‹ Un voyage à la Guadeloupe [microforme]Chapitre 11 sur 12 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

D Er 0 PTS

L'église de la Pointe-A-Pitre est, sans contredit, le plus beau ou, mieux, le seul monument de la cité. Style roman hispanoaméricain, Avec sa façade basse et, À son chevet, sa tour grêle comme un minaret, el'e serait banale À l’extéricur si ce n’était de la grandeur imposante de ses proportions. Mais À l’intérieur elle a un véritable cachet de noblesse et de beauté dans sa puissante armature de fer qui la protège contre les frémissements du sol, Les mu. les ne sont là que comme ornements ; les fenêtres, larges et nombreuses, laissent entrer librement le soleil, l’air et les bruits de la rue, malgré le jeu des persiennes ; et ce n’est pas sans un grand « ffort que la voix du prédicateur s’y fait entendre,

Devant l’église se trouve une petite place carrée qn’encadrent la gendarmerie, le tribunal et le presbytère. Ce dernier édifice est une confortable maison de bois, clôturée de murs et de grilles et embellie, sur le devant, d’un joli jardin convert de fleurs et d’arbustes.

En arrière du presbytère s’étend la place de la Victoire, vaste Quadrilatère mal entretenu, mais couvert de grands arbres et rendez-vous des promeneurs dont les rires et les chants se font entendre fort avant dans la nuit, an grand déplaisir des dormeure,

Les environs de la ville n’ont rien qui puisse intéresser tant soit peu le promeneur, Cene sont, du côté de la mer, que marais fétides cachés sous un fouillis de palétuviers assez semblables aux massifs d’aulnes qui couvrent nos savanes canadiennes, et, ailleure, que cultures sans caractère.

Je n'ai pas l'intention de parler ici de mes prédications à la Guadeloupe ni de quoi que ce soit qui me touche personnellement. La gratitude, toutefois, me fait un devoir d'exprimer publiquement le profond et cher souvenir que je garde dans mon cœur du clergé et des fidèles de ce pays. J'ai eu l’occasion de voir, pendant Ja retraite pastorale, presque tous les prêtres du diocèse ; d’autre part, durant mon séjour prolongé à la Poirte, les fidèles, sans distinction de couleur ni de rang, m'ont témoigné tant d'amitié et m'ont donné tant de consolations spirituelles que je serais un ingrat si je les oubliais Jamais.

La Guadeloupe, ainsi que la Martinique sa voisine et le reste des Antilles, est une terre volcanique ; mais elle a cela de particulier qu’elle se divise en deux parties bien distinctes : la Grande- Terre et la Gua:leloupe propre, séparées par un très étroit bras de mer appelé la Rivière Salée,

La Grande-Terre, pays plat et très fertile, était cor naguère de plantations de Cannes À sucres et concentrait to fortune du pays. La Guadeloupe, au contraire, hérissi Montagnes impraticables, n’était peuplée que sur le bord mer et n’avait qu’une valeur économique insiguifiante. Le 8ement radical qui s'opère dans les cultures depuis que années = été singulièrement favorable À cette région jusc dédaignée

Si la valeur des Montagnes est petite au il faut se hâter d'ajouter qu’au I contrée l'emporte infiniment sur les plaines monotones et cachet de la Grande-Terre. C’est de la Basse-T'erre qu’on l’admirer dans toute sa splendeur, Cette petite capitale, qi Compte que sept mille habitants et qui ne vit que du gouv ment, s'étend sur le bord d’une anse ouverte À tous les v lle s’en va grimpant aux flancs d’une colline couverte de gr arbres, sous lesquels, en désordre, s’éparpillent les mai: Derrière la colline s'élèvent les premiers mamelons de la ct Montagneunse, diaprés de blanches cabanes autour desqu

foisonnent les caféiers, les cacaoticrs et les lianes de vanil

lus haut se dressent les pics vert sombre qui déchirent le bleu, avec leur robe de forêts inexplorées ; puis, enfin, domi tout, à cinq mille six cents pieds d'altitude, apparaît le volca: la Soufrière dout le front chauve se voile de brouillards et fumée.

11 fait bon sur ces hauteurs et sous ces bois. On y jouit « Printemps perpétuel dont l’unique défant est un excès d'hu dité. C’est ]à, dans les paroisses de Gourbeyre et de Saint-Clair au sanatorium du Camp Jacob, dans les villas de la Natouba, se réfugient chaque année, en changement d'air, les hauts fl tionnaires et les familles aisées de la colonie.

Je dis «se réfugient » et non sans dessein, car la chaleur du Mat est vraiment accablante. Il fait toujours chaud aux . tillee, et, si ce n’était de la brise qui souffle presque constamme la vie y serait intolérable. On n’ÿ connaît que deux saisons saison sèche qui correspond à notre hiver, et l’hivernage qui « respond à notre été. Il pleut tous les jours durant l’hiverna ce qui énerve les tempéraments et multiplie les cas de fièv Quant À la chaleur, on ne saurait dire qu’elle soit extrême ; € ne dépasse pas celle de nos gros jours d’été, mais elle est per!

point de vue ag oint de vue pittoresque,

ait couverte trait toute la hérissée de > bord de la te. Le chanuis quelques on jusque-lA

vue agricole resque, cette nes et sans qu’on peut tale, qui ne A gouvernes les vents.

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desquelles e vanillier.

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jouit d’un ès d'humiint-Claude, touba, que hauts fonc-

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aux Anstamment, saisons, la œe qui Cor- 1ivernage, de fièvre, ême ; elle est persis-

tante, ce qui, à la longne, |

: place, des sa

a rend insupportable, Ajoutez À cela nt le sommeil, les maladies de foie et et les diverses malarias, et vous comritée la mauvaise renommée du climat

: les moustiques qui trouble d'estomac, la dysenterie prendrez combien est mé des tropique .

En revanche, la peur, si généralement ré en Amérique, de la fameuse tièvre j certes que la maladie soit bénigne, apparition à la Guadeloupe qu’à de revêt plus rarement encore un caractère épidémique. Les fièvres paludéennes sont, au contraire, extrêmement fréquentes et redoutables, d'autant plus qu’elles varient selon les localités et qu’on n'est jamais assuré, même après un long séjour, d’une complète immunité, Un prôêtre m'affirmait que, depuis vingt ans qu'il

: habite À la Guadeloupe, il a vu mourir une centaine de ses con-

: frères, chiffre effrayant quand on songe que Île cleryé du diocèse ne compte, en tout, qu’une cinquantaine de membres, Aussi la quinine et les quinquinas sont-ils d’un usage quotidien et les fonctionnaires de toute espèce ont-ils droit, tous les cinq ans, À un congé régulier pour France,

Ce qui explique en partie le fâchenux état situation des centres habités qui, tous furent établis, pour les be la mer, dans des anse

andue en Europe et aune, est bien exagérée ; non mais parce qu’elle ne fait son rares intervalles, et qu'elle y

sanitaire, c’est la , Sauf trois ou quatre, soins de Ja navigation, sur les bords de 8 profondes et marécageuscs, infestées de : ces moustiques dont la piqûre inocule les germes de la fièvre. I est à regretter infiniment que beaucoup de personnes, énervées par l’anémie, éprouvent le besoin de stimuler leur estomac avec des apéritifs de toutes sortes qui ne font qu’agyraver leur état.

La première apparition de la nature tropicale anx regards de l'étranger ne manque jamais de le ravir d’admiration. La végétation luxuriante entretenue par la chaleur et l'humidité, Tes arbres toujours verts, les paliers dont le haut panache se balance au vent, les champs de cannes qui ondulent comine des vagues forment un tableau d’un pittoresque saisissant. L'habitude, toutefois, et une observation p'us attentive le forcent vite à déchanter, Tout d’abord, inutile de chercher, là-bas, le frais gazon de nos parcs et de nos jardins. Nos prés mêmes y sont inconnus. A leur anes où poussent des espèces de roscanx que les animaux mangent verts et qui ne valent pas nos fourrages, Puis, si les arbres sont toujours verts, ils sont également toujours

jaunes, puisque la naissance ct la chute des feuilles sont tanées. Ces arbres ont peu d'ombre: leurs branches sont irrégulièrement plantées; bien peu sont couronnés de ramure drue et arrondie qui rend nos bosquets si beau campagne, moitié sauvage moitié cultivée, manque de cac les fameuses plantations de cannes À sucre ressemblent méprendre à nos monotones champs de blé d'Inde. $ toute, rien ne vaut nos contrées septentrionales.., pendan

Comme je l'ai dit plus haut, la culture de la anne qui longtemps la richesse de la Grande-Terre est actuelleme pleine décadence. De vastes terrains fertiles restent en soit faute de bras, soit faute de capital, soit parce qu’on a re définitivement À une industrie mal rémunérée.

Dans les mo:.tagnes, au contraire, il s’est créé, depuis qu années, un mouvement qu’on ne saurait trop encourage terre morcelée appartient en grande partie à de petits « ‘teurs de couleur qui y vivent à l'aise. Ils se nourrissent de ra manioc, patates douces, ete., et de fruits, bananes, arbre À ete; de plus, ils entretiennent quelques plantations de cs Cacao, de vanille, dont ils veudent les produits aux négo Pour se procurer un peu d'argent. Des plauteurs blancs quent cu grand cette industrie agricole qui leur donne de revenus,

Il scrait À souhaiter qu’on suivit l'exemple donné par la J que et qu’on cultivât pour l'exportation les bananes, les or et les auanas qui viennent à la perfection. Ce serait peut-ê salut pour ces îles.

Tout le commerce se trouve concentré À la Pouinte-à-Pîtr est le seul port véritable de la colonie. Ce port est de régulièrement par trois lignes de bateaux À vapeur, la Comp, Générale Transatlantique, la Quebec Line, et la Cie Austro-. ricaine, qui menace de faire À la ligne française une rude co rence. La Royal Mail, qui fuisait jadis escale À la Guadelou discontinué récemment son service.

Ajoutons à ces vapeurs quelques voiliers de Marseille: Nantes ou de Bordeaux qui viennent chercher des carga de sucre.

Les statistiques ci-dessous prouveront aux lecteurs que n’exagérons rien en parlant de la décadence commerciale Antilles. Nous ne donnons que des chiffres ronds, laissar côté les quantités inférieures aux millions :

>s sont simules sont rares, nés de cette i beaux. La : de cachot, et ‘mblent à s’y nde. Somme pendant l'été.

ane qui fit si uellement en nt en friche, l’on a renoncé

puis quelqnes ourager, La etits cultivant de racines, irbre à pain, s de café, de X négociants blancs pratinne de bons

par la Jamaï- , les oranges : peut-être le

e-à-Pître qui est desservi à Compagnie \ustro-A mérude concuraadeloupe, a

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Commerce Années Entrées et sorties OO ir sance Il iMillions LEE FRERE CR RMS 7 ss LOI SPA 7 J À 11: CRÉDIT NE à (n Ge

Si, maintenant, nous nous demandons À quoi imputer cette décadence, nous n’hésitons pas À répondre que ce n’est pas seulement à l'abolition de l'esclavage et À la crise sucrière ; C’est encore et surtout à la politique sociale et religieuse du gouvernement fran-

ais. Car enfin, n'avons-nous pas près de nous l'île anglaise de Einidadl qui, malgré la crise économique, grâce À son sage gou- Vernement, n’a pas cessé de prospérer ?

La population de la Guadeloupe s'élève À 180 mille habitants © celle de la Martinique à 170,000, soit un total de 250 mille mes pour les Antilles francaises.

De ces 180 mille habitants combien sont blancs ? Je l’ignore, Moins de dix mille. Combien sont mulâtres ? Un plus graud hombre assurément. Tous les autres sont des noirs.

Lorsque, en 1848, l'esclavage fut aboli, le gouvernement français envoya dans l’île des Frères de La Mennais et des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny pour instrrire les nouveaux affranchis, Ces religieux et ces religieuses ont travaillé avec tant de succès qu'aujourd'hui l'instruction primaire, si mes informations sont exactes, est aussi répandue à la Guadeloupe qu’elle peut l’être dans la mère-patrie. On s'imaginait alors que l'instruction était

une parnicée universel!e,

Ce n° ‘st pas tout ; l’on fonda dans l’île deux maisons d’enseignement secondaire, le collège des Pères du Saint-Esprit à la Basse-Terre, et le lycée de la Pointe-A-Pitre. Et dans ces

‘maisons l’on admit non seulement les fils des blancs capables de

:bombant et plastronnant comme

;voir, aux jours de funérailles et de noces, para

payer les frais de leur pension, mais une foule de mulâtres et

même de nègres en faveur desquels on créa des bourses. Le résultat qu’on eût dû prévoir fut la formation d’une caste

nouvelle, les lettrés de couleur, qui regardent comme un dés-

honneur de travailler de

leurs mains ct qui, naturellement, n'ont pour les blancs que h

ainc ct jalousie. C’est plaisir de les dant à la tête d’un cortège, portant l’habit à la française, coiffés des huit reflets, autant de sénateurs.

Comme autant de sénateurs ? dira-t-on, vous voul Non, cher lecteur, je suis sérieux, malheureusement.

Car le gouvernement français, après avoir commis la déclasser les noirs, ne pouvait s'arrêter en si bon ch devait aller jusqu’au bout, C’est ce qu'il fit, en effet, en o à tous les hommes de couleur le droit de vote,

C'était les établir maîtres absolus du pays et placer, pa coup, les blancs dans un état d'infériorité et d'humilia n'allait pas tarder À devenir intolérable.

Comment s'étonner, après cela, que les campagne: désertées et que les villes regorgent d’oisifs et de mendi, faudrait mal connaître les hommes, et surtout les nègre espérer qu’ils useraient sagement de leur nouvelle puissai

Mais il est temps, avant de poursuivre nos réflexions sujet, de parler de l’état de la religion dans le pays. Ce vint le culte pendant les cinquante premières années d dernier, je l’ignore absolument.

En 1850, le Prince président, futur empereur Napoléor prit la nécessité d’organiser l’Eglise aux colonies, Voici, € ques mots, les grandes lignes de cctte organisation.

Le clergé fut inscrit aux cadres des fonctionnaires de au même titre que ls autres officiers civils et militaires, pistre se chargea, sinon de leur nomination, du moins confirmaticn ; aussi, de leur punition, sur la p'ainte de paire, eoit par rappel en France et retrait d'emploi, soit pa: tion des cadres et suppression de traitement. Il piése. évêques au Saint-Siège.

Un séminaire colonial fut créé À Paris, rue Lhomond, 3 fié aux l’ères du Saint-Esprit, et entretenu aux frais de VE

Les jeunes clercs de ce séminaire, immédiatement apr ordivation, sont inecrits aux cadies et affectés À une coloni reçoivent à partir de ce jour un traitement annuel de

cents piastres. Après vingt-cinq ans de séjour aux coloni ont droit à leur resraite et À une peusion qui s'élève au chifire que leur traitement, c’est-à-dire À quatre cents piast:

De pius, il leur est accordé, tous les cinq ans, un congé ré de douze mois, tous frais payés, sans suspension de traité

avec, en cas de maladie, les soins gratuits dans les hôpita l'Etat, et les congés extraordinaires que réclame leur santé À côté du ciergé séculier une place avait été donnée au

—33— ns it régulier. Les Pères du Saint-Esprit dirigeaient à la Basse-Terre mis la faute de 2" collège florissant, généreusemen. subventionné par le Conseil , Général de l’île; les Frères de l’Instruction chrétienne étaient chargés des écoles des garçons et entretenaient à la Pointe-A- Pitre un magnifique établissement d'instruction commerciale ; les cer, par contre. Sœurs de Saint-Joseph de Cluny possédaient plusieu rs pensionnats iumiliation qu pres et faisaient la classe aux petites filles ; enfin, la charge

es hôpitaux avait été confiée aux Swurs de Saint-Paul de Chartres.

Les évêques du diocèse de la Basse-Terre, Guadeloupe, créé ar la loi du 20 juillet 1850, furent successivement NN. SS. PS Forcade, Boutonnet, Reyne, Blanger, Avon, Canappe, Le lecteur sera surpris sans doute de compter tant d’évêques lexions sur ce D un si court laps de temps, et il en conclura qu'ils succom- 8. Ce que de. atent vite aux rigueurs du climat. Qu'ils se rassurent : ces bons nées du siècle prélats ne mouraient pas, ou du moins ne voulaient point mourir; mais la plupart d’entre ceux n’acceptaient un évêché aux Un colonies que dans l'espoir de rentrer promptement en France avec un poste supérieur. Système lamentable. On dirait vraiment que l'Etat avilit tout ce qu’il touche. Et pendant que les évêques se succédaient ainsi rapidement, les pauvres curés peimaient et mouraient À Ja tâche.

Depuis la mort de Monseigneur Canappe, 19 septembre 1907, diocèse de Basse-Terre a pour chef l’ancien vicaire général, monsieur Eugène Duval, curé de la Pointe-à-Pitre et administrateur apostolique, sede vacante.

| Ce diocèse comprend trente-sept paroisses, et comptait normanond, 30, con. lement cinquante-cinq prêtres, chiffre qui n’est pas trop élevé s de l'Etat. quand on réfléchit aux nombreux congés que la rigueur du climat nécessite. Cependant, depuis quelque temps, le nombre des ecclésiastiques a été réduit à quarante-cinq. D'ailleurs, en atten- : dant l'application aux colonies de la loi de Séparation, ce qui ne saurait tarder, on n’inscrit plus personne aux cadres, on ne remplit plus les vacances que fait la maladie, et le temps semble peu 1h. : re rl 8 piastres. éloiuné où le clergé tout entier disparaîtra. | tas ongé régulier | Déjà les ordres religieux ont ‘. , dispersés ; les écoles, les hôpie traitement, : t*UX sont passés entre les mains des laïques ; à peine quelques hôpitaux de : membres des anciennes congrégations demeurent-ils dans l’île, Pere dans la vaine attente de jours meilleurs. ! 10 1ée au clergé “ Dans ces conditions, quel est l'avenir de la religion aux Antilles? Question angoissante à laquelle Dieu seul peut répon-

bon chemin, et et, en octroyant

1pagnes soient mendiants? 1| 8 tiègres, pour puissance,

Voici, en quel- Le

ires de l'Etat, aires, Le mi.

moins de leur j nte de l'ordi. #° soit par radia- | présenta les

nt après leur > colonie, Ils uel de quatre colonies, ils ve au même

1 Rite

dre. Seule, une congrégation religiense serait capable de pourvoir au recrutement aussi bien qu’à l'entretien des missionnaires, mais chacun sait que le gouvernement français leur est irréconcilinblement opposé. Dieu protège la Guadeloupe |

D'autre part, la foi s’en va, et avec la foi tout le reste. L’athéisme et l'impiété se propagent rapidement.

Et cela, à qui la faute? Je le répète, au gouvernement. Les créoles sont naturellement religieux, ils sont nobles, généreux, et ont des manières de gentilshommes ; je parle ici des blancs. Quant aux nègres, ils sont bons, aimants, pieins de foi, lorsqu'ils ue sont pas gâtés. On ait qu'ils sont superstitieux. Mon Dieu, le sont-ils plus que les prétendus esprits forts? L'état moral des mulâtres est plus fâcheux, et ils portent la peine des crimes de leurs pères. Instruits, ils aspirent aux charges, aux honnenrs, À la richesse. Ils méprisent le: nègres et les flattent. [ls haïssent les blancs dont ils sont méprisés. Ils détestent la religion, qui leur commande humilité et charité.

Et le gouvernement français, par ses lois, son attitude, par le choix de ses fonctionnaires, de ses instituteurs, de ses institutrices, par la peratention ouverte de tout ce qui est chrétien, répand de son mieux l’athéisme.

[l en est bien puni, d'ailleurs, par la ruine financière de la colonie, par l'anarchie administrative qui s'y manifeste, par la haine des hommes de couleur contre tous les blancs et en particulier contre les Français de la métropole.

J'ai parlé plus haut de la décadence commerciale de l’île. Inutile de revenir eur ce sujet ; mais je dirai un mot de l'anarchie administrative ct sociale.

Il était naturel que les hommes de couleur instruits imprudemment aux frais de l'Etat cherchassent un emploi convenable à leurs talents. Dès lors tout compétiteur venu de France ne pouvait que leur être odieux. Ils ont si bien agi et intrigué que la plupart des positions administratives de l’île sont maintenant en leur possession et qu’un Français de la métropole est considéré par eux comme un étranger et un intrus.

Les blancs de l’île eux-mêmes partagent cet ostracisme, et sont obligés, ne trouvant nulle part d'emploi couvenable, d’émigrer à l'étranger. Les jeunes créoles s’en vont donc en grand nombre, soit au Brésil, soit au canal de Panama, soit aux États-Unis, soit en France, chercher des situations. Ils parviennent à se caser assez facilement, comme fonctionnaires, dans nos colonies non-

jour- velles d'Afrique, d'Asie et d'Océanie, à cause de leur facile adapires, tation au climat brûlant de ces contrées, con - : Le terrain airsi déblayé de toute concurrence de la part des É blancs, les mulâtres s'attendaient bien à la possession paisible. athé- F4 Mairies, secrétariats, emplois dans tous les bureaux, Conseil Géné- + ral, députation à la Chambre et au Sénat, tout leur appartenait ; Les le gouvernement et le peuple tremblaient devant eux. eux, Mais le bonheur n'est jumais complet sur lu terre. Voilà que ancs. soudain un point noir apparaît à l'horizon sous la forme d'un qu'ils nègre du nom romain de Legitimus.

Dieu, Ce noir a su rallier sur son nom le vote nègre, et est devenu | des en quelques années pour les gens de sa race un véritable dieu. » de Dieu malfaisant s’il en fut, impie, sorcier, peut-être pire encore. enrs, Elevé successivement aux charges de maire de la Pointe-\-Pitre, haïs- de pré-ident du Conseil Général de la Guadeloupe, de député à gion, Puris, il a tout fait plier sous lui. lontite de la libre pensée, prêtre du Serpent d'Afrique et du culte secret du Vaudoux, il ar le présidait aux baptêmes, mariages, et enterrements civils, rendus tutri- obligatoires pour ses partisans, mais nullement gratuits. Les ‘pand élections qui l’élevèrent eur le parois furent accompagnées de pillage et de meurtres. Les nègres triomphèrent partout des la co- mulâtres ; et la colonie entière resta pendant quelques jours ar la sous le coup de ce qu’on appela la «terreur noire, » sans que le parti- gouvernement songeñt à intervenir.

Le règne de Légitimus est heureusement fini, grâces À Dieu. Inu- Il était à Paris durant le carème et il n’est rentré À la Guadearchie loupe que pendant la semaine de Pâques, lorsque je prêchais la retraite pastorale. Les élections muni-ipales qui eurent lieu le 1dem- 30 avril, lendemain de mon départ, l'ont renversé lui et sa clique. able à Poursuivi avec beaucoup d’autres pour corruption électorale, e pou- faux en écriture et concussion, il a été trouvé coupable et conque la damné à deux ans de prison.

ant en Mais si le tyranneau est châtié, le système qui a rendu le ré par tyranneau possible n’est point aboli. Pendant que ces choses se passaient à la Guadeloupe, on assassinait, en plein jour, dans et sont l’île de la Martinique, le maire de Fort-de-France qui présidait grer à aux élections.

mbre, Tel est l’état des plus anciennes et des plus fameuses colo- Is, soit nies françaises en l’an de grâce 1908. D'où lui viendra le salut ? > caser Qui sait? Les Etats-Unis n’ont-ils pas l’œil fixé sur les Antilles? 8 nOU-

Fr. Azexis, O. M. C.

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