tu le veux absolument, j’ai rêvé, celle nuit, qu’hier, après souper, Paul m’emmenait dans le jardin, en me parlaut de son amour pour toi.
CÉCILE
Mais c’est tout naturel... Il t’en parle toujours; ça t’est revenu en dormaQt...
JULIETTE
Il me suppliait d’obtenir le consentement de mon mari...
CÉCILB.
C’est très-bien, tout cela...
JÜLIETTÉ;
Jusqu’à présent, oui... mais, chose êtïange... j’ai bien envie d’en rester là...
. CÉCILB.
Oh ! tu m'agaces !... mais, chose étrange?...
JULIETTE
Sa voix était tendre, comme s’il m’eût priée pour rrteimême.
CÉCILB.
Plalt-il?
JULIETTE
Tu sais comme sont les songes... on passe d'une situation
UN VERRE DE CHAMPAGNE, dans une autre, brusquement... sans s’en apercevoir
(Musique à l’orchestre.)
CÉCII.E.
JC Sais, je sais... (Juliette lui prend le bras et continue {à causer lias avec Cécile ; elles ne voient pas Léonard , qui sort de la chambre de droite.)