SCENE I
BEATUS, muI, étseéu io r le fauteuil A le Voltaire.
Je voudrais Lieu savoir l’heure ; mois je ne voudrais pas regarder à ma montre. Cette formalité nécessiterait quelque mouvement, et j’ai horreur du mouvement... je rêve l’immobilité perpétuelle... J'ai cinquante ans, cinquante mille livres de rentes, une femme brune, une fille blondi et une nièce dorée. Nous vivons 6 la campagne, loin du bruit et des importuns; nous n’allons voir personne, et personne no vient nous voir. Je me lève a dix heures, je déjeune à ooxe, je dîne à cinq, je soupe à neuf, je me couche a dix; et le lendemain, je me leve à dix, je déjeune à oaze... je l’ai déjà dit. — C'est aujourd’hui le 45 juillet 1829... Or, il y a trente ans aueçadure, et uous sommes bien heureux... moi du moins... et c'est l’essentiel... il y a des gens qui prétendent qu’on ne peut pas vivre sans émotions... des émotions! mais je n’en veux pas; mais je les repousse I mais j’cu ai horreur... je ne pêche même pas à la ligne... Oh! la pèche à la ligne, ça me donne la fièvre... Si on péchait sans rieo prendre, au moiat... il est vrai que si on ne preud rien, ce n’est pas la peine de pécher... Donc, la pêche est uu plaisir inutile ou dangereux... et cornuio
tous les plaisirs ont leur mauvais rélé, j’aime mieux n’en prendre d'aucune sorti*.. . lia femme s’eu plaint... Muis bah I qu elle s’amuse sans moi!... Mon repos, c’est mon jardin des Hespérides, et j'en suis le dragon. Je veux en donner un exemple : un jeune homme que je lie connais point, un certain Achille Dumout, que je n’ai pas voulu voir, s’est enamouré des cheveux d’or de ma nièce... Il me l’a demandée par lettre en légitime mariage; ma nièce snnblait se prêter a la chose... mais il eût fallu se déranger pour aller aux informations, assister a l'entrevue, à la signature du contrat, danser peut-être à la uoce des deux époux... j’ai refusé... j'ai... mais je pense... mais je raisonne... je suis fou... je vais me rendre malade... (Ici m enimii le brait d'une braoel.o qui M came.) IIcÎO I quel CSl CO bruit de branches cassées? jll m lève et va an fond Otm.r la porte. I Ah! niuu Dieu ! qu'est-ce que c’est que ça?... un équiiibriste ? un funambule?... non, les funambules dansent sur la corde, et celui-ci danse dessous... C’est un homme qui se pend... courons... (s'arrêtant.) Ouais I il ne devait pas être content de son sort, puisqu’il s'est pendu... Si je le décroche, il va me raconter l'histoire de ses malheurs, ça nvennuiero... il faudra y remédier, ça me dérangera... Bail I supposons que je n'ai rien vu. (il formel* porte.] Mais, si je ne le décroche pas, ma conscience va sc révolter ; j’aurai tics rêves affreux et des digestions pénibles... isooptnm.) Allons... (il prvod ongnoii atiie au tr«p*ée.) C'est égal, il faut que cet hoiuino soit bien méchant, pour élro vcuu «c pendre jusle a mon seuil... (ouvrant u fonfire.) Je ne le connais pas, moi... Enfin !...
(Il coupe U corde eu dehors, et lUoul, une corde au cou, tembe dans le* bris de Deatu».)