‹ Un vieux loup de mer, vaudeville en 1 acteChapitre 8 sur 19 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

I ls Mêmes, MARINE, puis COQENPOT.

marine, accourant. Monsieur!... monsieur!... il arrive, il arrive...

barbillon. Qui... quoi... qu'est-ce?

marine. Monsieur Coqenpot...

balandar, à part. FtchtrcI qui est-ce qui l’a repêché ?

BAnmLLON. Comment, Coqenpot... (4 Palandar. ) Qu’esl-ce que vous me chantiez donc, vous?

marine. Le voilà. [Coqenpot entre.)

ENSEMBLE

Ain : (iattibeka, ftiUMAOS.

Le voilà ! quel bonfaeurt

Il li’o p»« bu fonde noire.

Oui. le fait ut netoî/r,

Sa mort élast une erreur.

COtyKKPOT.

Me voici i eur l'honneur.

Je n'ai pat bu l'on de noire,

Le chacun peot mVi croira,

Ata morl était une emur.

t>uMui, à part.

Le voilât quel œaltieur t Il n'a pa», rlr.

[Marine tort.)

barbillon, étreignant Coqenpot. Ce cher Anatole. .. Vous u'étes donc pas noyé?

COQENPOT. Non; mais il ne s'en est guère fallu. . Si je n’avais (vas crié : La perche ! la perche!... je la gobais.

ablette, à part. Ali! qu'il est vilain , cet Atialole-là ! j'aiine mieux l’autre.

BARBILLON. Voilà monsieur... qui m’assurait que vous aviez bu l’onde amère.

COQENPOT , regardant Balandar. Eh mais.... que vois-je?... c’est vous que j'ai rencontré. ..

balandar. An fond de Peau?... précisément... ( .{part . }Oli ! q’uclle idée!... [Ilaul.)"~ Et moi qui vous crevais défuncd* .. O mon sauveur, permettez à ma reconnaissance.. .

Ouvrez-moi vos bras... je demande à m’y précipiter t...

barbillon. Ah! bah ! qu’ost-ce qu’il a donc fait?-..

coqenpot. Pourquoi m’appelez-vous votre sauveur?...

balandar. Pourquoi?... il me demande (Muirquoi .. Ouvre; -moi donc vos bras. .. Capitaine... dites-lui de m’ouvrir res bras...

BABBIlEon. Je n’y su» pas du tout... (4 C oqenpot.) C’est égal, ouvrez-lni toujours vos bras.

coqenpot. Mats non, je ne veux pas les lui ouvrir sans savoir pourquoi... et ce qu’il chante. ..

BALANDAR. Jç chante tes louanges, homme intrépide... Oh’ ! laisse-moi te presser sur mon cœur, t’appeler mon père. . .

BARBILLON. Sou pèf«*l

BALANDAR. Puisque je lui dois la vie ' Plongé dans l'abîme des Ilots, déjà je me disais : n, i, ni, c’est fini... éteignons mon gaz... Lorsque tout à coup, uu homme fendant l'onde comme uu intoti, se cramponne à moi...

coqenpot. Pour m’y être cramponné, jo m’y suis cramponné.

balandar. Mcsaisitdeses puissante* ma ns et m’empoignant ainsi... (if prend Barbillon par fa nuque et le fond de ton pantalon) vlan! me fait jaillir sur le rivage! [Il jette Barbillon m avant.)

BARBILLON, qui rebondit. Bigre !. . . comme c'est harponné t

balandar. Eh bien!.,., cet homme. .. .

c'était lui. . .

coqenpot, d part. Ha ça... est-ce que je l’aurai* sauvé sans m’en douter !...

barbillon. Corsaire d’enfer!... Mon gendre, ce trait vous grandit énormément. Ma fille, voilà un trait qui le grandit, car ce qui grandit ton futur époux te grandit aussi !.. .

coq t n pot. Oh ! j'ai repéché un homme.. .

UN VIEUX LOUP l)K MER

Je n'ti fait que ce que font tous les chiens de Terre-Neuve.

ablette, à part. Est-ce que vraiment il le croirait?

balandar. Se comparer à un chien...

quelle modestie I...

barbillon. Ma fille, tu auras Ih un homme bien trempé t

COQ EN pot. Oh ! jusqu'aux os.. . Quel bain nous avons pris !

balandar. Je veux faire frapper une médaille pour en perpétuer le souvenir, et je ne m’en tiendrai pas là!...

Au du Premier prix.

Voua qui m'avez sauvé la via.

Ah! puis** un jour votre maison Être en proie k quelque incendie,

Qve sur roua croule le plafond ;

Puissiez-vous, dam un lieu sauvage,

Être assassiné quelque jour...

Ou tomber d'un cinquième étage...

Pour que j« tous aauve h mou tour !

coqenpot. Merci... merci... ce n'est pas la peine .

barbillon. Ce jeune mousse est le type delà reconnaissance... Balandar, vous avez mon estime.

balandar. Ah ! capitaine...

coqenpot, d Barbillon. Pourquoi vous appelle-t-il capitaine !

barbillon. Parccque!... Oui, mille sabords ! vous êtes digue de naviguer sous mon pavillon... Je vous montrer dans toute la ville l'homme qui doit la vie à mon gendre... Et pour commencer, vous allez déjeuner avec nous...

balandar. Capitaine... en vérité... je ne sais si je dois...

coqenpot, à Barbillon. Pourquoi vous appelle— t-il capitaine ?

barbillon. Je viens du vous le dire :

Parccque! [A Balandar.) Refuseriez-vous de prendre du fret chez moi ! de vous amarrer à ma table ?

balandar. Au contraire... J'accepte avec cflusion... et... par la sainte-barbe... j’accepte.

barbillon. A la bonne heure. Coqenpot, vous avez vu ma fille, ma fille vous a vu, vous vous êtes vus tous les deux; la présentation est faite ; nous presserons votre mariage. Pour l'instant, il faut songer au détailler... Ablette, va trouver Marine, ce jeune homme est des nôtres... Nous aurons un plat de plus... Moi, je vais pécher quelques tronçons d'anguille... J'en ai mis dans mon étang aux sangsues. .. Elles vivent très bien ensemble...

ENSEMBLE

Air dm Commit.

Qoand la dil chez moi too* rassemble,

Qatl sort heureux m'fsl réservé |

De pouvoir abriter ensemble Et le sauveur et le sauvé.

BiH-VD»», CUQIVrOT.

Quand le ciel chez lui noua rassemble,

Quel bonheur noua est réservé I Sou» son toit il abrite ensemble Et la sauveur et le aaavé.

(BarMIto* tort avec ta ftlls.)

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