ABLETTE , MARINE
( Balandar ramène Ablette: il a une miche brûlée. Ablette court embrasser son père.)
ENSEMBLE
Ai* : Z. mette.
Plu* de crainlrt, plu* d'alarmes,
T«u* I*-* datigir* sont Uni*.
Que ce mourut a de durai*» I
Von ne um ...
.. , ce* rôo».
Nou* ne srroea '
j balandar. Le feu est éteint. .. et tnadeiiioiselle a repris ses sens... Que les nuages se dissipent...
barbillon. Le dommage ctt-il considérable ?
balandar. Presque rien... trois fagots., une mèche de mes cheveux. . .
coqenpot. El ma casquette?
balandar. Ali! ma foi... je crois qu’elle est flambée aussi.
coqenpot. C'est agréable... Trois francs cinquante centimes de consumés!
ABLETTE. Ah I mon père, j’ai eu bien peur. ..
MARINE. Mais c’est que ça flambait déjà jolinient .. et si monsieur ne s’était pas jeté au
milieu des flammes avec un courage de pom pier... Ab ! c’était superbe à vuir!...
barbillon. Balandar, redonne-moi ta main...
ralandar. Ali! capitaine... vous me tutoyez... je suis pavé...
barbillon. Triple canonnade !... une telle action mérite sa récompense. .. Balandar, to es sans place ?
balandar. Non, capitaine... je ne suis pas sans place, si j’en ai one dans antre cirur.
barbillon. C’qs! spirituel ce que ta dis là... mais je veux tVn donner une plus lucrative... celle de pr-mier commis dans ma maison. Dix-huit cenis francs, la table et le logement, ça te va-t-il?
balandar. SI ea me va?. . . comme li rosée de mai sur la vague en furie!
COQENPOT. Dites donc permette!
C’est ma place que vous lui donnez là ?...
■barbillon. Coqenpot, je vous domft ma fille, à vous; c’est encore bien assez... car vous nous avez laissés là en pane.
balandar. Ah! n’accusez pas mon sauveur... Un -petit incendie dans un caveau... vous concevez... c’éüdt trop peu de chose pour lui... homme intrépide!...
barbillon. Est -il reconnaissant !.,.
coqenpot, à part . Oui, il m’appelle sua sauveur ; mais, en attendant, il me prend uu ch mbre , il me prend ma place... il mange de l'anguille... moi, j’ai très-mal déjeuné..
barbillon. Venez ici, Coqenpot, nous allons ? ur-lc-chainp poser les harpons de Jrotre mirât de mariage. {Il sr dirige ter» une table à droite, t'assied et écrit.)
COQENPOT. Ah ' oui, posons- les. (.4 part.) Lnc fois marié, je flanquerai mon IMade à la porte...
BARBILLON. Balandar, repose-toi de tes fatigue». près de ma fille; Ablette, je t’autorise à prodiguer tes soins à mon nouveau commis, car il est aussi ton sauveur.
ABLETTE. Olj! Oüi, IHOII père. ..
coqenpot, à part. Je crois que nous finirons par nous sauver tous ici.
balandar, attirant Ablette de Vautre d4e de la scène. Kh bien, U-udre Ablette, vou> le voyez, ça roule comine une boule au cochonnet!...
ablette. Vous ne voyez donc pas mou père qui rédige mon contrat de mariage avec monsieur Coqenpot?...
balandar. Avant qu'on ne signe ce contrat. j'aurai aplati entièrement mon rival., quand je devrais démolir la maison.. . riezvous à moi, ô Ablette ! vous ne serez point madame Coqenpot .. je le jure à vos pieds.
{Il lui baise la main.)
COQENPOT, se retournant et les apercera* >.
Eli bien ... c'est gentil... mon Castor continue à me suppléer.
balandar, à part. Ah! diable... 9 m’a vu... ça se complique.
coqenpot. Fallait pas vous déranger...
balandar. Ce cher sauveur... je suis sûr que vmw vous figurez des choses. .
COQENPOT. Mais savez-vous que vous ni« donnez le droit de vous traiter de canaille. . de va- nu-pied*... Mais si je prends ce pilon je vas vous pulvériser... (// prend un pilot placé au fond et le Uct sur Balandar.)
barbillon, courant te mettre entre eux.
El» quoi, «non gendre, vou» levez h* pilon sur crfm a qui fous avez sauvé la vie?
BALANDAB. Lai*<ez-le me piler. . qu’il nv* pile... Je n'opprtscrai aucune résistance... je ne lui en vomirai pas.
rARBii.i on. Traiter de la sorie mon pre- 1 mier élève... Corsaire d’uifor! qu'a-t-il dune fut?
coq F. n pot. Vous ne l'avez donc pas vu !
tout à l'heure, auprès de votre fille... lui! baisant les index... rien que ça!
barbillon. Mille sabords!... Ablette, ré - 1 ponds : Ibdandar était-il en r fT. l dans la pu 1 sinon galante qn'oo vient de décrire?
ablette. Mon père !..
bai andar. Eh bien, uni, mon amiral!, je l'avoue.. , cela est vrai, /étais aux pieds de votre fille. ..
coqenpot. Vous entendez, il avoue...
BAitniu.oN, d part. Il m’a appelé amiral!
MUitUAit Après avoir bu beaucoup d’eau denier, et ensuite pas mal de vin, je n’ai pu me trouver en présence de tant ri’alirails 'Ms éprouver à l'improvisn? un «.cn'imcnt qui i bouleversé tout mon être.. . Mais 11e croyez pas que j’aie rberché à supplanter mon sauveur... au contraire...
COQENPOT. Ali! joli... ah! elle «st bonne, cdle-là. .. Je d «-ma 11 te de la colle...
barbillon. Silence sur mon bord!.. Continue, matelot.
Rvlandab. Je disais li mademoiselle: La remninissauee m'ordonne de refouler dans ;wa cœur un amour que je 11e pourrais vous bit* partage r sans crime... Coqenpot est •«il. mais c'est égal, faites comme s’il était tou... Vous ne pouvez pas le sentir... cYst égal, fades comme ni vous l’ai mie/... Vous '■r.-ignea , une f>*is sa femme, de. . . C’est égal, épousez le tmij mrs !
BARBILLON. Ab! bravo 1 .. Mais c'est trèsleau, ce qu'il a fait là!..
M'Q MHjr. C'est beau de dire que je suis laid? Mbis. il meut comme trois dentales...
barri m on. Silence!.. Ablette, est -il vrai qoi' Balan iar se soit précipité à vos pieds pour ’uus supplier d épouser Coqenpot, quoique UHis trouviez ce dernier fort vilain d«* vi- Ng--. . . mal fichu sur ses quilles et d une tournure assez empêtrée?..
CGQENpor, à part. Lh bien, il est encore aimable le beau-pt ru... Vieux requin* va!
ABi.tTTE. Oui , mon jiére, oui, monsieur m* disait cela.. .
Barbillon. Vous voyez que je ne le lui ai pas mâché ?
COQENPOT. Oui, mai' vous n'avez donc pas 'a les signes de cet intrus à votre fille...
leni-z, Il lui a fait « ors. me va* •
A BLETTI:, Par exemple!..
fcAUNDAit, avec explosion. Ab! c'en esl tonp. .. Je ne resterai pas plus longtemps sur Nai'.^eau où j’att«re la tempête... où j«* ^ ballotté par Us soupçons de l’Iiominc iu- «lui m'a sauvé la vie... Adieu, Rome, J* pars. . .
^ckqlnpot. Qui est-ce qui s'appelle Rome,
bahbillon. Tu nous quitterais?
IuLandar. Lj 1-. connaissance l’exige...
V ^ 1 marrai... mais j'espère avoir la force apporter ce malheur... Adieu, grand
marin, que j'aurais voulu prendre pour modèle... jusque dans ses plus modestes fonctions. .. Adieu, charmante Ablette... Permettez , sous l'œil de votre père. . un seul baiser. (// t’embrasse plusieurs fois.)
cqqenpot. Eh bien... Qu’est -ce cpie tocs faites donc ?
BALANDAR. (J*C 4 t pour me donner des forces... Au moment demeure à la voile, je prends du lest.
COQENPOT. Vous CO ptCllCZ trop...
lULANOAtt. Alors, je vais eu remettre.
COQENPOT, V arrêtant. Du toui.x. Assez comme ça !..
BALANDAR, terrant la main à Uarbillon.
Adieu, 6 mon cominolure...
rabrillon , tirant ton mouchoir. Cette scène esl déchirante !..
Cuqenpot. Pourquoi vous appelle-t-il commandeur?
RAKRILLON. Pi chez* moi la paix.
ENSEMBLE
Aid. de ta Juive.
[Pendant et tnartenu, Barbillon retient Balandar pur un brae, Cuqenp.t le lire par l'autre./ cwiVtro t .
CV«l un effort »i»prêw!
Il Bouc ijiiiitc, «aol mini* ;
Car ton «mour «atrésie Empoisonne w» tieui.
emeui.us, (lUTTI.
Ah! mon iruukl» e«t etltèiae!
Il Boue «Jdille tous Jeu* ;
C'etl un elTjrt suprême 1 Il renonce k ce» It-ut.
uuaiM
Ali! mon tr. mille esl extrême...
Quoi, le* quitter t m» doui ?
C rtl un effort suprême l J'empotsoHne ce» lieu*.
(.4 lu fin Ju morceau, Bo'and tr repowtr si Iruujuemesl foçmpol et BarWtvn qu* ttut-ei tretme lient (oui ira iléus. Balandor tort.)